‹ Grands anniversaires [microforme]Chapitre 71 sur 93 · Job. XI1I · texte numérisé non relu

Job. XI1I

ra main de Dieu qui a fait toutes ces choses 1?” Un prophète le rappelle dans un langage sublime, dont seuls les

Livres saints ont le seçret : “ Il envoie la lumière et elle

part ; il l'appelle et elle lui obéit avec tremblement. Les étoiles ont donné leur lumière à leurs postes, et elles se sont réjouies ; elles ont été appelées et elles ont dit : Nous voici. Elles ont lui avec joie pour celui qui les a faites. C'est lui qui est notre Dieu et aucun autre ne lui est comparable.” Et dans ce cantique admirable, que le prophète Daniel met sur les lèvres des trois jeunes hommes dans la fournaise de Babylone, et que nous, prêtres, nous redisons chaque jour, sans faire attention peut-être à son ineffable beauté, tous les êtres sont invités à bénir le Seigneur : Benedicite omnia opera Domini Domino’, Vous toutes, œuvres du Seigneur, louez le Seigneur.” ‘Oui toutes! Vous, d’abord, anges et cieux, mais vous aussi eaux et marées, pluies et rosées, froid et chaleur, neiges et glaces, soleil et lune et étoiles du ciel, ténèbres et lumière, et vous aussi foudres et souffles des tempêtes dociles à ses ordres, louez le Seigneur.

Les saints, mes Frères, un saint François d’Assise, un saint Antoine de Padoue, une sainte Madeleine de Pazzi, <ntendaient cette voix et s’y associaient dans les trans- MIT N Ibid. lOuis éynorat quod omis Ke mass Dominifeeru?

2. Baruch. III. 33-36. Qui emittitlumenet vadit: et vocavit illud et obedit illi in tremore, etc. En présence de ces passages sublimes, ou comprend que le bon La Fontaine, après avoir lu ce prophète, ait deman-

dé à tous ceux qu'il rencontrait : “ Avez-vous lu Baruch ? ” 3. Dan. III. 57, ss.

ports de leur reconnaissance, de leur admiration et de leur amour. Mais pour un grand nombre, les merveilles de la création sont muettes. Pour beaucoup d’autres, sa voix est étouffée par les bruits du monde, l'embarras des affaires, le tourbillon des plaisirs. Il faut donc un lieu où l’on puisse se recueillir et adorer, un sanctuaire où tout rappelle Dieu, qui soit la maison de Dieu.

Et quand le Seigneur n'aurait pas manifesté sa volonté sur ce point, il semble que ce soit là une de ces lois dont parlent les saintes Lettres',et qui sont gravées par la natur- elle-même dans le cœur de l’homme. On retrouve en effet des temples et des sacrifices chez tous les peuples *, des autels et des victimes au seuil même du paradis terrestre, au berceau du genre humain.

Au reste, lorsque les Israélites sont dans le désert, Dieu commande à Moïse de lui ériger un tabernacle. Lui-même en détermine le plan st les dimensions. Il anime de son esprit les artistes qui en doivent ciseler les ustensiles et les ornements. Ainsi fera-t-il encore pour le temple de Salomon, le plus beau sans doute et le plus riche qu'’ait jamais bâti la main des hommes. Et c’est de ce temple que Dieu dit : Et erit nomen ibi in sem-

1. Rom.Jl.14. Gentes que legem non habent naturaliter ea quaæ legie sunt faciunt,—Les natione qui n'ont pas de loi observent naturellement ce qui est commandé par la loi.

2. On lira avec autant de profit que de plaisir, à ce sujet, le traité du comte de Maistre sur les sacrifices.

Piternum, — Mon nom sera ici, ici mon nom sera glorifié à jamais.

Mais ces paroles, c'est dans l'église chrétienne, dont l’ancien temple n'était que la figure, dans l'église chrétienne seulement qu'elles ont trouvé leur réalisation complète,

C'est d'elle que Dieu peut affirmer en toute vérité : “Ici mon nom restera à jamais, ici je recevrai une louange, une gloire digne de moi.”

Qu'est-ce à dire, mes Frères ? Est-ce que notre foi

l'emporte sur celle du peuple choisi, auquel la présence, la protection de Jéhovah était aussi sensible, aussi évidente que la lumière et la chaleur du soleil ? Est-ce que nos

prières sont plus ferventes, notre amour plus ardent ? Oserions-nous nous préférer à tant de saints rois, à tant de prophètes, intimes amis de Dieu, à tant de héros martyrs de leur foi ? Nos cantiques sont-ils plus beaux, nos fêtes plus solennelles ? Oh! mais tout ce que nous avons de plus sublimc, nous le leur avons emprunté. On chantait alors comme aujourd'hui: “ Quam dilecta tabernacula tua, Domine virtutum, — Qu'ils sont aimés, tes tabernacles, Seigneur, Dieu des vertus ! Mon âme soupire et tombe en défaillance au souvenir des parvis du Très-Haut. Louez le Seigneur, princes et guerriers, rois et peuples, jeunes gens, jeunes filles, enfants et vieillards, louez le

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