‹ Grands anniversaires [microforme]Chapitre 36 sur 93 · SOCIÉTÉ 8.-JLAN-BAPTISTE À STE-FOY · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉ 8.-JLAN-BAPTISTE À STE-FOY

aux nations assises dans l'ombre de la mort la lumière de la bonne nouvelle.

Nés de la foi, nous avons grandi par elle, Les co: pa-

gnies chargées du peuplement du pays s'obligeaient non seulement à y envoyer des colons, mais à fournir des prêtres à chaque établissement, Et ces colons choisis avec soin se hâtaient d'élever une chapelle afin d'avoir dans leurs rudes travaux la consolation, l'appui de la Religion.

Hommes de foi encore, ceux qui présidèrent à nos destinées, non seulement les Champlain, les Montmagny, les d’Ailleboust, les Montcalm, mais ce fier Frontenac luimême, hautain'et batailleur, qui chaque année humblement fait chez les Récollets une retraite pour se préparer à la communion pascale.

Nous avons été défendus et sauvés par la foi. Au point de vue purement temporel, l’église de Notre-Dame des Victoires en est un vivant témoignage. L'image de la Vierge flottait sur le champ de bataille de Carillon, et vraisemblement aussi, présidait à la victoire de Sainte-Foy. Mais c'est le point de vue moral surtout qui vaut d’être mis en p'eine lumière. Après 1760, quel a été le véritable boulevard de la nationalité canadienne-française ? Est-ce la langue? Je lui accorde une influence considérable. Mais, elle-même, qui l’a sauvée? On a vu des collectivités très nombreuses perdre leur langue. Parlet-on beaucoup français en Louisiane aujourd’hui? gaélic

PES es pme

en Ecosse et en Irlande? Ce qui a sauvé la nationalité canadienne-francçaise, disons-le de toute la puissance de nôtre voix, crions-le du haut des montagnes, afin que toute la terre puisse entendre, ce qui a sauvé la nationalité canadienne-française, c'est sa foi! c'est sa religion !

Ôtez nos institutions religieuses, le séminaire de Québec, les collèges des Jésuites et de Saint-Sulpice !, les Ursulines, la Congrégation Notre-Dame, ôtez les évêques, les prêtres! Que seriez-vous devenues, populations chrétiennes de nos villes et de nos campagnes, sans guides et sans défenseurs ? C'est là, dans ces couvents, nés de la foi, d'une foi héroïque — qui oserait-le nier ? — qu'ont été élevées, faconnées en grand nombre ces femmes distinguées et instruites, ces mères admirables qui ont fait sucer avec le lait, à leurs enfants, l'amour de leur pays, de leur langue et de leur religion. C’est dans ces collèges qu'ont forgé leurs armes, tant d'hommes éminents tout prêts à prendre, dans les assemblées publiques, la défense de leurs compatriotes, avec une élryuence qui non seulement ne le cédait en rien, mais était de beaucoup supérieure, pour la forme et la force, à celle de leurs adversaires pourtant formés en Europe.

Que veulent done ceux qui accusent le clergé d'entre-

tenir l'ignorance? Que sont-ils? Des menteurs, ou des

ignorants ? Qu'ils choisissent. Ce rôle de la religion, mes

1. Depuis 1825, il en est né beaucoup d'autres qui continuent la

même œuvre,

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