‹ Grands anniversaires [microforme]Chapitre 47 sur 93 · V.infrà, p. 211, note · texte numérisé non relu

V.infrà, p. 211, note

Selon ces saints personnages, les lampes seraient le symbole de la foi. La foi, en effet, est une lumière. Et quelle lumière ! Où trouver un objet matériel qui en donne une idée ? Vous avez vu,— et vous vous rappeiez sans doute, — sur les navires de guerre qui nous ont visités’, à l’occasion des fêtes du troisième centenaire de la fondation de Québec, ces puissants projecteurs électriques lançant au loin un faisceau lumineux éblouissant ? Dirigé sur un point quelconque du rivage, tous les objets enveloppés dans son champ s’illuminent d’une clarté d'autant plus intense que tout le reste, alentour, est plongé dans des ténèbres plus épaisses. En mer, pendant la tempête, on s’en sert pour scruter les flots ténébreux et découvrir l’écueil où l’on pourrait se briser ; en temps de guerre, on y recourt pour démasquer l'ennemi qui s’avance dans l’ombre, le torpilleur 2 sournois, presque invisible, plus redoutable que le noble vaisseau de haut bord qui lutte à ciel ouvert. Autant d'images de la foi, — fort belles mais bien imparfaites ! Pendant que ces merveilleux appareils, chefs-d’œuvre du génie de l’homme, éclairent, guident, protègent, leur action reste bien limitée et, s’ils révèlent le danger, ils sont impuissants à en défendre. La lumière divine de la foi, au contraire, traverse l'infini, pénètre jusqu'aux régions éternelles, au sein même de la divine substance. Sans elle, que saurions-

nous de Dieu ? Qu'il existe peut-être, puisque la raison y suffit, encore que son faible flambeau ait été impuissant à révéler au plus grand nombre des hommes cette vérité primordiale si nécessaire. Mais ses miséricordes infinies ? ses ineffables bontés ? cet incompréhensible amour qui l’a fait descendre sur la terre pour nous sauver, qui l’a cloué à une croix, emprisonné dans nos tabernacles, qu’en saurions-nous ? Que saurions-nous de notre âme ellemême ? Ne s’est-il pas trouvé des hommes, et de génie encore, pour dire: ‘“ L'âme, qu'est-ce autre chose qu’une fable? Nous ne l’avons jamais trouvée sous le tranchant de nos scalpels'” Et admissions-nous— ce qu'ont admis et professé d’illustres philosophes païens — qu’elle existe vraiment, que saurions-nous de sa noblesse, de ses divines ressemblances, de ses éternelles destinées ?

Non seulement la foi nous montre Dieu comme l'être premier, nécessaire, souverain, indépendant, éternel, infini, auteur et maître de toutes choses. Mais elle nous le montre comme un père plein de tendresse qui a fait l’homme et s’est incliné vers lui par amour. Elle nous fait voir dans notre âme non seulement un principe de vie, immatériel, intelligent, immortel, mais l’image même du Créateur, rien moins que l’héritière du royaume des cieux. Et ce royal héritage, elle nous indique et nous fournit les moyens de l'obtenir. Les écueils où nous

pourrions faire naufrage, non seulement elle nous les

montre, mais elle nous aide à les éviter; les ennemis qui

pourraient causer notre perte, non seulement elle nous les

fait connaître, mais elle nous fournit des armes pour en triompher.

Voilà, mes Sœurs, la lampe avec laquelle il faut aller au-devant de l’Époux divin. Elle vous mettra sous les yeux ce que Dieu a fait pour vous, ce que vous devez faire pour lui. Elle vous montrera les beautés du ciel afin que vous puissiez mieux mépriser la terre, fouler d’un pied plus dédaigneux ses vanités, ses joies trompeuses, et redire avec un saint : Que la terre est méprisable quand je contemple le ciel — Quam vilescit terra dum cælum aspicio !

Faut-il ajouter que cette lampe, si précieuse qu’elle soit, ne suffit pas ? C’est pourtant ce qu’enseigne clairement notre parabole. Les vierges que l'Évangile qualifie d’insensées, l’avaient, —et néanmoins elles ont été repoussées. Que faut-il de plus ? Ah! il faut l’huile pour en faire jaillir la flammeet l’entretenir. Et qu'est-ce que cette huile ? Au dire des saints docteurs déjà cités, ce sont les bonnes œuvres. La foi sans les œuvres, dit l’apôtre saint Jacques, est morte, —.fides sine operibus mortua est ‘. C'est surtout la divine charité. Saint Paul ne dit-il pas : Quand je parlerais les langues des anges et des hommes, si

je n’ai pas la charité, je suis comme un airain sonnant ou

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