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Dépêche (l'Aerssens, du 20 février

GUILLAUME D'ORANtîE. — JEAN DE BARNEVELD. 23

banales d'une diplomatie correcte. La finesse presque miraculeuse d'Henri IV avait devine la haine secrète de Maurice pour Baril aveld ; il sent^iit dans le premier tin ami de T Angleterre, dans le second un ami de la France. A propos de quelques troubles qui eurent lieu à Utrecht, Aerssêns écrit à Barneveld(3 avril 1610) : « Le roi désire que tout soit pacifié le plus tôt possible, de façon que les affaires publiques ne souffrent point d'embarras; mais il traint, m'a-t-il dit, que ces troubles ne fassent naîlre quelque nouvelle jalousie entre le prince Maurice et vous-même. Je ne comprends pas ce qu'il veut dire, bien qu'il m'ait tenu ce langage Irès-explicitement et sans nulle réserve. Je n'ai pu que répondre que vous vivez ensemble dans les meilleurs termes, en parfaite amitié et intelligence.» Barncveld, ne pouvant aller lui-même à Paris, y envoie son beau-frère en mission extraordinaire; il fait partir en même temps son frère pour Londres afin de tenir la balance toujours égale entre ses de\i% alliés. Le roi Jacques, qu'Henri IV appelait familièrement maître Jacques, fait sonner bien haut le prix de son alliance ; mais déjà, caressant le rêve d'un

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mariage espagnol pour son fils, il ne parle que de maintenir la paix. Il va jusqu'à invoquer ses droits sur les Pays-Bas. Henri au contraire, exaspéré par la conduite de Gondé, irrité contre l'Espagne, sentant l'heure propice, veut « découpler les chiens i, entraîner rapidement' le duc de Savoie avant qu'il n'ait eu le temps de mettre son alliance aux enchères. Il reçoit avec les plus grands honneurs Van der Myle, le beau-frère de Barneveld, et ses deux collègues, mais exprime tout d'abord le regret que Barneveld ne soit pas venu lui-même « la bride sur le cou », et se plaint de la lenteur et de la timidité de messieurs les états. La première entrevue fut orageuse; le roi ne déguisa point sa mauvaise humeur. Il se plaignit qu'on ne lui eût pas envoyé quelqu'un qui eût des pleins pouvoirs. Son ton prend une étrange majesté. « Il y a trois choses, dit-il, qui me font vous parler librement. Je vous pai'le comme à des amis qui me sont chers. Je suis un grand roi et dis ce que je veux dire. Je suis vieux et connais par expérience le train du monde. Je vous le dis, il est important que vous veniez à moi fermes et résolus sur tous les points. »

On éprouve une sorte de piété en relisant dans les rapports hollandais les dernières effusions de cet homme qui avec quelques travers fut si véritablement grand. Henri méditait, après une courte et décisive campagne, de donner à TEurope les bienfaits de l'ordre, de la lolérancc et d'une paix durable. « Je ne serai pas toujours ici, dit-il après un moment de silence, et n'aurai pas toujours le prince Maurice et quelques autres hommes qui connaissent parfaitement l'état de vos affaires, Que messeigneurs les Etats se lèvent et agissent f| tandis qu'ils les possèdent. Mardi prochain, je ferai , couronner la reine à Saint-Denis; jeudi, elle fera son entrée à Paris. Le jour suivant, vendredi, je partirai. A la fin du mois, je passerai la Meuse à Mézières ou aux environs. »

Toutes ces paroles furent transmises aux Etats dans un rapport qui n'a jamais été publié. C'est le 6 mai que le roi disait : < Je ne serai pas toujours ici. » Le 14 mai il était tué par Ravailiac. La France était décapitée^ plus à plaindre que la Hollande : celle.-ci gardait Maurice et Barneveld. Rien n'était changé à la Haye, tandis qu'à Paris la reine,

Concini, Bouillon, Épernon, Condé, se disputaient les dépouilles d'un grand règne, que Sully élait disgracié, que Villeroy reprenait la direction des affaires étrangères. Le vieux secrétaire d'État, rompu sous quatre règnes aux affaires, n'avait ni générosité ni grandeur; il avait été ligueur, il aimait avant tout le pouvoir et Târgent, mais 11 n'était pas dénué d'une sorte de patriotisme pour ainsi dire professionnel. 11 pleura en recevant la première visite d'Aerssens. « Pauvre France, soupirait-il sans cesse. y> — « Vous trouverez tous les conseillers de la reine, dit-il, ardents a remuer dans un sens diamétralement opposé aux vues du feu roi. i La reine aussi pleura en recevant la visite de condoléance de renvoyé hollandais : elle serait fidèle aux plans de son époux, elle maintiendrait ses alliances, elle protégerait les deux religions. Ces phrases n'étaient que sur les lèvres. Barneveld envoya bientôt Van der Myle en mission exti'aordinaîre pour offrir les condoléances solennelles des États. Villeroy, à travers ses larmes, i.e cacha point que la France pendant une minorité serait incapable de rien entreprendre. Les prin/i^^ se tnain-

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tiendraient bien dans les duchés avec l'aide seule des États. La France n'était pas sûre du roi Jacques, I( ne nommait point l'Espagne, mais il ne songeait assurément qu'à cette puissance. Que pouvait ViU leroy quand tous les princes du sang penchaient do côcôté?*

Qu'allait devenir la Hollande}? On tdla lo roi Jacques, mais ce grand théologien se contenta de faire des sermons aux États, Il leur recommanda l'union et leur donna ses vues sur la prédestination, Leduc de Savoie, pris au piège, envoya son fils en Espagne pour implorer son pardon. Venise tremblait. Les Hollandais restaient seuls, et seuls ils se mirent en campagne. Le 13 juillet 1610, Maurice avec 13000 hommes de pied, 3000 chevaux et trente pièces de canon, marche droit sur Juliers et cnconfimence le siège. Après une défense honorable rarchiduc se rend, à la condition qu'on le laissera décamper avec ses troupes. Il part, s'en retourne lentement par l'Alsace et la vallée du Danube, et, pillant partout sur son chemin, ne s'arrête que devant Prague. L'audace de Barneveld et de Maurice avait étonné l'Europe. L'archiduc de Bruxelles n'a-

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vait pas osé empêcher le passage des convois de Maurice. Le maréchal de la Châtre était arrivé, avec le contingent français de 80ÔO hommes promis par les derniers traités, au milieu du siège ; Maurice le garda auprès de lui pour être témoin de son triomphe. Il Tavait vu arriver presque à regret, et^ il 6ût sans doute préféré faire tout seul la loi à l'empereur d'Allemagne. La France offrit un instant de se substituer à l'empereur et de tenir les duchés sous son propre séquestre. Barneveld n'eut pas l'air de comprendre cette ouverture; Maurice laissa une garnison à Juliers, et s'en retourna tranquillement à la Haye.

Les années qui suivent sont presque entièrement remplies en Hollande par les disputes religieuses. On comprendrait mal ces luttes, si Ton n'apercevait pas les dangers politiques qui leur donnaient pour ainsi dire l'aiguillon. Malgré le triomphe pi^esque insolent de Maurice, jamais la Hollande n'avait eu plus de sujets d'inquiétude et de défiance. En France elle avait presque tout perdu en perdant Henri IV; toutefois, avec une sagesse extrême, Barneveld restait fidèle à la cause de la couronne, sachant bien que la monarchie française renouerait toi o.u tard les fils coupés par Ravaillac; il tenait pour h reine en dépit de tout, tandis que Maurice de N^çs^iu, allié de Bouillon, favorisait ouvertement les princes rebelles, et qu'Aerssens, l'ambassadeur de [lollandc, était si mole à leurs intrigues que le gou-

vernement français finit par demander son rappel. Aerssens, longtemps honoré de Tamitié d'Henri lY, n'avait pas su rester un froid témoin des désordres de la cour nouvelle. On avait surpris les dépêches où il annonçait à son gouvernement que la condition mise par l'Espagne à la promesse d'une infante pouple jeune roi était l'abandon formel de l'alliance hollandaise. Il ne pouvait rester à Paris; revenu iSi la Haye, il comprit bien vite que la Hollande ne garderait pas longtemps deux tôtes : entre Barneveld, qui préférait l'alliance française, et Maurice, enclin à l'alliance anglaise, il n'hésita pas. Il devint l'ennemi le plus dangereux de l'avocat de la Hollande. Bar ne veld savait mieux que personne combien l'alliance de Jacques était peu sincère. Le roi d'Angleterre voulait une infante pour son fils et, pour être plus secret, son désir était mille fois plus âpre et plus importun que celui de Marie de Médicis. Aussi semblait-il qu'il voulût toujours avoir une querelle prête avec la Hollande ; tout sujet lui était bon pour bouder, menacer, prêcher. Il n'était pas seulement l'allié ombrageux des États, il s'érigeait en directeur spirituel. Il entra dans une

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grande fureur quand l'université de Leyde donna une chaire à Vorstius, ami dô Théodore de Bèze et suspect d'arminianisme, Jacques faisait écrire par 8on ambassadeur ; « L'amitié du roi et l'hérésie de Vorstius sont incompatibles. » Barneveld craignait d'irriter le roi d'Angleterre, mais il ne voulait pas se laisser dicter jusqu'au choix d'un professeur. Dans ses dépêches, admirables de bon sens et de modération, il s'efface sans cesse devant les États; les États seuls doivent être juges de l'indignité de Vorstius. Il résistait aux puritains hollandais dé^ chaînés contre Vorstius. Jacques Iqs protégeait ou» vertement, ce qui ne l'empêchait pas de persécuter les pmitains d'Ecosse et d'Angleterre. Ce monarque à double face cherchait partout la controverse.

On rirait de ces misérables querelles, si elles n'eussent couvert les plus noirs desseins. L'ambasladeur d'Angleterre, en sortant de chez Barneveld, allait conspirer contre lui chez Maurice. Qu'importaient à celui-ci Vorstius et les professeurs de Leyde? Il se laissa aller un jour à dire sa vraie pensée : I La prédestination! je ne sais si elle est verte ou bleue. > Mais il voyait dans Jacques un ennemi de

Barneveld, et il écoutait sans rien dire le jargon Ihéologique de l'ambassadeur. Il interrogeait l'avenir, mesurait le prix de ralliance anglaise. Il ne pouvait pas ne point mépriser secrètement < maître Jacques 1» , mais il savait quelles forces puissantes couvrait la frêle royauté des Stuarts.

Le soldat silencieux, on l'avoue presque avec regret, semble avoir eu une vision plus nette de l'avenir que le savant, le noble et généreux Barneveld ; il comprenait qu'aux heures de crise on ne peut rester neutre et planer dans la tolérance. Ildevinait instinctivement qu'en face de la grande croisade catholique qui se préparait contre les puissances protestantes, le peuple hollandais se donnerait à celui qui lui soufflerait le plus de haine. Deux sectes se disputaient le gouvernement, les remontrants qui étaient de simples puritains, les contreremontrants qui étaient des doubles puritains. La théologie et la politique ne faisaient plus qu'un. La riche provinc3 de Hollande était remontrante, arminienne, c'est-à dire à demi tolérante, elle admettait les « cinq points * »; mais à Amsterdam

1. Les «loctrincs des romonlrants sur la prédestination avaient été

même et dans les autres provinces on tenait pour lès « sept points v. Les doctrines les plus sombres convenaient le mieux à une nation qui se souvenait, du duc d'Albe, qui avait eu des martyrs et dont le sang avait coulé à flots. Les théologiens diserts de la grâce et de la demi-tolérance ne pouvaient aller aussi bien au cœur des pauvres gens qui avaient peur de l'enfer, qui ne se croyaient dignes d'être sauvés que par une ardente foi, et qui mesuraient surtout la foi à la haine des infidèles.

Maurice savait, comme Barneveld, que l'indépendance de la Hollande était loin d'être assurée. De toutes parts se levaient les périls; l'Europe était grosse de la guerre d3 Trente ans. Le condominium n'avait pu durer longtemps dans les duchés; le palatin de Neubourg s'était fait catholique pour épouser la sœur de Maximilien de Bavière. Les États alarmés avaient grossi la garnison de Juliers. L'Espagne se plaignait de cette violation de la ncutra-

rcuaies dans cinq articles ou points. Les contre-rcmontrants y avaient répondu par sept points. Les arminiens admettaient que Christ est mort pour tous les hommes. Leurs adversaires disaient qj'il n'était mort que pour les éljs de Dieu, choisis de toute étcr* nil«, et seuls capables d'ôtro réconciliés avec Dieu.

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tralité, el les archiducs de Bruxelles, irrités, per" mirent à Spinola d'entrer dans les duchés. On vit alors la guerre la plus étrange, une guerre en pleine paix et et sans batailles; Maurice et Spinolft se sui» valent, -se fuyaient, avançant et reculant comme des fantômes. Maurice avait dans, son armée Brande* bourg, et Spinola Neubourg. Ce dernier prit Orsoy et quelques autres places, rasa les fortifications dô Miilheim et surprit Wesel, qu'on appelait la Genève du Rhin. Après cette campagne si peu saïi" glante, des conférences s'ouvrirent à Xanten, oii furent représentés l'Angleterre, la France, les Ar» chiducs, les États, les Électeurs de Cologne, do Neubourg et de Brandebourg, et l'électeur palatin. On coupa les duchés en deux morceaux : d'un côté Clèves, de l'autre Juliers et Berg; Brandebourg el Neubourg eurent chacun leur moitié.

Cet arrangement bâtard dura jusqu'à la guerre de Trente ans. La ligue catholique était sans tête depuis la mort de Philippe II; elle allait bientôt en retrouver une. L'anarchie régnait encore dans les États autrichiens; mais déjà Ferdinand de Styrie était désigné pour l'empire. 11 avait été élevé chez

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les jésuites avec son cousin Maximilien de Bavière'. Ce jeune prince était Théritier présomptif de toutes les couronnes de 1* empereur Maximilien II. On lui avait inspiré Thorreur de l'hérésie ; il la voyait envahir, à la faveur des discordes de la famille impé* riale, la Moravie, la Silésie, les deux Autriches, et la trouvait dans ses États héréditaires de Styrie, dd Carinthie, de Garniole. Prague était un foyer de rébellion. Le protestantisme y était protégé par la I lettre de majesté ». En Bohême, il y avait neuf protestants pour un catholique. Ferdinand fit le pèlerinage de Lorette et de Rome, se promit de rmive la couronne de Bohême héréditaire dans sa maison, de monter au trône impérial et d*exterinitier Thérésie. Si Ferdinand ou ses héritiers n'avaient pas d'enfants, le roi d'Espagne pouvait rédamer sa succession. Cette perspective épouvantait rAllemagne protestante et les Étals.

Il faut se replacer par la pensée au milieu dé cette Allemagne coupée en trois cents petites souvc^ rainetés, imaginer ce qu'était l'empereur des Rd-^ mains et le voir, comme Ghai'les-Quint, avec sa double couronne. Que deviendraient alors la petite

Hollande et la maison d'Orange, quand le roi d'Angleterre lui-même était prêt à mendier une infante? Une force secrète ramenait pourtant loajours Maurice à l'Angleterre; il semble qu'il ait deviné l'avenir réserve à sa maison, et compris que le mariage de TAngleterre et des Stuarts ne serait plus long. Jacques d'ailleurs, quand il désespérait de rien obtenir de l'Espagne, revenait aussi à la Hollande; le sort de Barneyeld, resté fidèle à l'alliance française, fut peut-être décidé dans une entrevue que Maurice eut à Arnheim avec sir Ralph ' Winwood, l'ambassadeur anglais (M. Motley a trouvé le récit de cette entrevue dans les manuscrits des archives de Hatfield). Maurice parle de la nécessité de former une ligue évangélique, qui ferait obstacle aux plans de la ligue catholique ; la ligue évangélique devait embrasser l'Angleterre, le Danemark, la Suède, les princes allemands, les cantons protestants de la Suisse, les Provinces-Unies, les huguenots français; le roi d'Angleterre en serait le chef et le protecteur. « C'est là, dit Maurice, le seul coupe-gorge des complots de la France et de l'Espagne. » — « Et quelle apparence, lui dit Win-

wood, y a-t-il que les Provinces-Uilies entrent dans celte confédération, puisque la foi religieuse y est ébranlée chaque jour? Celui qui gouverne la Hollande est le palron de Vorslius et des arminiens schismatiques. Comment les huguenots français peuventils avoir confiance dans un homme qui est à la dévotion de la France? >> Maurice avoua que Barneveld n'avait nul souci dé la religion, mais, sauf quelques villes, les Provinces-Unies, ajouta-t-il, ne sont pas infectées par l'hérésie. « Il m'est plus difficile de vous satisfaire sur le second point, car je reconnais que Barneveld est tout à fait dévoué au service de la France. Pernlant les négociations de lairèvc, le président Jeannin vint à moi après un diflërend que j'avais eu avec Barneveld, me pria, au nom du roi de France, de bien traiter quelqu'un qu'il avait pris sous sa protection. Les lettres que l'ambassadeur des États en France écrivait à Barneveld, Barneveld les envoya en autographe aux mains deVilleroy. »

Pour comprendre celle perfide accusation, il faut se souvenir qu'on avait volé des dépêches àAersseas; celui-ci, devenu l'ennemi juré de Barneveld,

avait répandu Taccusation dont Maurice ne rougissait pas de se faire l'écho, oubliant qu'il parlait du premier ministre de son pays à l'envoyé d'un souverain étranger. Le prince se répandit sur les dangers que courait son pays, quand la France et l'Espagne avaient l'œil partout, et laissa tomber enfin ces menaçantes paroles : « il faut donc que de bonnes résolutions soient prises pour sauver cet État d'une chute soudaine ; mais en ceci il faut user de modération et de discrétion. »

La conduite de Jacques n'était pourtant guère en harmonie avec les assurances qu'il envoyait à Maurice; la France, même aux mains des anciens ligueurs, était encore moins dangereuse que son hypocrite amitié. « N'oubliez pas, écrivait Barne* veld à Langerac, le nouvel ambassadeur des États, de caresser le vieux gentilhomme. » Il voulait dire Villeroy, qui, si décrépit qu'il fût, menait encore la diplomatie de la France et qui ne voulait pas se mettre tout à fait dans les mailles de l'Espagne. « Ne croyez pas, disàit-il, que la France laissera détruire le duc de Savoie, cela va contre toutes les raisons d'état. » Barneveld voulait, qui pourrait

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l'en blâmer? gagner du temps, attendre la (in de , la minorité du roi de France; il pressentait Riche* lieu. Il respectait le gouvernement légal de la France; il pouvait bien blâmer ceux que blâmait Duplessy-Mornay, fidèle sujet autant que bon hu- Ifueaot. Il savait combien Jacques était peu sûr, ftijfant, capricieux. Le roi d* Angleterre voulait tout régenter, offrait toujours sa médiation; « il ne fal* lait qu'un peu de cire pour arranger Taffaire des duchés. » Parfois il était insolent, menaçait les Klats, il enjoignait à tout le monde de vider les duchési 11 commande aux États de désarmer, se répand en exhortations pompeuses : « hier est le précepteur d'aujourd'hui, etc. » Barneveld le ménageait, répondait à ses textes par d'autres textes, qu'il avait l'habileté un peu dangereuse de tirer des écrits anciens du roi. Ses défiances étaient bien justifiées, car ce bon allié des États pensa sérieusenwat à partager les Provinces-Unies avec la France, n écrivait à Cecil : « Si les États sont si faibles qu'il» n« puissent subsister pendant la paix ou pendant la guerre (il les pressait à ce moment pour le rem* boursement des sommes prêtées par l'Angleterre)

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sans que je me ruine pour le faire, cerlaiiiémenl alors mimis malum est eligcHdum ; , . , qu'ils renoncent à leur vaine soif du litre d'État libre et Mdantur inter no5; jeveux dire que leur pays wit partagé entre la France et moi, autrement le roi d'Espagne est sûr de nous dévorer *. » Après avoir beaucoup crié, il finissait d'ordinaire par céder; H rendit à la Hollande les places que des garnisons anglaises occupaient depuis Elisabeth contre une somme de 250000 livres, elles régiments anglais restèrent au service des États.

En 1617, Ferdinand, devenu le chef de* là ligue catholique, fut nommé roi de Bohême, et peu après, en dépit de la « lettre de majesté », la persécution commença contre les protestants. La guerre de Trente ans date virtuellement du 23 mai 1618, le jour où la populace de Prague jeta par les fenêtres du llradschin Slawala un protestant bohème converti au catholicisme et Martinitz, les deux magis* trats qui avaient donné le signal de la persécution. L'élection d'un empereur approchait; le vieil empereur Mathias alla de sa personne avec Ferdinand

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