Malarh. I
l'ombre. Dieu pourtant les avait comman. ‘omme un hommage obligé de la créature au Créater afin que l'homme n’ :bliât pas qu'il a un maître, Mais qu'importait à l'Éternel le sang des boucs et des génisses ? Ici seulement, sur l'autel chrétien, est immolée la seule victime digne de Dieu. Oui, lorsqu'un missionnaire a pénétré dans les profondeurs de la forêt vierge, ou mis le pied sur la plage d'une tle perdue au fond de l'océan, qu'il dresse, sous un toit d'écorces et de branches entrelacées, un autel chancelant et y célèbre la sainte messe, il hcuore plus Dieu qu'il n'était honoré par tout le déploiement pompeux des solennités de la loi ancienne,
Vous pouvez, mes Frères, vous en flatter, lorsque vous assistez au saint Sacrifice et que, vousunissant au prêtre, vous offrez avec lui Notre-Seigneur à Dieu son Père, vous
lui rendez un hommage d'une valeur infinie, parce que,
sur l'autel, c'est un Dieu qui s'immole,un Dieu qui adore,
un Dieu qui expie, un Dieu qui rend grâces. Sans doute Notre-Seigneur prie, adore, expie, rend grâces selon sa nature humaine, mais la personne divine du Verbe, qui subsiste dans les deux natures, donne aux actes de l’une et de l’autre une vertu divine.
C’est donc avec raison qu’un saint a dit que les meilleures prières sont celles qu’on fait a: pied du Saint- Sacrement, surtout pendant le saint Sacrifice. :l est donc vrai que £’est dans le temple chrétien que Dieu est le plus dignement glorifié.
Et il est également vrai que ce temple est le principal théâtre des faveurs qu'il répand sur les hommes : Et erunt oculi mei et cor meum ibi cunctis diebus, — Mes yeux et mon cœur y resteront à jamais: les yeux de Dieu, syn:hole de cette vigilance toujours en éveil qui donne aux lys des
champs leur parure ' et la râture aux vetits des corbeaux
qui l'invoquent*; le cœur de Dieu, symbole de sa bonté
et de son amour, source intarissable de ses bienfaits.
C'est nssez vous dire, mes Frères, que si vous venez ii rendre à Dieu vos devoirs, vous ne pouvez vous retirer les mains vides, vous ne faites pas une démarche stérile. Ah ! sans doute Dieu nous exauce partout, partout notre vie est tissue de ses dons, mais nulle part nous n'en reçevons autant qu'au pied des autels, ni de si précieux.
Voyez plutôt ! Un enfant vient au jour. C’est un fils de roi, mais le fils d’un roi déchu. On l’apporte ici, on le plonge dans la fontaine salutaire du baptême ; son âme jusque-là souillée par le péché, devient blanche comme la neige ; captive du démon, elle voit rompre ses chaînes ; privée de ses droits à un héritage royal, elle les recouvre, elle devient cohéritière de Jésus-Christ, héritière du royaume de Dieu. Que maintenant les liens fragiles qui la