‹ Grandeur et décadence de César BirotteauChapitre 4 sur 45 · RENE S ’ EX · texte numérisé non relu

RENE S ’ EX

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” rentes sont à soixante et douze francs, achète des rentes, tu auras. dix, mille livres de revenu, sans que ce placement nuise à nos affaires. Profite de ce revirement pour marier notre fille, vends notre fonds et allons dans ton pays. Comment! pendant quinze.ans, tu n’as parlé - que d’acheter les Trésorières, ce joli. petit bien près de Chinon, où il y a des eaux, des prés, des bois, des vignes, des métairies, qui rapporte mille écus, dont l'habitation nous plaît à tous deux, que nous pouvons avoir encore pour soixante mille francs, et monsieur veut aujourd’hui devenir quelque chose dans le gouvernement ? Souvienstoi donc de ce:que nous sommes, des parfumeurs. Il y a seize ans, avant que tu eusses inventé la double pâte des sulianes et l’eau carminative, si l’on était venu ie dire : « Vous allez avoir l’argent nécessaire pour acheter les ; Trésorières, ».ne te serais-tu pas: trouvé mal de joie? Eh bien, tu peux acquérir cette propriété, dont. iu avais tant 1 envie, que tu n’ouvrais la bouche que de ça; maintenant, tu pales de dépenser en bétises, un: argent gagné à la

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À se assise dans Ge comptoir: par tous les temps. comme un pauvre chien dans sa riche. Ne vaut-il pas mieux . un: pied-à-terre chez ta fille, devenue la femme d un notaire de Paris, et vivre huit mois de l’année à | Chinon, que de commencer. ici à faire de Cinq SOUS SX | blancs, et de six blanes rien? Attends la hausse des fonds : publics, tu donneras huit mille livres de rente à ta fille, ! nous en “garderons deux mille pour nous, le produit de notre fonds nous permettra d’avoir les Trésorières.

Là, dans ton pays, mon bon petit chat, en emportant

sueur de notre front, je peux dire le-nôtre, j'ai toujours

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notre mobilier, qui vaut gros, nous serons comme des princes, tandis qu'ici, faut au moins un million pour faire figure.

— Voilà où je t’attendais, ma femme, dit César Birotteau. Je ne suis pas assez bête encore (quoique tu me croies bien bête, toi!) pour ne pas avoir pensé à tout.

Écoute-moi bien. Alexandre Crottat nous va comme un

gant pour gendre, et il aura l'étude de Roguin; mais croistu qu’il se contente de cent mille francs de dot (une supposition que nous donnions tout notre avoir liquide pour établir notre fille, et c’est mon avis; j'aimerais mieux r’avoir que du pain sec pour le reste de mes jours, et la

voir heureuse comme une reine, enfin la femme d’un

| notaire de Paris, comme tu dis)? Eh bien, cent mille francs ou même huit mille livres de rente ne sont rien pour acheter l'étude à Roguin. Ce petit Xandrot, comme nous l’appelons, nous croit, ainsi que tout le monde, bien plus riches que nous ne le sommes. Si son père, ce gros fermier qui est avare comme un colimaçon, ne vend pas pour cent mille francs de terres, Xandrot ne sera pas notaire, car l'étude à Roguin vaut quatre ou cinq cent mille francs. Si Crottat n’en donne pas moitié comptant, comment se tirerait-il d’affaire ? Césarine doit avoir deux cent mille francs de dot; et je veux nous retirer bons bourgeois de Paris avec quinze mille livres de rente. Hein! si je te faisais voir cela clair comme le jour, n’aurais-tu pas la margoulette fermée?

— Ah! si tu as le Pérou.

— Oui, j'ai, ma biche. Oui, dit-il en prenant sa femme par la taille et la frappant à petits coups, ému par une

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