‹ Grands anniversaires [microforme]Chapitre 39 sur 93 · Hebr. IX · texte numérisé non relu

Hebr. IX

Bourgeoys, qui laissaient le beau ciel de France, bravaient les rigueurs de nos froids meurtriers, pour venir se dévouer au soulagement des malades et à l'instruction des enfants français et sauvages.

Et l’épée, mes Frères, c'est encore la croix. Le chevalier sans peur et sans reproche, Bayard mourant, au défaut d'un crucifix, baisait son épée. Quand vous feuilletez nos annales et que vous lisez avec émotion et fierté

le récit de ces belles victoires remportées vaillamment,

un contre dix, ne regardez pas seulement l'éclat du triom-

phe, mais songez aussi aux sacrifices qu’elles ont coûté, non pas seulement au sang généreusement donné, mais au foyer, au père, à la mère, à l’épouse ou à la fiancée, auxquels le soldat a dit adieu! songez aux fatigues des longues marches sous un soleil brûlant ou un ciel de glace, songez à la bravoure qui défie la mort, au patriotisme qui met l'amour du pays natal au-dessus de l’amour de la vie. Vous surtout, paroissiens de Sainte-Foy, dont le nom orne une des plus glorieuses pages de l’histoire du Canada, rappelez-vous le 28 avril 1760. Voyez ces soldats qui font soixante lieues, sans routes tracées, à travers les glaces et les neiges. En face du promontoire du Cap- Rouge fortement gardé et de la rivière gonflée par le dégel et les pluies, ils n'hésitent pas à faire deux lieues encore pour aller dans l’eau et la neige à mi-corps, franchir cette rivière à l’Ancienne-Lorette et revenir emporter ces coteaux qui

leur ouvraient le chemin de Québec. En ces jours de

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