‹ Grandes ombres sur le sentier de la vieChapitre 3 sur 25 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

— Ma chère Grâce, dites-moi quel génie favori hante vos bosquets ?

— Que voulez-vous dire , Arthur ?

— Pas autre chose que ce que je vous dis. J'étais dans le pavillon , j'avais l'intention de n'en pas bouger, jusqu'à ce qu'il plût à Votre Seigneurie de m'appeler; je m'étais prudemment assuré qu'il n'y avait pas de scorpions autour de moi, oubliant que j'étais dans ma chère vieille Angleterre; j'avais ôté ma cravate , mis mes pieds sur une chaise , mon livre sur mes genoux, et... et... je m'étais endormi; ne vous moquez pas de moi, Grâce, c'est une habitude des Indes de dormir à midi. Au milieu de mon sommeil , j'entendis fredonner la plus jolie voix , et. . .

— Ah ! je sais , je sais , dit Grâce en riant ; pauvre petite Lucie ! vous êtes arrivé si inopinément hier au soir que je n'ai pas eu le temps de l'avertir. Nous lisons souvent ensemble le matin dans le pavillon , elle y arrive ordinairement par le chemin vert.

— Je regrette que vous ne me l'ayez pas dit ; que va-t-elle penser de moi? Elle sautillait si joliment, sa robe blanche l'enveloppait comme un nuage ; — j'étais à demi-réveillé , mais je n'ai pas bougé tant j'étais enchanté de ma vision ; lorsqu'elle est entrée dans le pavillon, quel saut elle a fait! que je suis fâché de l'avoir effrayée ! Elle allait s'enfuir lorsque je suis parvenu à balbutier que j'étais votre cousin et que j'allais vous appeler. Mais ma cravate! — Oh! que va-t-elle penser de moi? Venez, venez vite et faites-lui mes excuses en bonne cousine que vous êtes.

Arthur avait été infiniment plus troublé que Lucie; elle s'était établie dans le pavillon, son album à la main , la fleur quelle voulait copier devant elle sur la table , tout à côté de la malencontreuse cravate.

Elle leva gaiement les yeux lorsqu'elle entendit un murmure de voix , et Grâce lui présenta , selon toutes les formes voulues, son cousin Arthur Herbert; grâce à la présentation précédente, la connaissance fut vite faite , et Arthur crut apercevoir un malicieux regard au coin de l'œil de Lucie , lorsqu'il parvint à mettre sa cravate dans sa poche.

Il aurait été un peu décontenancé s'il lui avait entendu raconter son histoire le même soir à sa tante et à son frère; cependant quelques mots qu'elle ajouta, montrèrent qu'il ne lui avait pas fait une impression

défavorable , et elle avoua qu'au lieu de lire , Grâce el elle avaient passé la matinée à écouter les récits de sa vie militaire aux Indes.

Une certaine inquiétude vint assombrir la physionomie placide de tante Clayton, et lorsque Lucie s'éloigna en chantant de sa voix la plus joyeuse , la vieille dame posa sa main sur le bras d'Edouard, et d'un ton dans lequel la sagesse des sept sages paraissait concentrée, elle lui dit :

— Vous irez demain à la cure , n'est-ce pas, Edouard ? Lucie est trop jeune pour choisir ses amis toute seule.

Edouard sourit et promit tout ce qu'elle voulut. Les messieurs venaient de sortir lorsque Edouard se rendit à la cure le lendemain matin.

— Mademoiselle est à la maison , Monsieur, ajouta le domestique en voyant l'air indécis d'Edouard.

— Je vous remercie, mais dites-lui que si elle ne peut pas me recevoir j'attendrai le retour de ces messieurs.

Grâce était dans ce qu'on appelait son laboratoire, et non sans raison, car elle y était entourée d'un nombre formidable de livres de comptes et de lettres non répondues, que l'arrivée d'Arthur avait laissés quelque peu sur l'arrière- plan.

— M. Anderson ! Mlle Lucie n'est-elle pas avec lui?

— Non , Mademoiselle , il est seul ; — il est au salon.

Grâce passa ses mains sur les bandeaux de cheveux noirs qui encadraient son front pur et élevé ; ce n'était pas nécessaire; ils étaient dans un ordre par-

fait. En traversant l'antichambre , elle vit sur la table les cartes d'Edouard pour son père et son cousin; son tact féminin lui fît comprendre le but de sa visite.

Les gens réservés sont trop heureux qu'on leur évite la peine de s'expliquer, aussi Edouard fut enchanté lorsque Grâce s'avança au-devant de lui en regrettant que son cousin fût absent à ce moment-là, et avec une légère allusion à la nouvelle connaissance que Lucie avait faite la veille, elle donna d'elle-même toutes les informations qu'Edouard désirait avoir.

— L'arrivée d'Arthur a été tout-à-fait inattendue, dit-elle ; voici deux ans que nous l'avions presque perdu de vue , lorsque la mort de son frère aîné a obligé mon père à se mettre en correspondance avec ses tuteurs pour l'arrangement de ses propriétés. Il est aux Indes depuis cinq ans et c'est son premier semestre de congé ; il est venu pour voir ses affaires par lui-même.

— Aime-t-il beaucoup les Indes?

— Il n'a jamais eu en Angleterre un véritable chez lui; il était un peu extravagant et volontaire quand il est entré au service , mais il est bien différent à présent ; et les yeux de Grâce exprimèrent une véritable affection.

— Vous ne m'en auriez pas dit autant si vous n'aviez pas l'intention d'aller plus loin? dit Edouard d'un ton interrogatif et en souriant.

— Si j'étais sûre qu'Arthur sût se faire voir tel qu'il est , peut-être vous laisserais-je le plaisir de la découverte, M. Anderson ; mais il est si vif, si turbulent même que vous auriez quelque peine à croire

à la profondeur de sentiments et à la force de caractère qui le distinguent. Ce qui a contribué à développer ces qualités chez lui, c'est qu'il fut immédiatement placé à un poste de confiance. Dans les jours les plus extravagants de sa vie passée, il s'était fait remarquer par un sentiment exquis de justice et d'honneur. Il ne tarda pas à découvrir, en arrivant aux Indes , que son prédécesseur s'était enrichi aux dépens de ses subordonnés ; Arthur mit son orgueil et sa joie à remédier à ces abus , et il goûta alors pour la première fois la douceur d'être aimé. Ses hommes auraient fait tout au monde pour leur jeune chef, et ce qu'il y avait de noble et de généreux chez lui s'épanouit largement sous cette influence bienfaisante. Je le savais depuis longtemps, et des amis des Indes nous avaient parlé de la fermeté de ses principes et de la popularité dont il jouit là-bas , mais ce n'est que de hier au soir que j'ai découvert que le changement avait été. . .

Grâce s'arrêta en rougissant, elle hésitait à entamer un sujet aussi intime avec un étranger; mais l'intérêt véritable avec lequel Edouard l'écoutait l'engagea à continuer :

— Avait été — de la mort à la vie, M. Anderson. Arthur ne pourrait pas trouver mauvais que je vous parle du vieux Dinoo, continua Grâce ; c'est un Indou converti, dont le salaire avait été retenu injustement par le prédécesseur d'Arthur. Le pauvre homme se plaignait peu, mais Arthur découvrit bientôt la fraude dont il était victime et ne perdit pas de temps à lui faire rendre ce qui lui était dû, et je dois le dire, en grande partie aux dépens de sa propre bourse. Le

cœur de Dinoo débordait de reconnaissance, et dans sa simplicité il conclut que la religion du Sahib (maître) était l'unique mobile du bien qu'il faisait ; mais ses paroles étaient une langue inconnue pour Arthur, et doué d'une droiture peu commune mon cousin repoussa les éloges du pauvre homme ; mais il nous a dit que même alors il éprouvait comme un vague regret de ne pouvoir les accepter. Cependant Dinoo l'aimait de toutes les forces de son coeur, et chaque jour il demandait à Dieu « de parler à l'âme du Sahib. » Un jour, après bien des saluts et beaucoup d'excuses, l'Indou pria son Sahib de lui lire une page déchirée d'une Bible en indoustani. Arthur ne savait pas que 'cétait une flèche lancée par la foi et la prière, et il lut en toute simplicité la traduction de ces belles paroles : « Dieu a tant aimé le monde , etc., etc. » Ce sont de bonnes paroles pour le Sahib et pour Dinoo , dit le vieux Indou , et il se retira pour demander avec ferveur qu'elles atteignissent le but. Sa foi a été récompensée. Ce même soir Dinoo était seul dans sa hutte lorsqu'Arthur vint lui proposer de lire encore; avant de se séparer, ils s'agenouillèrent l'un à côté de l'autre , et Arthur reçut cette offre de salut qui lui avait été faite le même jour. Arthur a une telle affection pour son vieux Dinoo , que d'en être éloigné assombrit un peu la joie qu'il a éprouvée en se retrouvant en Angleterre.

— Son congé sera-t-ii long?

Mais avant que Grâce pût répondre , on entendit des voix sur la terrasse; le doyen et le jeune officier entrèrent. Grâce remarqua le regard d'affectueux intérêt avec lequel Edouard considérait son cousin,

tandis que, de son côté , Arthur scrutait la physionomie de M. Anderson pour tâcher de lui découvrir une ressemblance avec sa sœur. Satisfait de ce côté, il rendit avec cordialité l'accueil que lui fit Edouard, et après quelques moments de conversation , la société se sépara.

M. Anderson était un homme d'ordre , très méthodique dans ses habitudes ; ses pensées mêmes étaient sous l'empire de cet esprit de méthode. Il était accoutumé à être maître de lui-même ; il fut donc assez décontenancé ce matin-là, en retournant chez lui, de sentir ses idées dans un état de confusion peu habituel à son esprit clair et lucide ordinairement. Il avait fait cette visite afin de juger par lui-même la nouvelle connaissance de Lucie ; le résultat de son enquête était des plus satisfaisants; — mais il avait découvert en même temps que Grâce et Arthur étaient très bons amis aussi bien que cousins, et que le dénouement de leur liaison était facile à prévoir. Mais pourquoi cette découverte le troublait-elle autant? Certainement Lucie perdrait une amie précieuse; Mlle Milner était une charmante personne; Edouard n'avait jamais compris jusqu'à ce moment tout ce que Lucie possédait dans une amitié pareille, mais il savait aussi que quelque vif que fût son intérêt pour sa sœur, ce n'était pas tout pour lui dans le moment actuel. Dès qu'il eut atteint cette conviction , il prit un parti et résolut de le mettre à exécution sans différer. Lucie jouirait de ce que cette nouvelle relation pourrait jeter d'intérêt et d'agrément dans sa vie si tranquille d'habitude , mais il l'avertirait de la position dans laquelle se trouvaient les deux cousins.

Quant à lui, il était tellement habitué à dompter ses sentiments qu'il ne se permettrait plus de penser à Grâce ; « après tout . dit-il , ce n'est que le germe d'une nouvelle affection , je peux bien l'étouffer. » Cependant il serait prudent et ne se joindraitpas aux plaisirs qu'il pourrait arranger pour sa sœur et ses amis.

Ainsi fortifié, mais triste, Edouard chercha à se consoler par l'affection de Lucie; quand nous avons été sévères pour nous-mêmes , nous aimons assez qu'on nous en tienne compte et même qu'on nous encense un peu. Comme il fut tendre avec elle tout le reste du jour, et comme elle le lui rendit! elle refusa même, pour ne pas le quitter, d'aller se promener avec Grâce au bord de la rivière.

Edouard exécuta fidèlement le plan qu'il avait formé ; il inventait chaque jour quelque nouvelle course pour faire connaître à Arthur Herbert les beautés du voisinage. Son bateau, ses chevaux; — il mit tout à la disposition des jeunes gens; mais Lucie échoua toutes les fois qu'elle le supplia de les accompagner.

Et pendant ce temps, quelles confidences Arthur faisait-il à sa cousine? Ah! si Edouard avait pu en entendre une seule! La vision du papillon ne s'était jamais effacée de la pensée du jeune officier; Grâce pouvait-elle lui donner une seule petite espérance ? Que fallait-il faire? Fallait-il parler d'abord à M. Anderson et lui demander la permission de chercher à gagner l'affection de sa sœur? Mais il la lui refuserait peut-être. En attendant rien n'était plus charmant que de passer ses journées auprès d'elle ; les manières de Lucie étaient si franches et si naturelles, pouvait-

elle avoir quelque soupçon des sentiments qu'il avait pour elle? Grâce la connaissait si bien , quel conseil lui donnerait- elle?

Grâce n'était pas sans inquiétude; il lui paraissait incompréhensible qu'Edouard laissât sa sœur seule dans de pareilles circonstances. « 11 croit sûrement qu'il me l'a confiée; » et ce sentiment lui faisait éprouver un certain plaisir; « mais comment puis-je empêcher une créature aussi séduisante que Lucie de se faire aimer d'un être comme Arthur; et si elle allait l'aimer aussi, quel coup pour M. Anderson ! se séparer de Lucie, ce serait déjà beaucoup pour lui, mais la laisser partir pour les Indes , impossible ! Un père et une mère peuvent seuls s'imposer un si grand sacrifice. »

Cependant les trois amis passèrent encore une longue matinée dans le pavillon, et quoique Arthur eût apporté un livre, ils ne lurent pas, si ce n'est dans leurs propres cœurs; et pour la première fois, Lucie soupçonna qu'Edouard s'était trompé ; Arthur lui ayant demandé la permission de choisir la fleur qu'elle devait dessiner, il revint avec un bouquet de « ne m'oubliez pas. » Le dessin à peine achevé, il s'en empara et le mit dans son portefeuille en murmurant quelques mots que Lucie ne put s'empêcher d'entendre et qui couvrirent ses joues d'une vive rougeur.

Le doyen Milner arriva à ce moment-là pour chercher sa fille , et il offrit de reconduire Lucie chez elle par le chemin vert; mais voyant qu'Arthur les accompagnait aussi, et trouvant l'escorte suffisante, li reprit le chemin de la cure suivi de Grâce; — et le capitaine Herbert mit à profit une si bonne occasion.

Pauvre petite Lucie ! — elle avait vécu jusque-là dans toute l'heureuse simplicité d'un enfant ; — que devînt-elle à l'ouïe d'un sentiment si nouveau et si véhément? Tante Clayton était dans le jardin , mais Lucie , la figure en feu, passa devant elle rapide comme l'éclair. Elle courut droit au cabinet d'Edouard, frappa à la hâte à la porte, s'élança dans ses bras et murmura à son oreille : « Oh! Edouard! tu t'étais trompé; Grâce et Arthur sont seulement cousins et amis ; mais il m'aime , moi; il vient de me le dire. »

— Ma Lucie! et Edouard la serra tendrement dans ses bras , la fit asseoir sur le canapé et se mit à genoux devant elle : — laisse-moi réfléchir un instant, ma bien-aimée. Et il s'éleva dans son cœur comme une double note, l'une de joie, l'autre de chagrin; — l'une tout en haut, l'autre tout en bas ; — n'est-ce pas ce qui nous arrive souvent , à nous , si mystérieusement organisés ? Edouard éprouva d'abord quelque indignation comme si Grâce et Arthur l'avaient trompé ; mais il se rappela que toute la faute retombait sur lui seul et sur l'erreur qu'il avait commise. Lucie avait donné ses affections , cela se voyait au premier coup d'œil , et il n'était pas assez égoïste pour l'empêcher d'épouser l'homme qui avait eu le bonheur de gagner son cœur. Mais les Indes! elles lui apparaissaient dans le lointain comme un sombre nuage. Toutes ces pensées traversèrent à la hâte ce cœur agité et troublé , mais il en fut une autre qui monta aussi et ne passa pas , et qui prit une place qu'il s'était efforcé jusque-là de lui refuser : « Grâce Milner est libre; elle peut être à moi! »

Lucie ne le perdait pas de vue.

— Tu n'es pas fâché contre lui , n'est-ce pas , Edouard? lui dit-elle timidement.

— Non, pas très fâché, répondit Edouard en souriant; mais il me semble qu'il aurait pu me mettre dans sa confidence.

— Il avait compté venir cette après-midi même, pour t'en parler; — mais lorsque le doyen s'est éloigné et que nous sommes restés seuls, il n'a pas pu s'en empêcher ; il m'a tout dit. Il vient après moi , il me suit, mais je voulais te voir avant qu'il n'arrivât.

— Ainsi vous n'avez rien décidé encore?

— Oh ! non ! je ne savais pas ce que tu aimerais le mieux.

— Sera-ce donc comme j'aimerais le mieux? Elle murmura très bas :

— Si lu voulais dire : Oui.

— Lucie, mon enfant chérie, il faut admettre tante Clayton dans notre conseil.

— J'avais espéré que toi, tu le lui aurais dit, Edouard.

Ce n'est pas nécessaire; — Arthur est auprès d'elle dans le jardin , — trop heureux de la trouver seule ; la bonne tante essaye en vain d'opposer ici et là quelques paroles de remontrance ; comment résister au torrent d'éloquence qui s'échappe des lèvres d'Arthur? Elle avait d'ailleurs ses côtés faibles ; Arthur les connaissait déjà; rien ne lui échappait. Tante Clayton avait été une véritable mère pour Lucie , elle aimait qu'on se le rappelât , aussi Arthur lui remit entièrement le soin de ses intérêts. Il savait bien qu'il

lui demandait beaucoup , mais il était seul au monde, ne pouvait-elle pas être une mère aussi pour lui? Lucie était très jeune sans aucun doute , mais grâce à l'excellente éducation qu'elle avait reçue, son caractère était complètement formé. Tante Clayton n'aurait pas la cruauté de lui demander d'attendre. Bref, il finit par lui faire comprendre qu'il remettait sa cause entre ses mains pour la plaider auprès d'Edouard. Arthur avait dès longtemps gagné le cœur de tante Clayton , et d'ailleurs il était rare qu'on lui résistât lorsqu'une fois il voulait une chose. Son entrevue avec Edouard fut d'une nature assez différente. Arthur ne s'attendait pas à la noble franchise, à l'absence de tout sentiment égoïste , à la vive sympathie et en même temps à une appréciation si juste et si calme des difficultés à prévoir dont Edouard fit preuve en cette occasion, et qui lui gagna aussitôt la première place dans l'estime de son futur beaufrère. Les yeux du jeune officier se remplirent de larmes, lorsque Edouard lui tendit la main en l'assurant qu'il ne mettrait aucune opposition à son bonheur. Avant que la soirée fût passée , Arthur et Lucie étaient agenouillés dans le cabinet d'études, et Edouard invoquait sur eux toutes les bénédictions de Celui sous la garde de qui il plaçait leur avenir.

— Ah! certainement j'aime Dieu à présent , murmura Lucie lorsque, debout près de son frère, dans l'embrasure de la fenêtre , elle regardait Arthur s'éloigner. Je puis dire : Ma coupe est remplie.

— N'oublie pas d'ajouter, ma bien-aimée : L'Eternel est la part de mon héritage et de mon breuvage. (Ps. XVI , 5.)

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