‹ Grandeur et décadences de Rome; (volume 5)Chapitre 9 sur 13 · ZOSIME, II · texte numérisé non relu

ZOSIME, II

(2) Voy. Ephem. Epigr., 8-280 : Ada ludorum saecul. Septimor, V. 20.

(3) L'oracle nous a été conservé par Zosime (II, 6). Que cet oracle se rapporte à l'époque de l'agitation des Gracques et que par suite il nous montre que les jeux durent être célébrés vers l'an 126, c'est ce que Mommse.v, Ephem. Epigr., Vili, 235, a

que par conséquent un autre siècle de cent dix ans e'tait sur le point de finir, et que l'on pouvait célébrer les jeux la première année de la double présidence (1). Ainsi, puisque les cinquièmes jeux séculaires terminaient une période de 440 ans, ceux qui croyaient à la doctrine exposée par Varron sur la réintégration des corps et des âmes, pouvaient espérer qu'avec les jeux séculaires recommencerait véritablement la reconstitution corporelle de l'ancienne Rome, et que les généralions de l'ancienne république l'incarneraient de nouveau, ayant fini leur séjour aux Champs-Elysées. Combien cela devait encourager à obéir à la loi de maritaiidis ordinibus! On donnerait, d'autre part, dans la cérémonie une satisfaction particulière à ceux qui étaient surtout sensibles au symbolisme des rites,, ou qui avaient une foi très vive dans les oracles de la Sibylle^ si répandus pendant les dix années précédentes. Atéius et les quindécemvirs, s'efforçant toujours de se conformer à l'oracle, décidèrent que les fêtes religieuses

dómontró comme étant vraisemblable. Censorinus {d. die natali, XVII, 10), après avoir donné la date des /urfi Srt6c«/flre< d'après la tradition historique, nous dit qu'au contraire, d'après les commentaires des quindécemvirs, les premiers jeux am-aient eu lieu en 456 avant J.-C, les seconds en 344. Il ne parle pas des troisièmes. Or, si les premiers avaient eu lieu en 456, les seconds, d'après le système des cent dix ans, amaient dû avoir lieu en 346, les troisièmes en 236, les quati-ièmes en 126, les cinquièmes en l'an 16. On comprend que les quindécemvirs, en s'appuyant sur cet oracle qui indiquait que les jeux avaient eu lieu en l'an 26, soutinrent que les jeux avaient déjà eu lieu trois fois, à mi intervalle de cent dix ans, excepté pour la seconde fois où l'on admit une légère différence de deux ans, peut-être poux- justifier la nouvelle différence d'un an que l'un allait accepter.

(1) L'hypothèse de Boissier (^Revue des Deux Mondes, 1892, mars, p. 80), que les jeux eurent lieu une année plus tôt pour célébrer la lin de la première période de dix ans du gouvernement, me paraît vraisemblable; mais je croi.? volontiers que l'on voulait aussi célébrer le vote des lois sociales.

consisteraient en sacrifices que l'on ferait pendant trois nuits successives, le premier aux Moires (c'est le nom grec des Parques), le second aux Ilithyies ou de'esses de la génération, le troisième à la Terre mère, c'est-àdire aux divinités dont dépend Pexistence physique, la vie et la mort des individus, la fécondité de la race, si nécessaire à l'État, la fertilité de la terre qui est la première source de la richesse et de la prospérité. Comment demander plus clairement aux dieux un âge exempt de destructions criminelles d'existences^ fécond en hommes, heureux,, grâce à une abondance méritée? On ferait de jour, au contraire, les sacrifices aux dieux de Tempyrée et dans Tordra suivant : le premier jour à Jupiter^ le second à Junon, le dernier à Diane et à Apollon, de façon à ce que la fête se terminât dans les honneurs solennels rendus au beau dieu grec, dont Auguste s'appliquait à répandre le culte, au dieu qui, d'après Toracle de la Sibylle et l'églogue de Virgile, devait présider au nouveau siècle, au dieu qui représentait le soleil et lintelligence, la lumière et la chaleur, c'est-à-dire les sources de la vie ph3'sique et la splendeur de l'àme humaine. L'hymne à Apollon età Diane, qui devait terminer et résumer les fêtes, serait composé par le plus grand poète vivant, Horace. Tous les hommes libres, citoyens ou non, seraient invités aux fêtes, et les représentants des hautes classes de Rome, hommes et matrones, y prendraient part comme acteurs; ils auraient à leur tête les deux présidents, Agrippa et Auguste.

Le 17 février (1), le sénat, sans que nous sachions

(1) Vn fragment d'une inscription relative aux ludi saeailares de Claude ou de Domitien, mentionne un sénatus-consulte du 17 février sur les dépenses des jeux séculaires : C. I. L., VI, 877 a. Je suppose que ce lut dans cette séance que l'on discuta

qui avait fait la proposition, décrétait que cette année même, on célébrerait les jeux séculaires; il fixait la dépense et les conditions pour les travaux que nécessitaient les cérémonies, les jeux et les fêtes; il chargeait Auguste, qui était un des magistri ou présidents du collège des quindécemvirs, de régler la cérémonie (1). Auguste soumit alors le programme préparé par Atéius Capito, au collège des quindécemvirs; il le fit non seulement approuver, mais publier par eux, et il leur fit aussi publier dans des édits ou dans des décrets toutes les dispositions nécessaires pour la fête, à mesure qu'on en voyait la nécessité, de faron à ce que ce fût le collège des quindécemvirs et non Auguste qui semblât régler la fête et en prendre la direction. Il fut ainsi décidé qu'elle commencerait dans la nuit da 31 mai par un sacrifice aux Moerae, et qu'elle continuerait, dans Tordre que nous avons dit, jusqu'au 3 juin, en reliant Tune à l'autre les cérémonies religieuses par une suite ininterrompue de divertissements populaires. On envoya des hérauts dans toutes les

ce que seraient les jeux, et que l'on prit les autres dispositions préparatoires. Il se pourrait cependant que le sénat n'eût pas pris de décision d'un ordre général sur les jeux dans une séance précédente Quoi qu'il en soit, il y a une chose certaine, c'est que, comme le dit Mommsen, il fallut une délibération du sénat et qu'Auguste, aussi bien que les quindécemvirs, dm^ent agir en vertu des pouvoirs qui leur étaient conférés par le sénat. (1) Si du moins, comme le suppose Mommsen (Ephem. Epigr., VIII, p. 247), les vingt-quatre premières lignes des Acfa contiennent un fragment d'une lettre d'Auguste aux quindécemvirs. Si la chose n'est pas certaine, l'hypothèse est du moins vraisemblable. Je ferai remarquer toutefois que la procédure suivie pour l'organisation des jeux ne ressort pas bien clairement de l'inscription qui est peut-être trop mutilée. On comprend seu- 1-ment qu'il y eut un certain nombre d'edicta et de decreta dans le collège des quindécemvirs, et qu'Auguste, même s'il fut chargé par le sénat de régler la fête, chercha, comme à l'ordinaire, à ne pas se mettre trop en avant.

régions de l'Italie et jusque dans les villages les plus lointains pour annoncer la grande cérémonie que l'on devait célébrer à Rome, cérémonie qne personne encore n'avait vue, et que personne ne reverrait jamais (1); on choisit pour prendre part à la cérémonie les personnes les plus respectables des hautes classes; on prépara les processions et les spectacles, on commença à former les chœurs. Tandis qu'on faisait ces préparatifs, le collège des quindécemvirs fut appelé à examiner la ^question de savoir si;, dans cette cérémonie, comme dans la précédente, il convenait de faire faire d'abord au peuple les suffimenta ou purifications dans les vapeurs de soufre et de bitume, et d'obtenir du peuple quii fît des offrandes de comestibles (orge, blé, fèves) à distribuer ensuite à tous ceux qui assistaient à la fête (2). Il ne faut pas oublier que les ludi sacculares étaient à l'origine une cérémonie étrusque destinée à implorer des dieux la fin de la peste; que par suite elle dut être célébrée pour la première fois à une époque d'épidémie; il est donc vraisemblable que la sagesse étrusque avait compris qu'avant de réunir des foules à une époque d'épidémie, en risquant de centupler la force de la contagion, il était nécessaire de purifier chacun des spectateurs, en ayant recours à ces moyens auxquels la science moderne reconnaît encore une certaine efficacité. L'offrande des fruges se rattachait probablement par quelque idée religieuse aux suffimenta. Et le collège décida que le 28 mai, devant le temple de Jupiter Optimus Maximus et devant le temple de Jupiter tonnant sur le Capitole, dans les

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