Ziglara, Summa philosophie, HI
sière, qu'on revêt un costume d’une inélégance, disons d’une laideur recherchée, raffinée. L'amour de la parure ne nous est-il pas naturel? Je ne parle pas de cet amour excessif que toute la nature, comme dit Bossuet, s’épuise, que tous les arts suent, que toute l’industrie se consume à satisfaire, mais de celui qui se renferme dans les justes limites des convenances de rang et de fortune. Et pour ajouter un trait qui se rattache à cette pensée, est-ce à plaisir qu’à vingt ans on laisse tomber sous les ciseaux impitoyables une luxuriante chevelure ? Vraiment je n’en aurais rien dit si le Saint-Esprit ne daignait lui-même en parler, si je ne lisais dans saint Paul que “ les cheveux font
la gloire de la femme : ”, et si l'époux des cantiques n’a-
vouait que son cœur a été conquis par un cheveu: “ Vulnerasti cor meum, soror mea sponsa, vulnerasti cor meum, in uno crine colli tui ? *”’ — Ce détail, si petit en apparence, ne paraîtra pas petit à quiconque connaît le cœur humain.
Enfinilest en nous une puissance qui est un des éléments essentiels de notre dignité, le ressort de notre énergie et de notre activité, le trait le plus frappant, avec notre intelligence, de notre ressemblance avec Dieu. Je veux dire notre volonté libre. Il ne s’agit plus ici de biens qui, si précieux soient-ils, sont en dehors de nous, ou, s’ils sont en nous, ne tiennent qu’à la partie inférieure de notre être.