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ordinaire des édiles, fit de grands ravages. Les habitants de Rome attribuèrent cet incendie à un ténébreux complot de débiteurs, qui auraient voulu de cette façon être exemptés de payer leurs dettes (1) ; mais ce malheur poussa Auguste à s'occuper enfin sérieusement de réorganiser l'administration de Rome, en faisant un nouvel accroc à la constitution aristocratique. Puisque en vingt ans l'aristocratie n'avait pas même appris à éteindre les incendies et à paver les rues de Rome, il fallait se résoudre à chercher en dehors de ses rangs des hommes de bonne volonté. Auguste cependant ne voulut pas s'écarter du principe de lélection, inséparable de toute la constitution républicaine, ni non plus créer une institution absolument nouvelle. Dans beaucoup de quartiers, depuis quelque temps déjà, le peuple, — citoyens et étrangers, hommes libres et affranchis, — choisissait des personnes que l'on chargeait de préparer les jeux compilées et les autres fêtes, religieuses ou non, du quartier (2). Auguste eut l'idée de trans lormer en une
(1) Dion, LV, 8 : c'est une explication bien étrange, car on ne voit pas comment des débiteurs auraient pu espérer payer leurs dettes en brûlant ce qu'ils possédaient, à une époque où les compagnies d'assurance n'existaient pas encore Quoi qu'il en soil, cet incident a une certaine importance, car il y a là comme un petit précédent du fameux incendie qui fut attribué à Néron. Cet incident nous montre que déjà, en l'an 7 avant Jésus-Christ, le peuple était porté à attribuer à de ténébreux desseins les grands incendies si fréquents à Rome.
(2) Voy. C. I. L., VI, 1324 : dans cette inscription antérieure à l'an 23 avant Jésus-Christ, il est déjà question des magiilri vici. Il faut peut-être aussi voir dans Asconius, in Piton., p. 6, edit, Kiessiinfi-Schœli, une autre preuve que les magistri vici existaient avant cette réforme d'Auguste. Il est si rarement question d'eux avant cette réforme d'Augu.'sti\ qu'on peut en conclure qu'ils n'avaient pa.s un caiactere otïlciel, et que leurs ioriclions consislaient surtout à organiser les fêtes des quartiers.
magistrature unique et permanente pour Rome tout entière, et avec des pouvoirs plus vastes et plus pre'cis, ces charges qui jusqu'alors étaient prive'es et partage'es entre plusieurs citoyens. Il proposa donc une loi qui divisait Rome en quatorze régions, à la tète de chacune desquelles serait placé tous les ans ou un préteur, ou un édile ou un tribun tiré au sort (1); chacune de ces régions serait partagée à son tour en un certain nombre de vici ou quartiers — à l'époque de Pline, il y en avait 265 (2); dans chaque vicus tout le peuple — citoyens et étrangers, hommes libres et affranchis — élirait un magister, un chef du quartier, qui ne serait pas seulement chargé de présider au culte des Lares du quartier et de préparer les fêtes, mais qui aurait encore à veiller à la police des rues, à l'extinction des incendies, en employant les esclaves publics placés jusque-là sous les ordres des édiles (3). Dans presque tous les quartiers le choix tomberait sur des affranchis, sur des étrangers, sur des plébéiens ayant de la fortune et de la considération ; et pour
(1) Suétone, Aug., 30 : Spatium urbis in regiones vicosque diiisit... Ce passage a trait lui aussi à la réforme de l'administration dont parle Dion (LV, 8). Nous en avons la preuve dans le détail commun des quatorze régions réparties tous les ans par le sort, ainsi que le dit Suétone, entre les annui magistratus, c'est-à-dire entre les édiles, les préleurs et les tribuns, comme nous le rapporte Dion avec plus de précision. En outre ce que nous dit Dion, du droit des o-TevwTcapxoi de portier la toga praelexta, est attribuée par Tite-Live (XXXIV, vu, 2) aux magisiri vicorum. Les G7tv(mixpyoi de Dion sont donc les magistri vicorum de Suétone. Comme à l'ordinaire, les deux historiens nous donnent chacun des détails particuliers ; c'est en combinant les deux textes que l'on arrive à définir assez bien les attributions des nouveaux magistrats.
(2) Pline, Hist. nat., III, 66; — C. /. L., VI, 975, où l'on trouve de nombreux noms de ces vici.
(3) Dion, LV, 8.
stimuler leur zèle, pour les payer de leurs peines, puisque, selon le principe républicain, ils ne devaient pas recevoir d'argent, la loi leur accordait le droit de porter dans certaines occasions la robe prétexte et de se faire précéder de deux licteurs (1). Ce n'étaient en réalité que des distinctions officielles très modestes, mais qui ne pouvaient manquer de flatter l'amourpropre de tant de personnalités très obscures. C'est ainsi qu'auprès des chapelles des Lares s'organisait le service de la voirie et celui des pompiers; on tâchait d'enserrer la nouvelle administration métropolitaine dans l'antique tradition religieuse ; on tâchait d'amener les plus actifs et les plus intelligents des plébéiens et des affranchis à servir gratuitement le public, en les récompensant par des distinctions et en créant une espèce de petite noblesse populaire dans l'immense et grouillante fourmilière de la métropole.
Auguste aurait pu compter cette année parmi les plus tranquilles et les plus heureuses de sa vie — et il n'en eut guère de tranquilles ni d'heureuses, — si la discorde entre Julie et Tibère ne se fût envenimée et n'eût pris les proportions inquiétantes d'une querelle politique entre le parti de la jeune noblesse et le vieux parti traditionaliste. Tibère ne pouvait guère ignorer que Julie le trompait; tout au moins il avait certainement des soupçons à ce sujet. Or, il était parmi les plus intransigeants de ce parti traditionaliste et puritain, qui avait obhgé Auguste à proposer les grandes lois de l'an 18, qui en réclamait instamment l'application implacable, qui se lamentait sans cesse sur le désordre toléré par les grands dans leurs familles. Pouvait-il, lui, le puritain, le conservateur, le tradi-
(1) Dion, LV, 8; Tite-Live, XXXiV, vu, 2.
tionaliste, garder chez lui une épouse soupçonnée d'adultère, alors que la lex de adulteriis l'obligeait à la dénoncer ou à la répudier (1)? C'était à lui à donner l'exemple de ce courage romain, qu'il avait jusque-là exigé si durement des autres. Mais Julie était la fille, et la fille chérie d'Auguste, de l'homme à qui il devait, si jeune encore, tant d'honneurs et de gloire. Il ne pouvait pas accuser ou chasser Julie comme s'il s'était agi d'une matrone quelconque : un tel scandale dans la maison d'Auguste aurait eu les plus graves répercussions politiques. Tibère, si résolu, si inflexible d'ordinaire, hésitait donc. Mais Julie, qui connaissait son mari, pouvait craindre que son titre de fille d'Auguste ne fût pas suffisant pour la défendre longtemps contre l'orgueil, le puritanisme, l'esprit autoritaire d'un Claude; elle comprit que pour se défendre, le mieux pour elle était d'attaquer Tibère, sa puissance politique, sa situation dans l'État, et elle se joignit à ses ennemis qui étaient déjà si nombreux dans la jeune noblesse. Le moment était opportun pour bien des raisons. Auguste allait avoir soixante ans; la vieillesse approchait; il avait toujours été de santé délicate; il ne se soutenait, tout le monde le savait, que grâce à des soins continus et à un régime rigoureux.
(1) Tout cela se comprend dans la phrase brève de Scétone {Tibère, 10) : dubium, uxorisne taedio, quam neque criminari aut dimittere auderet, neque ultra perferre posset. Si Ti ère n'osait pas criminari Julie, cela veut dire qu'il la soupçonnait d'une faute, et cette faute ne peut être qu'un adultère, ce qui s'accorde du reste avec ce que dit Tacite des relations de Julie et de Sempronius Gracchus. Tibère se trouvait dans l'alternative ou de désobéir à la lex Julia qui l'obligeait à punir l'épouse adultère, ou de provoquer un des plus grands scandales qui se fussent jamais vus à Rome, et qui aurait été en môme temps un scandale politique. C'est pour cela qu'il n'osait pas l'accuser.
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On se demandait s'il n'irait pas bientôt rejoindre Me'cène et Agrippa; et on était amené ainsi à se poser avec plus de préoccupation la question de savoir qui lui succéderait dans ses fonctions de président de la république. La réponse était toujours la même : ce serait Tibère, sans aucun doute, si l'on n'arrivait pas à rendre son avènement impossible, en attisant contre lui les baines latentes dans le peuple, en profitant de tous ses défauts, de son manque de souplesse, pour lui créer des difficultés. Une coterie dé jeunes gens, ennemis de Tibère, se forma donc autour de Julie : parmi eux étaient Marcus Lollius, Gaïus Sempronius Graccbus, Appius Glaudius, Julius Antonius, Quintius Crispinus et un Scipion. Enhardis par cette précieuse alliée qu'ils avaient trouvée dans la maison d'Auguste, ils commencèrent, d'accord avec Julie, et aidés par elle, une campagne acharnée de calomnies contre Tibère (i).. Au début, Tibère, orgueilleux et inflexible, ne daigna même pas tourner la tête. Mais au commencement de l'an 6, ses ennemis, profitant de ce que Julie était disposée à les appuyer auprès d'Auguste, fiient une tentative plus audacieuse : ils essayèrent d'opposer à Tibère Caïus César, le fils
(1) Tacite, Ann., I, 53 : traditam Tiberio, jjervicax adulter (Sempronius Gra-.chus) contumacia et odiis in marilum accendehat, litleraeque, quas J ni ui patri Augusto cuminsectaiione Tiberii $crii)sit, a 'iraccho composilae credebantur. Les noms des amis de Julie tpie nous donnons comme ayant formé le noyau du parti (.pjiosi' à Tibère sont lires pour la plupart, de Velléius Patrrcllus (Î\, c. 4) (|iii mentionne lulus Anionius, Quintius Crispinus. Appius Glaudius, 6empronius Gracchus et Scipion panni le- (-omplite- de Julie condamnés en mên)e temps qu'elle; aux JOUI s heureux ils avaient du être parmi ses amis les plus inLimes. I. - pisode raconté P'>r Suktonk (Tihere, \t) et dont nous pail.rt.ns pins loin, prouve que xMarcu.^ Lollius était au nombic «!»'> ennemis de Tibère.
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d'Agrippa et de Julie, qu'Auguste avait adopté et qui avait alors quatorze ans, de le désigner déjà comme devant recueillir la succession d'Auguste, et de préparer ainsi un rival à Tibère. Ils proposèrent une loi d'après laquelle on pourrait, dès cette année-là, le nommer consul pour Tan 754 de Rome, année où Gaïus aurait ses vingt ans. Cette étonnante proposition couronnait ainsi par une anomalie monstrueuse les longs efforts que toute une génération avait faits pour rétablir la vieille constitution aristocratique. Eûton jamais pensé que Ion pourrait un jour à Rome élire comme consul un enfant de quatorze ans? Une folie si ridicule ne pouvait que provoquer les rires d'hommes tels que Tibèie. Mais Julie et ses amis comptaient évidemment sur la crainte partout répandue qu'au gouvernement d'Auguste succédât un gouvernement encore plus sévère; plus avare et plus conservateur; sur les rancunes de tous ceux: qui avaient eu beaucoup à souffrir des lois sociales de l'an 18; sur l'inquiétude où étaient les familles sans enfants qu'une loi vint les punir de leur stérilité; sur le désir enfin d'un gouvernement plus fastueux, plus généreux, plus libéral. Caïus César qui, malgré le.s leçons de Verrius Flaccus, prenait les goûts de la nouvelle génération plus que ceux de Tancienne, pouvait symboliser ces aspirations multiples. D'ailleurs, Auguste n'avait-il pas été consul à vingt ans (1)? Pourquoi le même pri-
(1) ScKTONE (Anguste, «4) semble dire qu'Auguste prit l'initiative de (•( tie loi il'eAception en faveur de Caïus, comme de celles qui furent fait» s en lavcurde Marcellus, de Tibère et de Drusus. Mais Dion Cassils (lV. 9) nous raconte les choses d'uno façon très diiiérenle < l btancuf) plus vraisemblable. 11 nous dit qu'Auguste s'opposa d'abord énergiquemf-nt à la proposition, et que l'on ìum.-ìm lieaucoup (ÌTrei^T^ re /.ai wç èvî'xeivTo oî). Puisqu'il s y opposa, il faui ci'oue que la proposition ne venait pas
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vilège ne pourrait-il être accordé à son fils? On appellerait donc de bonne heure l'attention du peuple sur ce jeune homme; il serait lui-même bien disposé en faveur de ceux qui lui auraient fait obtenir à l'avance un si grand honneur; et ainsi toutes les espérances de ceux qui redoutaient que l'empire ne fût bientôt gouverné par Tibère, iraient à ce jeune homme dont le nom seul était déjà sympathique, et que le peuple à plusieurs reprises avait applaudi. C'était un Jules que l'on opposerait à ce Claude dur, orgueilleux, impopulaire comme tous ceux de sa famille, et l'àme du peuple serait bientôt fascinée par la splendeur éblouissante de ce grand nom.
Et de fait on vit réussir inopinément cette tentative qui devait paraître insensée aux vrais Romains. Les amis de Julie commencèrent par faire connaître leur proposition au peuple et au sénat, en la présentant
de lui; cela du reste est vraisemblable, car on ne voit guère pour quelles raisons Auguste aurait fait accorder ce privilège qui, à la différence des privilèges accordés à Marcellus, à Drusus et à Tibère, n'avait rien pour le justifier; cela en outre s'accorde si mal avec toute la politique d'Auguste que pour cette raison seule, et même sans le texte de Dion, nous ne voudrions pas ajouter foi aux affirmations, d'ailleurs peu claires, de Suétone. Nous avons d'autre part deux raisons principales de croire que la proposition de faire Caïus consul était une intrigue dirigée contre Tibère : 1° on ne peut pas douter, en effet, que la nomination de Caïus ait été une des raisons pour lesquelles Tibère quitta Rome et se rendit à Rhodes (Voy. Dion, LV, 9; Suétone, Tibère, 10) ; il fallait donc qu'il se trouvât de ce fait très offensé; 2" comme nous l'apprend Dion (LV, 9), quand Auguste cessa de s'opposer à la loi de privilège contre Caïus, il s'empressa de donner une belle compensation à Tibère, en faisant de lui son collègue à la place occupée jadis par Agrippa. Puisque Auguste offrait des compensations à Tibère, cela veut dire que celui-ci avait à souffrir de la nomination de Caïus. Ces deux considérations m'ont amené à l'hypothèse que j'ai admise et qui me parait bien éclairer cet épisode si obscur de l'histoire romaine, et même la catastrophe de Julie.
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bien entendu non pas comme un affront que l'on voulait faire à Tibère, mais comme un hommage que Ton voulait rendre à Auguste : le peuple et le se'nat, toujours prôts à témoigner de leur dévouement pour le président et de leur admiration pour le nom de César, trouvèrent la proposition merveilleuse; tous ceux qui se défiaient de Tibère — et leur nombre était grand — l'appuyèrent chaudement; Julie plaida la cause de son fils auprès de son père. Une seule personne s'opposa d'abord à ce projet insensé, et ce fut Auguste lui-même. Il est facile de comprendre pourquoi. Les privilèges qu'il avait fait accorder à Marcellus, à Drusus, à Tibère, moins importants du reste que ceux que l'on demandait pour Gaïus. avaient tous été justifiés par une raison d'État et par des services déjà rendus; mais pouvait-on créer consul un jeune homme dont on ne pouvait même pas affirmer à l'avance qu'il deviendrait uu homme sérieux? Cette proposition absurde, due aux machinations secrètes d'une petite coterie, bouleversait toute la constitution de la république; elle rendait inutiles toutes les peines que Ton avait prises depuis vingt ans pour la restaurer; c'était une offense mortelle pour Tibère qui, indigné, demandait à Auguste d'opposer toute son autorité à ses ennemis. Ainsi, tandis qu'il combattait sur le Rhin, cette jeunesse désœuvrée, qui perdait son temps à fréquenter les théâtres et à lire Ovide, voulait lui opposer, à lui qui avait déjà accompli tant de choses, un enfant de quatorze ans, et lui dérober sournoisement le fruit de tant de fatigues ! Non, Auguste ne pouvait tolérer qu'on lui fît une injure aussi grave, et que l'on ourdît des intrigues aussi funestes à l'État. Et en effet Auguste protesta d'abord avec force; dans un discours violent qu'il prononça au sénat, il dit que c'étaient là des folies, et qu'il fallait, pour être consul,
avoir au moins atteint l'âge de raison (1). Mais on insista; le peuple, avec sa sottise ordinaire, tenait à avoir son consul enfant; le parti opposé à Tibère, et qui était fort au sénat, ne resta pas inactif; le peuple, qui aimait tant le nom de César et si peu celui des Glandes, qui avait tant de sympathie pour Gaïus et tant d'aversion pour Tibère, favorisait ardemment le projet; Julie, comme on l'imagine, intriguait pour hâter cette vengeance. Tibère resta impassible, comme à l'ordinaire. Auguste dut céder et permettre qu'aux comices de l'an 6, Gaïus Gésar fût élu consul cinq ans à l'avance. Mais comme il se rendait compte qu'il y avait eu là toute une cabale dirigée contre Tibère, il se hâta de lui donner une compensation : il lui fit attribuer pour cinq ans la puissance tribunitienne, ce qui était faire de lui son collègue comme l'avait été Agrippa, et il l'envoya en Arménie où, à la mort de Tigrane, une révolte avait éclaté (2).
Mais Tibère était un Glande, un aristocrate, un homme tout d'une pièce. Il n'avait ni la souplesse, ni la patience, ni le scepticisme du petit-fils de l'usurier de Velletri. Après avoir supporté pendant quelque temps, en silence, les aflronts que lui faisaient ses ennemis, il perdit patience quand Auguste, cédant sans doute aux sollicitations de Julie et de son parti, lui fit à son tour cet affront. Ne voulant pas entrer en lutte avec des ennemis aussi indignes, ne pouvant plus vivre avec une femme soupçonnée d'adultère, ne voulant pas être pris, — lui, le plus rigide des traditionalistes — pour un de ces maris indulgents menacés de peines si graves et de tant d'infamie par la lex de adulteriis, ne pouvant
(2) ibul.
plus se fier à Auguste qui avec son opportunisme ordinaire ne semblait plus vouloir le soutenir énergiquement contre ses ennemis, irrité et écœuré, il s'en alla. Il ne voulut ni récriminer, ni tenter d'arranger les choses, mais il refusa avec dédain la compensation que lui offrait Auguste. Au lieu d'aller en Arménie, il se rendit auprès de son beau-père, lui déclara qu'il était fatigué, et lui demanda la permission de rentrer dans la vie privée et de se retirer dans la petite et glorieuse république de l'île de Rhodes. Il savait quii était le seul général capable de diriger la politique germanique; et il comptait que, ne pouvant se passer de lui, on viendrait bientôt le supplier de rentrer. Il poserait alors ses conditions.