COPA CENT SE
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» les cosmétiques analogues et.séduisaient les ignorants par la distinction établie entre les tempéraments : les cinq . cents. parfumeurs de France, alléchés par le gain, ache-
tèrent annuellement chez Birotteau chacun plus de: trois » cents grosses de pâte et d’eau, consommation qui lui pro- | duisit des bénéfices-restreints quant à l’article, énormes 1 par la quantité. César put alors acheter les bicoques et » les terrains du faubourg du Temple, il. y bâtit de vastes ” fabriques et décora magnifiquement son magasin de la à Reine des roses. Son ménage éprouva les petits bonheurs - de l’aisance, et.sa femme ne-trembla plus autant.
. En 1810, madame César. prévit une: hausse: dans les » loyers, elle poussa son mari à:se-faire principal locataire de la maison où ils occupaient la boutique:et l’entre-sol, et à. mettre leur appartement au premier étage. Une cirà constance -heureuse décida: Constance à fermer les yeux sur les folies que Birotteau fit pour elle dans son appar- - tement. Le parfumeur venait d’être élu juge au tribunal de commerce. Sa probité, sa déiicatesse connue et la con-. . sidération dont il jouissait lui valurent cette dignité, qui le classa désormais parmi les notables commerçants de Paris, Pour augmenter, ses connaissances, il se leva dès cinq heures du matin, lut les répertoires de jurisprudence et les livres. qui traitaient des litiges commerciaux. Son sentiment du-juste, sa rectitude, son bon vouloir, qualités essentielles dans l'appréciation des difficultés soumises aux sentences: consulaires, le rendirent un des juges les plus . estimés. Ses: défauts :contribuèrent également à sa réputation. En sentant son'infériorité, César subordonnaïit vo-. lontiersses lumières à celles de ses collègues, flattés d’être.
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| si curieusement écoutés par lui : les uns recherchèrent la
| silencieuse approbation d’un homme censé profond, en sa
| qualité d’écouteur; les autres, enchantés de sa modestie
| et de sa douceur, le vantèrent. Les justiciables louèrent
* sa bienveillance, son esprit conciliateur, et il fut souvent pris pour arbitre en des contestations où son bon sens lui suggérait une justice de cadi. Pendant tout le temps que durèrent ses fonctions, il sut se composer un langage farci
de lieux communs, semé d'axiomes et de calculs traduits en phrases arrondies qui, doucement débitées, sonnaïient Laux oreilles des gens superficiels comme de l’éloquence.
Il plut ainsi à cette majorité naturellement médiocre, à perpétuité condamnée aux travaux, aux vues du terre-àterre. César perdit tant de temps au tribunal, que sa femme le contraignit à refuser désormais ce coûteux honneur. Vers 1813, grâce à sa constante union et après avoir vulgairement cheminé dans la vie, ce ménage vit commencer une ère de prospérité que rien ne semblait devoir interrompre. M. et madame Ragon, leurs prédécesseurs; leur oncle Pillerault, Roguin le notaire, les Matifat, droguistes de la rue des Lombards, fournisseurs de a Reine
des roses ; Joseph Lebas, marchand drapier, successeur des à Guillaume, au Chat qui pelote, une des lumières de la rue | Saint-Denis; le juge Popinot, frère de madame Ragon; Chiffreville, de la maison Protez et Chiffreville; M. et
madame Cochin, employés au Trésor et commanditaires des Matifat; l’abbé Loraux, confesseur et directeur des gens pieux de cette coterie, et quelques autres personnes, composaient le cercle de leurs amis. Malgré les sentiments royalistes de Birotteau, l'opinion publique était alors en
… sa faveur, il passait pour être très-riche, quoiqu'il ne pos- Le encore que cent mille francs en dehors de son com- “merce. La régularité de ses affaires, son exactitude, son habitude de ne rien devoir, de ne jamais escompter son d papier et de prendre au contraire des valeurs sûres à È ceux auxquels il pouvait être utile, son obligeance, lui « méritaient un crédit énorme. Il avait, d’ailleurs, réelle- Ft ment gagné beaucoup d’argent; mais ses constructions et “ses fabriques en avaient beaucoup absorbé. Puis sa maison : Jui coûtait près de vingt mille francs par an. Enfin l’édu- « cation de Césarine, fille unique idolätrée par Constance Jautant que par lui, nécessitait de fortes dépenses. Ni le - mari ni la femme ne regardaient à l’argent quand il s’agis- - sait de faire plaisir à leur fille, dont ils n’avaient pas voulu - se séparer. Imaginez les jouissances du pauvre paysan par- * venu, quand il entendait sa charmante Césarine répétant au piano une sonate de Steibelt ou chantant une romance; quand il lui voyait écrire correctement la langue française, - quand il l’admirait lui lisant Racine père et fils, lui en expliquant les beautés, dessinant un paysage ou faisant « une sépia! Quel bonheur pour lui que de revivre dans une * fleur si belle, si pure, qui n’avait pas encore quitté la tige “ maternelle, un ange enfin dont les grâces naissantes, dont . les premiers développements avaient été passionnément . suivis! une fille unique, incapable de mépriser son père “ ou de se moquer de son défaut d'instruction, tant elle k était vraiment jeune fille. En venant à Paris, César savait
… lire, écrire et compter, mais son instruction en était restée = ]à, sa vie laborieuse l'avait empêché d'acquérir des idées -et des connaissances étrangères au commerce de la par-
fumerie. Mêlé constamment à des gens à qui les sciences, les lettres étaient indifférentes, et. dont l'instruction n’em-
brassait que des spécialités; n’ayant pas de temps pour.se livrer à des:études élevées, le parfumeur devint un homme. pratique. Il épousa forcément.le langage, les erreurs, les : opinions du bourgeois de.Paris, qui admire Molière, Vol-. taire et Rousseau. sur parole, qui-achète leurs œuvres sans | les lire; qui soutient que l’on doit dire ormoire, parce que . les femmes serraient dans ces. meubles leur or et. leurs. robes autrefois presque toujours en moire, et que l’on a dit, par corruption armoire. Potier, Talma, mademoiselle | Mars, étaient dix fois millionnaires et ne vivaient pas. comme les autres humains : le grand tragédien mangeait. de Ja.chair*erue, mademoiselle Mars faisait parfois fricas- | ser des perles, pourimiter une célèbre actrice égyptienne.
L'empereur avait à ses gilets des poches en cuir pour pou-
voir prendre son tabac par poignées, il montait à cheval au grand galop l'escalier de. l’orangerie de Versailles. Les : écrivains, les artistes mouraient à l’hôpital par suite de leurs originalités ; ils étaient d’ailleurs tous athées, il fal- . lait bien se: garder’ de les recevoir chez soi. Joseph Lebas | citait avec effroi l’histoire du mariage de sa belle-sœur Augustine avec le peintre Sommervieux. Les astronomes vivaient: d'araignées. Ces points lumineux de leurs connaissances en langue française, en art dramatique, en . politique, en:litiérature, en'science, expliquent la portée à de ces intelligences bourgeoises. Un poëte qui passe rue , dés-Lombards peut, en:y sentant quelques parfums, rêver : l'Asie. . Il admire. des danseuses. dans. une. chauderie. en ! respirant duivétyver, Frappé-par l’éclat.de, la cochenille, il |
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