‹ Grandeur et décadences de Rome; (volume 4)Chapitre 37 sur 55 · II · texte numérisé non relu

II

César voulait dominer sa patrie comme un tyran, ou lui redonner sa liberté. Malheureusement, l'aile gauche des césariens avait aussitôt profité de la victoire pour proposer de nouveaux honneurs qui avaient été aussitôt approuvés. César porterait le titre d'imperator, comme un prénom héréditaire; il serait consul pour dix ans; il aurait aussi le droit de proposer les candidats pour l'édilité et pour le tribunat (1). En même temps, Balbus et Oppius, pour faire plaisir à César et pour impressionner le public, invitaient tous les personnages influents de Rome à aller à sa rencontre, pour lui faire honneur et le ramener en grande pompe à Rome. Il était donc évident, au moins si ses partisans ne dépassaient pas ses intentions, que César visait au pouvoir suprême et absolu. On discutait, on doutait, on espérait, en attendant avec impatience l'arrivée de César, qui au contraire fut long à revenir. Il s'attarda d'abord en Espagne où il s'occupa de faire des colonies romaines de différentes villes telles qu'Ipsali (2), Carthagène (3), Tarragone (4) en confisquant une partie de leur territoire et en leur donnant un certain nombre de ses soldats qu'il congédia. 11 s'attarda ensuite dans la Narbonnaise, où il laissa un de ses amis, qui lui avait rendu de grands services pendant la guerre d'Alexandrie, Caïus Claudius Néron, en ie chargeant de distribuer des terres aux vétérans de la dixième légion autour de Narbonne, et à ceux de la sixième dans le territoire d'Arles (5). Cepen-

(1) Dion, XLIII, xliv-xlv.

(2) Isidore, XV, i, 71;Strabon, III, ii, 1. Sur la correction probable de ce texte de Strabon, voy. C. I. L., II, p. 152.

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