‹ Grands anniversaires [microforme]Chapitre 23 sur 93 · Ex. III · texte numérisé non relu

Ex. III

2. Venu en Acadie en 1611, avec le P. Biard, et mort à Sillery en

quarante ans de courses apostoliques, avait voulu venir reposer parmi ses chers néophytes. Vous avez gardé religieusement ce trésor sacré. Vous avez érigé sur cette tombe trop longtemps oubliée un monument superbe. Vous vouliez honorer un héros, non de ceux qui le glaive à la main, pour une gloire tout humaine, exposent leur vie sur les champs de bataille, mais un de ces héros pacifiques qui sans autres armes que la croix marchent à la conquête des âmes.

Tels sont, mes Frères, quelques-uns des grands souvenirs qui rendent votre parvisse immortelle. Vous les raconterez à vos enfants en disant: Voilà ce qu'a fait pour nous le Seigneur — Narrabis que filio tuo in die illo dicens : Hoc est quod fecit mihi Dominus.

Et vous que ferez-vous pour lui ?

Je n'oublie pas avec quelle générosité vous avez contribué, pauvres comme riches, de votre bourse et de votre travail, à l'embellissement de votre église et de ses alen-

tours’. Je sais l'offrande vraiment généreuse que vous avez faite à Dieu à l'occasion de cette soleunité”. C'est

l'hommage de vos forces et de vos biens. Sans doute il

1. L'église de Sillery, dont le portail regarde le fleuve, est située près de la falaise, sur un terrain d'une pente assez raide. Les ouvriers, par un travail volontaire, ÿ ont fait des terrassements et des avenues en lacets à la fois commodes et de très bel effet.

2. Une contribution volontaire de plusieurs milliers de piastres.

n'en à pas besoin. Il le réclame cependant comme un témoignage de son souverain domaine sur toutes choses.'

Vous avez fait plus encore. Vous rappelant que vos enfants sont au Seigneur avant d’être à vous, vous les lui avez donnés, quand il l’a demandé, pour le service des autels, ou dans les communautés religieuses, pour l’œuvre si importante de l'éducation. C'est la dette du sang celle qui coûte le plus à l'affection d'un père et d’une mère, celle aussi qui est la plus précieuse aux yeux de Dieu.

Il reste à lui payer, mes Frères, la dette de l'esprit et du cœur.

1° La dette de l'esprit par votre empressement à suivre les enseignements de la foi et à obéir à la voix de vos pas-

teurs.

Et cela, non seulement quand il s’agit des articles de votre croyance. — je les crois assez solidement enracinés dans vos Ames pour résister aux orages — mais aussi quand il est question de doctrines sociales qui mettent en péril le bonheur des familles et la paix des populations.

Mille erreurs sont aujourd’hui semées aux quatre vents par des publicistes de mauvaise foi — ou ignorants, s’ils sont de bonne foi — et par des meneurs qui veulent s’engraisser des malheurs publics. On cherche à faire croire aux classes laborieuses, dont font partie un grand

nombre d’entre vous, qu’un jour va bientôt venir où tous

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