‹ Grands anniversaires [microforme]Chapitre 37 sur 93 · SOCIÉTÉ 8.JEAN-BAPTISTE À AYE-FOY · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉ 8.JEAN-BAPTISTE À AYE-FOY

Frères, dans le salut de notre race est d'une évidence tellement éclatante qu'il faut être aveugle pour ne pas

le voir et impudent pour le nier Que veulent donc ceux

qui battent en brèche l'influence du clergé dans l'éducation? Est-ce bien un plus grand développement ! de la race canadienne-française ? Poser la question, c'est y répondre.

Hélas! nous avons pour devise: Je me souviens ! Mais ces services rendus par la religion, ne les oublionsnous pas? Ilest un pays dont on a dit qu'il a été fait pa. les évêques comme une ruche par les abeilles ', C'est la France, et en France aujourd'hui, la religion n'est-elle pas traitée en étrangère et même en ennemie ?

Qu'en sera-t-il parmi nous ? Mais chassons ces craintes. Espérons que nos hommes publics dirigeants continueront à comprendre, comme ils l'ont fait jusqu'ici, ce que notre patrie doit à la religion, et rendront vains les efforts de nos

sectaires au petit pied.

Mais la foi, mes Frères, que nous venons d'admirer dans notre saint Patron et qui a été pour notre pays la source

de biens si précieux, engendre les deux autres vertus dont

1. Quand ce discours était prononcé, certains journaux menaient cette triste campagne. Aujourd'hui (1918) on a l'incident Nicholson (voir le Soleil, 1 mars). Qu'un Anglais protestant — d'ailleurs désavoué par les bon esprits même de sa race et de sa croyance — parle ainsi, on le comprend. Mais les Canudiens-Français ! Les Judas sout donc de tous les temps !

je veu* maintenant vous parler, et qui exercent une influence si profonde sur la durée et la grandeur des nations, l'abnégation et la chasteté, laquelle n’est qu’une forme de l’abnégation.

Que saint Jean-Baptiste ait été un modèle d’abnégation, c’est-à-dire d’oubli de soi, de renoncement, un coup d'œil sur l'Évangile suffit à le montrer. ‘“ Qu'’êtes-vous allés voir dans le désert, demande Notre-Seigneur à la foule qui le suit, un homme vêtu mollement? Ceux qui sont vêtus ainsi sont dans les palais des rois” !,

Non, Jean-Baptiste n'est pas vêtu mollement : il n’a

pour se couvrir qu’une robe grossière et rude de poils de

chameau, pour se nourrir que des sauterelles et du miel sauvage. Il vit dans le désert. Que lui importent les richesses, les plaisirs du monde? Et c’est parce qu’il s’oublie ainsi, qu'il est si grand. S'il n’avait compté pour rien, les honneurs, l'estime, les biens terrestres, aurait-il eu cette indépendance, cette éloquence, ce zèle pour la gloire de Dieu, cette liberté pour parler aux grands, aux rois mêmes ?

L'abnégation, mes Frères, l'oubli de soi, je ne crains pas d'affirmer que rien de grand ne se fait sans cette vertu. Car rien de grand ne se fait sans effort, et tout effort est un sacrifice, c’est-à-dire un acte d’abnégation.

Et ici, l'ont peut dire que le peuple canadien, jusqu’à

ce jour du moins, n’a pas été indigne de son auguste mo-

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