BATAILLE DE VIENNE
Il est deux lieux où rien ne change. L'un se nomme le ciel; l'autre, l'enfer. Mais sur la terre tout est changeant; les chagrins succèdent aux joies . et les joies aux chagrins , comme la nuit succède au jour , et le jour à la nuit. Une joie qui se prolongerait trop longtemps sans intermittence , engendrerait infailliblement la folie, comme un chagrin persistant , qui n'est tempéré par aucune joie, amène inévitablement la mort.
L'idée du temps est donc synonyme de celle de changement. A peine les laves d'un volcan commencent-elles à se refroidir, que le laboureur songe déjà à y récolter des moissons , et les désastres de la guerre s'oublient avec la même facilité.
Durant les trois quarts de siècle qui précédèrent la paix de Nimègue, les désastres causés par la guerre avaient été grands dans toute l'Europe , mais particulièrement en Allemagne
Depuis Luther, ce dernier pays n'avait jamais joui d'une paix complète. En l'année 1552, les luthériens avaient obtenu, par