SOCIÉTÉ S.-JEAN-BAPTISTE À STE-FOY
gloire notre vieille église périt, mais qu’est cette perte matérielle en face de cette vaillance, de cette endurance, de cette abnégation, de cet héroïsme ! De tels hommes étaient invincibles. Le lendemain les voyait maîtres du champ de bataille, et, s’il fallait au drapeau fleurdelisé repasser les mer . du moins emportait-il en ses plis une dernière victoire,
Et après de si grandes choses oserai-je bien nommer la charrue? Oui, mes Frères. Dans cette devise dont j'ai parlé, on n’a pas craint de l’associer à la croix et à l'épée : je ne le craindrai pas ici davantage, parce que si notre pays doit tant aux deux premières, il ne doit Pas moins à ce noble instrument du laboureur. C'est lui qui a fouillé le sol généreux et en a fait jaillir ces richesses dont nous jouissons. S'il est un art nécessaire, sans lequel nulle nation ne peut vivre, c’est bien l'agriculture. Et c'est un art noble autant que nécessaire : s’il y a des professions plus brillantes, il n’y en a pas de plus honorables, surtout de plus indépendantes. On sait la réponse que faisait un vieux paysan lombard à l’empereur allemand Barberousse qui s’étonnait de ne Pas recevoir de lui les mêmes hommages que tous s’empressaient de lui rendre : “Je dépends de Dieu et de ma terre”. Vous entendez : “De Dieu et de ma terre’! Tout cultivateur peut le
redire. Mais quel est l'homme de profession libérale, de
commerce, quel est l’homme d’État même qui puisse en
dire autant? Tous dépendent, ils le savent bien. du moin-
dre caprice populaire. Mais si l’agriculture est un art aussi honorable que nécessaire, ne dissimulons pas qu’il est un art pénible. C’est à lui que s'applique directement
la parole de la Genèse : : In sudure vultus tui vesceris pane
— Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front. Travail rude assurément que celui de la terre, mais travail salubre, propre à faire des hommes sains et forts. C’est grâce à lui sans doute que les anciens Canadiens étaient de si fiers soldats : une épée ou un mousquet ne pesait pas à leurs bras robustes ! Puissions-nous imiter, mes Frères, les pionniers courageux qui ont conquis nos belles terres sui ia pleine forêt. Eux aussi étaient des hommes d’abnégation et de sacrifice. La jeunesse de nos campagnes serait bien à plaindre, si, au lieu d’imiter de si nobles exemples, et de mener au grand soleil une vie pleine et indépendante, elle trouvait trop lourds les mancherons dela charrue et allait s'avilir au sein des villes dans le vasselage de toutes les domesticités. Ce n’est pas chez elle qu’on pourrait retrouver les héros de Carillon, de
Sainte-Foy oi. de Châteauguay.
Si saint Jean-Baptiste, mes rères, a été un modèle d’abnégation par son austérité, son mépris des biens terrestres, des honneurs, ill’a été encore plus dans la pratique
héroïque d’une vertu qui a exercé et ne peut manquer