II
tention de faire Dumnorix roi des Éduens (1). Il songea aussi, en appliquant le principe divide et impera^ à aider les Éduens et les Rèmes à avoir la suprématie dont leurs rivaux, tels que les Sénones, les Séquanes et les Arvernes. étaient déchus (2). Il espérait consolider ainsi la puissance romaine en Gaule (3).
Quels que dussent être les effets lointains de cette politique, les choses, pour le moment, allaient bien en Gaule et dans la métropole. Crassus et Pompée avaient réussi à faire différer les élections jusqu'à l'année 55. et à faire nommer un interrex qui leur était dévoué. Cependant Lucius Domitius Ahénobarbus, poussé par Caton, ne retira pas sa candidature: et le matin du vote, à l'aube, il partit de chez lui escorté par des esclaves et des clients, pour aller solliciter les votes. Mais soudain, au détour d'une route, il fut assailli par une bande; l'esclave qui précédait avec une torche fut tué; beaucoup d'autres de sa suite furent blessés. Épouvanté, Domitius s'enfuit (4). César avait envoyé en congé pour voter beaucoup de soldats conduits par Publius Crassus; Crassus et Pompée furent élus sans difficulté, et leur soin le plus pressé fut de mettre à exécution les conventions arrêtées à Lucques. Un tribun du peuple, Caïus Trébonius, fils d'un homme d'affaires (5) très riche, et rallié depuis peu au parti de César, fit, malgré les tumultes déchaînés par les