DEPART DE LA FLOTTE VENITIENNE, COMMANDEE PAR DANDOLQ
An 1202.
L italie . au moyen-âge , eut un grand nombre de republiques , qui jetèrent dans le monde plus ou moins d'éclat. Les plus célèbres furent les républiques maritimes de Pise. de Gènes et de Venise. La république de Pise fut détruite, vers la fin du douzième siècle, par les Génois. Les deux autres, quoique bien déchues depuis la découverte du cap de Bonne-Espérance, qui déplaça le courant commercial entre l'Europe et l'Asie , conservèrent pointant leur indépendance . jusqu'à la tin du siècle dernier.
C'est au commencement du treizième siècle, que la plus célèbre de ces deux republiques . celle de Venise . parvint à l'apogée de sa splendeur . et il n'est pas facile d'imaginer un spectacle plus magnifique . que celui dont jouirent les Vénitiens lors du départ de la flotte qui sortit des lagunes, en Fannée l*2i>2 . commandée par le vieux doge Pandolo.
i>e l'histoire moderne. 217
Venise dut sa première origine aux dévastations d'Attila. Quand les Huns portaient partout la désolation et la mort, nulle ville de la terre ferme ne paraissait assez forte pour résister à ces barbares ; mais comme ils n'avaient aucune marine , ils étaient obligés de s'arrêter quand ils arrivaient aux rivages delà mer. Quelques babitants du territoire de Padoue eurent donc la pensée d'aller s'abriter contre les incursions des barbares, dans quelques îlots de l'Adriatique.
Comme les invasions des barbares se continuèrent longtemps en Italie, les premiers réfugiés des lagunes voyaient de temps en temps leur arriver de nouveaux compagnons.
Durant les cinq premiers siècles de son existence, Venise acquit cependant peu de développement. Ses babitants alors n'aspiraient pour ainsi dire qu'à se faire oublier, parce qu'ils ne se sentaient pas assez forts pour fonder des établissements considérables sur la terre ferme.
Venise dut les premiers progrès de sa puissance à une circonstance dramatique et touchante.
Vers le milieu du dixième siècle , des pirates Istriens ayant pénétré dans les lagunes , enlevèrent , au milieu de l'église de Castello, de jeunes couples vénitiens qu'on allait y marier, comptant obtenir ensuite des diverses familles qui allaient unir leurs rejetons, des rançons considérables. Mais les Vénitiens , qui pris au dépourvu n'avaient pu empêcher la consommation de ce rapt audacieux , songèrent aussitôt à payer la rançon des jeunes couples non avec de l'or, mais avec du 1er. Ils rassemblent à la bâte quelques navires, poursuivent sur-lechamp les ravisseurs, les atteignent sur la côte du Frioul, détruisent. leur flotte, et ramènent à Venise les fiances, qui y sont naturellement accueillis par la population tout entière avec un véritable délire d'enthousiasme.
Cet événement mémorable fut l'origine d'une fête annuelle , où douze jeunes filles étaient mariées aux frais de la république, fêle qui a subsisté jusqu'en l'année 1797, époque de la