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le lien, sont incomparablement plus douces et plus fortes que celles que forme le sang.
Et ce centuple, mes chères Sœurs, est-ce que vous ne le recevez pas véritablement ?
Pour la maison de votre père que vous avez quittée, n’avez-vous pas un grand nombre de maisons, belles et spacieuses, où vous êtes accueillies avec autant de joie que l’enfant au foyer paternel ?
Pour une mère dont vous vous êtes séparées, et que tôt ou tard il aurait bien fallu perdre, n’avez-vous pas beaucoup de mères pleines de tendresse pour vous entourer de soins, soutenir vos pas chancelants, vous conduire avec bonté, mais sans faiblesse, dans le chemin du ciel ?
Et combien de sœurs remplacent dans votre saint état, celles que vous avez laissées, et se dévouent à votre bonheur ! Et pourquoi n’ajouterais-je pas ce trait, puisque
les plus illustres commentateurs de l’Écriture le marquent
expressément ? Partout vous trouvez des pères et des frères empressés à veiller sur votre bien-être matériel autant que sur les intérêts de vos âmes.
L'Évangile ajoute et filios, et des enfants aussi! Si vous n’êtes pas mères selon la nature, re puis-je pas dire avec vérité que vous l’êtes, mes chères Sœurs, selon la
grâce et doublement ?
Ces tout petits “que le malheur de leur naissance jette dans la rue et que la Providence jette dans vos bras!”, ne les entourez-vous pas de soins maternels? S'ils vivent, ne vous devront-ils pas une affection toute filiale? Et
s'ils ont le bonheur de mourir en bas âge et d'aller parmi
les anges, qui ignorent l’ingratitude, ne vous aimeront-ils Pas et ne vous protégeront-ils pas comme leurs mères ?
Et ces autres jeunes âmes que leurs familles confient à vos soins intelligents et dévoués et que, par cet art de l'éducation, mis par saint Jean Chrysostome au-dessus de celui du peintre et du sculpteur, vous façonnez à l'image du Christ, ne vous donuent-elles pas ce doux nom de Mères? J'aime à croire qu’elles sont nombreuses celles qui vous gardent toujours ce nom avec la tendresse qu’il comporte. C’est justice puisque, en leur donnant la vie de la science humaine, vous leur donnez aussi la vie divine de la piété. Et avec quel succès, je le sais mieux que personne, moi qui, souvent en contact avec ces petits, les préférés de Jésus-Christ, ai toujours admiré le charme ir omparable de leur candeur et de leur innocence,
: lais il est d’autres âmes dont plus encore il me semble vous êtes les mères, parce que vraiment vous les enfantez à la vie de la grâce au prix d’une plus inlassable charité, âmes que le monde méprise après les avoir souillées ?,
1. Il s'agit de l'œuvre des enfants trouvés — la Crèche — qui venait d'être confiée par l'autorité diocésaine aux RR.SS. du Bon-Pasteur. 2. L'œuvre si difficile et si méritoire des pénitentes,
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