PRÉAMBULE
Jusqu'ici on a supposé invariables les appuis de l'arc élastique; s'ils ne le sont pas, les efTorts calculés sont fort modifiés : par exemple,
si les appuis sont eux-mêmes élastiques (sol élastique, hautes culées élastiques, piles flexibles de hauts viaducs) ;
si les culées reculent, si les piles ou les culées s'enfoncent inégalement.
Je ne puis allonger encore cette longue élude ; je me bornerai à renvoyer aux auteurs qui ont traité ces cas.
§ 2. — VOÛTES SUJi PILES ÉLASTIQUES
Les voûtes d'un ouvrage à plusieurs arches sont des arcs élastiques reposant sur des piles élastiques. Dans les calculs usuels, on suppose que chaque arche a ses retombées fixes ; c'est exact sous le poids mort pour des ouvrages en palier à arches égales. Mais une surcharge sur une arche l'abaisse, courbe ses 2 piles, d'autant plus flexibles qu'elles sont plus hautes, relève les arches voisines'.
Le professeur W. Kitter a donné une méthode générale du calcul de l'arc élastique continu sur appuis élastiques, méthode élégante mais d'application fort laborieuse : elle a été exposée par M. Panelli', par M. Lossier*.
M. le professeur Guidi l'applique en limitant la déformation due à une surcharge à l'arche chargée et ses deux voisines*.
La méthode Hitter suppose que sous la surcharge, les sommets des piles s'écartent librement : ce n'est pas exact pour les ouvrages à tympans pleins, lesquels travaillent avec les voûtes*.
1. —- * tes piles en mai^onnerie ne sont pas inébranlables comme le suppose le calcul usuel, mais
< flécliissenl et pivotent en a'écartanl de la Iravée chargée. Ces mouvements ont sur l'équilibre des
• ponts â plusieurs arcties une influence qu'il n'est pas permis de négliger, et telle qu'au pont du IVIanoir,
■ par exemple, un train entrant sur la première arche produit un relèvement sensible de la liuitième. • M. Rabut, Comples-i-eridui de l'Académie des Sciences, t. 159, p. 652. Séance du 9 nooemb.-e 1914.
2. — « Conlributo alla trattazione gi-afica dell'arco conlinao su appoggi elaslici». (Turin tSNJI, chez Clausen).
3. — Génie civil, 3 janvier 1903, p. 153, — Calcul des ponts en maçonnerie. Méthode de M. Rîtter.
15 août 1906. p. 268. -- Calcul des ponts en maçonnerie à plusieurs arches. La méthode Rîtter y est simplJQée par deux hypothèses :
1° Les retombées des voûtes chargées se déplacent horizontalement, comme sous l'eFTet d'un changement de température ;
2° Les extrémités des voûtes adjacentes aux voûtes chargées sont fixes.
i. ~ L'elliase di élasticité nella sciema delU costruzioni (Turin 19M).