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MAHOMET II LEVANT LE SIÈGE DE CROIE, DÉFENDUE PAR SCANDER-BEG

An 1465.

Si Ton veut trouver dans les temps modernes quelque chose de comparable aux combats les plus glorieux de la Grèce antique , aux journées de Marathon , des Thermopyles et de Platée, c'est dans l'histoire de Scander-Beg qu'il faut le chercher. Nulle histoire ne montre mieux tout ce que peut enfanter de prodiges le courage d'un seul homme.

Le quatorzième et le quinzième siècle furent des siècles malheureux pour la chrétienté. Ces siècles , en effet , furent remplis de guerres cruelles entre les diverses nations de l'Europe. La France et l'Angleterre étaient continuellement en lutte ; les républiques italiennes, sans cesse divisées, s'entre-déchiraient , et l'Italie méridionale aussi bien que la Sicile étaient disputées avec acharnement, entre les rois d'Aragon et les princes français des deux maisons d'Anjou. Le sceptre de l'empire d'Alle-

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magne, à la même époque, fut presque toujours entre des mains peu dignes de le porter, entre les mains d'un Charles IV, qui vendait aux enchères tous les droits de l'empire , ou d'un Weneeslas, au nom duquel se trouve accolée l'épithète la plus basse qui ait jamais été infligée à un souverain, celle d'ivrogne.

Pour comble de malheur, à la fin du quatorzième siècle et au commencement du quinzième , la chrétienté, qui ne doit jamais avoir à sa tète qu'un seul chef , en eut deux pendant plus de quarante années ; et , les titres de ces chefs paraissant se balancer, les états se divisaient à peu près en égal nombre entre les deux obédiences.

Tandis que la chrétienté , ainsi déchirée par des divisions intestines, ne pouvait plus continuer l'œuvre des croisades , qui exigeait absolument des vues communes, le fanatisme musulman , qui s'était fort affaibli dans la race Arabe , s'était réveillé avec toute sa fureur primitive dans la race Turque,

Jusqu'au milieu du quatorzième siècle , la domination musulmane n'avait pu parvenir à franchir le Bosphore, et tout ce que nous appelons aujourd'hui la Turquie d'Europe dépendait encore de l'empire Grec. Mais, à partir d'Amurath Ier, troisième sultan des Turcs , ce peuple féroce commença à envahir la Thrace , et Amurath fixa le siège de son empire à Andrinople , en l'année 1360. 11 fut dès-lors facile de prévoir que Constantinople , entourée de tous les côtés par des pays soumis à la domination musulmane , ne tarderait pas à succomber ; et ce dont on s'étonne , c'est qu'après les conquêtes d'Amurath Ier , l'empire Grec ait pu subsister encore pendant près d'un siècle. Le flot de l'invasion Ottomane parut un instant arrêté , quand Bajazet ïer, successeur d Amurath , tomba au pouvoir du Mongol Tamerian ; mais, avec Soliman Ier et Mahomet ïPr, les Turcs reprirent le cours de leurs conquêtes ; et quand quelques années plus tard, ils eurent à leur tète des guerriers aussi intrépides qu'Amurath H et Mahomet H , les hommes

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de peu de foi purent croire , comme au temps où le mahométisme envahissait l'Europe par l'Occident avec Abdérame , que le christianisme allait disparaître de la terre.

Amurath II et Mahomet II marchaient toujours , en effet , avec des armées de deux ou trois cent mille combattants; et de leur temps, il n'y avait pas un seul état en Europe qui pût réunir une armée de soixante mille hommes , tant ils avaient tous été affaiblis par les longues guerres dont nous avons parlé.

L'invasion musulmane ne pouvait donc être arrêtée que par quelques hommes taillés à l'antique. Dieu en suscita deux, Huniade cl Scander -Beg.

La vie d'Huniade était déjà pleine de prodiges de valeur militaire.

On dit que ce guerrier célèbre descendait , du côté de son père, de la famille Valéria , l'une des plus illustres de l'ancienne Rome, et que du côté de sa mère, il avait pour aïeux des empereurs de Constantinople. Il se signala de bonne heure par sa rare intrépidité , dans les armées hongroises.

Quand Albert d'Autriche, roi de Hongrie , mourut en l'année 1440, il ne tenait qu'à Huniade, dont la bravoure excitait l'admiration universelle parmi les Hongrois, de se faire décerner la couronne, alors élective , de ce pays. Mais, par un désintéressement qui étonne les hommes vulgaires , quoiqu'il soit naturel aux grandes âmes , Huniade aima mieux faire déférer le sceptre de Hongrie au jeune Ladislas VI , roi de Pologne .

Ladislas, du reste, compru très-bien que le seul homme qui pouvait lui conserver le sceptre était celui qui le lui avait procuré , et il donna à Huniade. le commandement de toutes les forces hongroises.

Il était temps que l'Europe fût protégée vers l'Orient par un grand homme de guerre. Les généraux d'Àmurath II , en effet , non-seulement menaçaient Belgrade qu'ils tenaient assiégée , mais ils avaient déjà franchi le Danubi . et envahi une grande

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partie de la Transylvanie avec des armées nombreuses qui semaient partout la terreur au devant d'elles.

Dans la seule année 1142 , Huniade remporte trois victoires éclatantes sur les généraux d Amurath, deux dans la Transylvanie, et la troisième devant Belgrade, dont il fait lever le siège, qui durait depuis sept mois.

L'année suivante , Huniade , avec un corps de dix mille chevaux seulement , tombe à l'improvistc sur une armée entière de Turcs campée sur les bords de la Morave , et en fait un carnage effroyable , ne laissant sur la place que cinq cents des siens.

En 1445 , ce n'est plus avec les généraux du sultan , mais avec le sultan lui-même qu'on voit Huniade combattre. A la célèbre bataille de Varna , livrée le 10 novembre de celte année, l'armée hongroise commandée par le roi Ladislas et Huniade , quoique, composée de dix-huit mille hommes seulement, lutta longtemps contre l'armée turque commandée par Amurath . qui en comptait cent mille; et quand la mort du jeune rei Ladislas fît pencher la victoire du côté des Ottomans, Huniade sut , au moyen d'une belle retraite , proléger encore la Servie et la Hongrie.

En 1448 , Amurath II poursuit Huniade dans la Servie, et se précipite, à Kassovia, avec une armée de cent cinquante mille hommes, sur quarante mille Hongrois qu'Huniade était parvenu à réunir. Les Hongrois finirent par céder à la supériorité du nombre ; mais trente mille musulmans qui restèrent sur le champ de bataille , rendirent pour Amurath cette victoire plus coûteuse qu'une défaite.

La dernière heure de l'empire grec allait pourtant sonner. Le bouillant Amurath II transmit , en 1451 , le sceptre ottoman à son fils , Mahomet II , qui devait égaler son père en courage , et le surpasser en cruauté. Deux ans après, les chrétiens de l'Occident apprennent que Constantinople est tombée au pouvoir du sultan , et que l'empire d'Orient n'existe plus.

Une ierreur panique les gagne bientôt , et le fier Mahomet se targue , en effet , déjà d'aller arborer incessamment le croissant sur les murs de Vienne, et plus lard sur les murs de Rome. Mais la Providence place Huniade sur la marche de l'allier conquérant. Mahomet ÎI avait investi Belgrade avec une armée de cent cinquante mille hommes , et la garnison s'était défendue d'abord héroïquement ; mais privée de tout moyen d'approvisionnement par uneflotille turque qui barrait le cours du Danube, la ville était déjà réduite aux dernières extrémités.

Huniade arme à la hâte quelques barques dans le cours supérieur du Danube. Il les précipite sur la flotille turque, qu'il coule en grande partie , et il entre dans la place , dont les défenseurs se croient désormais invincibles.

Mahomet II voyant , après un mois de siège , son armée réduite par le feu des assiégés ou les maladies à quatre-vingt mille hommes , commande l'assaut de la ville pour le 6 août de l'année 1455. Pressentant que la résistance sera désespérée, Mahomet s'avance lui-même à la tête des janissaires ; ceux-ci , d'un premier élan, franchissent le fossé, comblé en partie par les cadavres des Turcs envoyés les premiers à l'assaut , et d'un second , ils atteignent le haut du mur où ils s'établissent un moment. Mais Huniade redouble d'efforts, et tandis qu'un religieux franciscain que l'Eglise a canonisé , Jean de Capistran , encourage de son côté les soldats en répétant sans cesse .- « Victoire , Jésus, victoire » , ce mur est reconquis , les Turcs sont renversés et mis en pièces , et Mahomet blessé est obligé de lever honteusement le siège , laissant au pouvoir d' Huniade toute son artillerie et d immenses bagages.

Le héros chrétien mourut après cet exploit glorieux, et l'on dit qu'en apprenant sa mort , Mahomet s'écria : « Je n'ai plus d'ennemi qui soit digne de moi » . Il oubliait Scander-Beg.

Si admirable , en effet , que soit la vie d'Huniade , celle de Scander-Beg est encore bien plus merveilleuse.

Le nom de naissance de Scander-Beg était George Castriôt.

Jean , roi d'Albanie , père de George , avait dû , pour conserver son royaume envahi par AmurathH, donner à l'empereur turc ses quatre enfants en ôtag*. Trois de ces enfants furent empoisonnés par les ordres d'Amurath; mais le quatrième, George, toucha le sultan par sa bonne mine et son intelligence précoce. A dix-huit ans, le jeune Albanais effaçait tous ses compagnons par sa belle ligure et sa haute (aille , en même temps que par sa force et son adresse dans tous les exercices guerriers. Ses premiers exploits militaires furent si brillants , que d'une commune voix les Ottomans le nommèrent Scander-Beg , c'est-à-dire seigneur Alexandre , et le sultan combla de faveurs ce jeune homme, qu'il appelait son bras droit , son œil et son cœur.

Scander-Beg avait eu le malheur d'abjurer la religion de ses pères ; mais , quand la première fougue de la jeunesse !ut passée, il ne tarda pas à se repentir de son apostasie, et son père étant mort sur ces entrefaites , il demanda au sultan l'investiture de l'Albanie. Amurath ayant refusé, sous divers prétextes, d'accueillir une demande aussi juste, Scander-Beg indigné résolut de recouvrer par son courage l'héritage de ses pères, en même temps qu'il abjurerait le mahométisme pour revenir à la vraie foi,

A la bataille de la Morave , livrée , comme on l'a dit , par Huniade aux Ottomans en Tannée 1443 , Scander-Beg jugea que le moment était venu d'exécuter son projet. Il était à la tête d'un corps de cavalerie de l'armée turque. Au moment ilonc où Huniade charge le gros de cette armée , Scander-Beg commande un faux mouvement , qui , au lieu de proléger l'armée ottomane, permet à Huniade de la mettre en complète déroute. Profitant alors du désordre où se trouvent les Turcs , Scander-Beg s'empare du secrétaire d'Amurath, chargé de sceller et d'expédier les ordres du sultan, et lui enjoint , le sabre levé, d'écrire, au nom de son maître, des lettres aux commandants des diverses places de l'Albanie , pour leur enjoindre de

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les remettre au filsdu roi Jean. Voyant que le secrétaire hésite, Scander-Beg lui fend la tète d'un coup de sabre, s'empare de ses sceaux , monte à cheval avec trois cents Albanais dévoués à son sort, arrive en peu de jours à Croie , capitale de l'Albanie, où il s'introduit facilement à l'aide des lettres supposées qu'il a fait sceller; et quelques jours après, au moyen du même stratagème , il fait remettre toutes les autres places aux divers officiers qu'il a chargés de ses ordres. Cela fait, il proclame l'indépendance de l'Albanie; et en moins d'un mois , il ne restait pas une seule place dans ce pays montueux, où le croissant n'eût été renversé pour faire place à la croix.

On se figure aisément ce que dut être la colère d'Amurath , quand il apprit la défection de Scander-Beg. 11 réunit aussitôt toutes ses troupes et marche vers l'Albanie , qu'il espère écraser en quelques jours; mais Scander-Beg avait communiqué son intrépidité à tous les habitants de ce pays âpre et montagneux , et tous avaient promis à leur jeune roi de vivre et de mourir avec lui pour la défense de leurs autels et l'indépendance de leur pays. Amurath parvient cependant , après avoir perdu une partie de ses troupes , à investir Croie. Mais Scander-Beg , dans l'espace de quelques mois , avait tellement fortifié cette place, située, du reste, dans une position admirable pour la défense, qu'Amurath , se jugeant hors d'état de la prendre avec les troupes qui lui restaient , fut réduit à se retirer. Le déplaisir que l'orgueilleux sultan ressentit de cet échec fut, disent les historiens, le principal motif qui le porta à abdiquer l'empire , en l'année 1445 , pour se retirer parmi les derviches de Magnésie.

Quelque temps après, pourtant, Amurath fut obligé, par une révolte de janissaires, de reprendre le sceptre. 11 voulut alors essayer de gagner Scander-Beg en lui promettant , si1 revenait à l'islamisme, de le combler de toute sorte d'honneurs. Scander-Beg engagea, de son côté , Amurath à se faire chrétien, et lui déclara que s'il essayait de l'attaquer une seconde fois; il espérait une seconde fois le vaincre.

Amurath alors veut tenter de nouveau le sort des» armes. Il s'avance à la tète de cent mille Turcs ; mais Scander-Beg , avec quinze mille Albanais seulement , habilement postés , il est vrai , dans chaque défilé , au sein de chaque forêt , derrière chaque anfracluosité de rocher , harcelle continuellement et finit par détruire presque entièrement l'armée formidable du sultan, qui, la rage dans l'Ame, est obligé de se retirer une seconde l'ois.

Amurath, le fier Amurath, n'a pu vaincre Scander-Beg ; mais voici peut-être celui qui le vaincra. C'est le fils d'Amurath , l'espoir et l'orgueil du Turc impitoyable. Comme le fondateur de l'islamisme , il s'appelle Mahomet , et dès le début de son règne, il a fait ce que depuis huit siècles avaient vainement tenté de faire les califes et, après eux , les sultans : il a pris Constanlinople, et quarante mille chrétiens égorgés dans cette malheureuse ville, soixante mille autres vendus comme esclaves , font connaître à toute la terre combien il est dangereux d'oser lutter contre ce nouvel Attila.

lluniade , par l'héroïque défense de Belgrade , a empêché les Turcs de franchir le Danube pour envahir la Hongrie ; mais le sultan change alors de direction , et c'est maintenant l'antique Grèce , l'Attique , le Peloponèse , Corinthe , qui vont successivement subir le joug du croissant.

Scander-Beg, dis aux tiens de convertir en forts inexpugnables tous les rochers de l'Albanie ; car Mahomet se rapproche, et presse ton petit royaume de deux côtés, du côté de ia Grèce comme du côté de la Macédoine.

Mahomet, toutefois , hésite à se commettre en personne avec le lion de l'Albanie ; et ne voulant pas exposer sa réputation d'invincible , déjà compromise par la défense héroïque de Belgrade, il envoie d'abord contre Scander-Beg un de ses généraux , Balluban-Aga , dont l'armée est sept ou huit fois plus nombreuse que les quelques poignées de braves dont peut disposer Scander-Beg. Mais le héros albanais, quoique déjà

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sexagénaire, retrouve loule l'ardeur de sa jeunesse pour repousser cette nouvelle agression , et en quelques mois , dont chaque jour, pour ainsi dire, est marqué par un combat, l'armée de Ballaban-Aga a disparu comme les neiges fondent au retour du printemps.

Les Albanais, pourtant, n'avaient pu détruire une armée entière d'Ottomans , sans laisser quelques-uns des leurs dans les défilés de leurs montagnes. Mahomet espère donc pouvoir écraser par des masses innombrables un ennemi victorieux il est vrai , mais affaibli par ses victoires. Il approche à marches forcées , le fier sultan ; deux cent mille hommes suivent ses pas 5 et la capitale de l'Albanie, deux fois assiégée vainement par Amurath , est investie une troisième fois par les innombrables bataillons de Mahomet.

Qu'était Croie , la capitale de l'Albanie? Un gros bourg plutôt qu'une ville. Mais le valeureux Scander-Beg veille à sa défense , et Scander-Beg n'a jamais compté le nombre de ses ennemis, parce qu'il sait que le Dieu des armées le protège.

Mahomet désespère déjà de forcer l'aigle dans son aire 3 il a recours alors au fer parricide de deux serviteurs de Scander- Beg , qu'il a gagnés. Mais , quand il apprend que la trahison a été découverte , il se voit réduit, comme Amurath, à abandonner le siège , et il essaie de déguiser sa honte sous les apparences d'un traité de paix.

On dit qu'à la suite de ce traité, Mahomet fit demander au héros albanais son cimeterre , qui avait abattu plus de deux mille Turcs , et qu'on jugeait, par ce motif, être l'arme la mieux trempée qu'il y eût dans le monde. Scander-Beg le lu* envoya. Mais Mahomet n'ayant vu dans ce cimeterre qu'une arme ordinaire , le renvoya bientôt après à Scander-Beg , e^ lui fit dire : « Tu m'as trompé ; ce cimeterre n'est pas celui avec lequel tu fais de si grandes choses. — Je ne t'ai point, trompé, répondit Scander-Beg ; je t'ai envoyé le fer, mais j'ai gardé le bras. »

L'histoire rapporte aussi que Scander-Beg , dans les vingtdeux batailles qu'il livra aux Turcs, et dans lesquelles il fut toujours victorieux, ne reçut qu'une seule blessure, qui fut même fort légère.

Cet homme extraordinaire tomba malade à Lissa , petite ville de ses états, en l'année 1467. ïl s'y était apparemment rendu pour mettre la ville en état de défense; car la guerre avec les Turcs s'était rallumée. Il était alité, quand on vint lui annoncer qu'un corps d'ennemis entourait déjà la place. Il se lève aussitôt , donne ses ordres, fond sur les Turcs qu'il met en pleine déroute, et se remet ensuite au lit pour mourir.

L'on voit aujourd'hui une multitude d'esprits, aussi obstinés qu'impies, qui veulent absolument bannir Dieu du gouvernement des choses humaines. Ces gens-là répètent à chaque instant ce mot attribué, à tort ou à raison, à un grand homme ■ « La victoire est toujours du côté des gros bataillons » . Ils trouvent qu'on les renvoie trop loin quand on les renvoie à la nuit mémorable où l'Ange du Seigneur extermina cent quatrevingt-cinq mille Assyriens dans l'armée de Sennachérib. Qu'ils veuillent bien alors lire au moins l'histoire de Scander-Beg , et qu'ils disent si un homme peut , sans une assistance particulière du ciel , abattre de sa main deux mille têtes sans recevoir une seule blessure grave , et avec quinze ou vingt mille hommes à peine, détruire quatre ou cinq armées de Turcs, dont le chiffre total s'éleva certainement au-dessus de cinq cent mille hommes!!!

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