‹ Grandeur et décadence de César BirotteauChapitre 12 sur 45 · SD À · texte numérisé non relu

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faculté d'y être que jusqu’à une heure. Adieu. Je vais précisément lire les minutes que Xandrot a dû me dégrossir pendant cette nuit.

— Eh bien, c’est fait, vous avez ma parole, dit Birotteau en courant après le notaire et lui frappant dans k, main. Prenez les cent mille francs qui devaient servir à la dot de ma fille.

— Bien, dit Roguin en s'éloignant. |

Pendant l'instant que Birotteau mit à revenir auprès du petit Popinot, il éprouva dans ses entrailles une chaleur violente, son diaphragme se contracta, ses oreilles tintèrent.

— Qu'avez-vous, monsieur? demanda le commis en voyant le visage pâle de son maître.

— Ah! mon garçon, je viens de conclure far un seul mot une grande affaire, personne n’est maître de ses émotions en pareil cas. D’ailleurs, tu n’y es pas étranger. Aussi t’ai-je amené ici pour y causer plus à l’aise, personne ne nous écoutera. Ta tante est gênée; à quoi donc a-t-elle perdu son argent? dis-le-moi.

— Monsieur, mon oncle et ma tante avaient ie fonds chez M. de Nucingen, ils ont été forcés de prendre en remboursement des actions dans les mines de Worstchin,

qui ne donnent pas encore de dividendes, et il est difficile

à leur âge de vivre. d'espérance.

— Mais avec quoi. vivent-ils? |

— ]ls m'ont fait le plaisir d'accepter mes appointements,

— Bien, bien, Anselme, dit le parfumeur en laissant voir une larme qui roula dans ses yeux, tu es digne de l'attachement que je te porte. Aussi vas-tu recevoir

une haute récompense de ton application à mes affaires.

-En disant ces paroies, le négociant grandissait autant à ses propres yeux qu'à ceux de Popinot; il y mit cette bourgeoise et naïve emphase, expression de sa supériorité postiche.

.— Quoi! vous auriez deviné ma passion pour ?.…

— Pour qui? dit le parfumeur.

— Pour mademoiselle Césarine.

— Ah! garçon, tu es bien hardi, s’écria Birotteau. Mais garde bien ton secret, je te promets de l’oublier, et tu sortiras de chez moi demain. Je ne t’en veux pas; à ta place, diable! diable! j'en aurais fait tout autant. Elle est si belle! | |

— Ah! monsieur! dit le commis, qui sentait sa chemise mouillée tant il tressuait.

— Mon garçon, cette affaire n’est pas l'affaire d’un jour : Césarine est sa maîtresse, et sa mère a ses idées. Ainsi rentre en toi-même, essuie tes yeux, tiens ton cœur en bride, et n’en parlons jamais. Je ne rougirais pas de t’avoir pour gendre : neveu de M. Popinot, juge au tribunal de première instance; neveu des Ragon, tu as le droit de faire ton chamin tout comme un autre; mais il y a des mais, des car, des si! Quel diable de chien me lâchestu là dans une conversation d’affaires ! Tiens, assieds-toi sur cette chaise, et que l’amoureux fasse place au commis. Popinot, es-tu homme de cœur? dit-il en regardant son commis. Te sens-tu le courage de lutter avec plus fort que toi, de te battre corps à corps? sl — Oui, monsieur.

— De soutenir un combat long, dangereux?

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