‹ Grandeur et décadence de RomeChapitre 6 sur 40 · C. /. G., MIS · texte numérisé non relu

C. /. G., MIS

(5) /. G. /., Il, 58, B.

la supériorité des dieux > ; elle semblé trouver que la divinisation ne suffit pas; elle promet solennellement de ne négliger aucun moyen de faire Auguste encore plus divin, si l'occasion s'en présente (1). Une autre inscription, malheureusement mutilée, contient le décret qui règle le culte d'Auguste, nous ne savons dans quelle ville, et décide que des tables sur lesquelles on gravera le décret seront placées non seulement dans le temple de Pergame, mais dans beaucoup de villes de l'empire. On a pu déchiffrer le nom de plusieurs d'entre elles : Actium^ Brindes, Tarragone, Marseille, Antioche de Syrie (2). U ne suffisait pas aux villes d'Asie d'adorer le président de la république latine; elles voulaient aussi faire connaître partout leur dévotion, comme pour engager les autres peuples à sanctifier de la même façon leurs propres chaînes, en changeant leur servitude en religion.

Le politicien sceptique de la république décadente, le neveu de l'usurier de Velletri avait été élevé au rang de Zeus, d'Ares, de Héra, et cela dans cette Asie Mineure, Eldorado plein de dangers, où Rome avait trouvé des trésors et des désastres d'une incomparable grandeur, qu'elle avait acquis sans coup férir et qu'elle n'avait pu conserver qu'en répandant des flots de sang. Bien qu'il soit vraisemblable que, cet hiver-là, Auguste fut surtout préoccupé des affaires des Parthes et de l'expédition d'Arménie, qui devait être achevée au printemps^ il n'est guère possible cependant qu'il n'ait pas cherché à voir ce que les peuples d'Orient lui demandaient en échange de ce culte et de ces temples. Ce culte était une nouveauté singulière. Même aux

Page 1