Ps
L'HÔTEL-DIEU DE LÉvIS 285
N'est-ce pas là, en effet, le rôle de ces religieuses dévouées, au chevet des malades, la nuit comme le jour, consolant, encourageant, s'efforçant d'adoucir, de vaincre toutes les douleurs, soignant à la fois l'âme et le corps, attentives à guérir l’un, ou, faute d'y réussir, du moins à ouvrir à l’autre l'éternité bienheureuse ? Et toujours avec cette bienveillance, cette douceur, cette bonté maternelle, cette pa-
tience qui donnent tant de prix à la charité. Il n'y a, je
crois, qu'une fonction des anges que ces bonnes mères hésiteraient à accepter — et que ces esprits bienheureux ont souvent à remplir — : celle de châtier les coupables, Elles diraient plutôt, comme Moïse au Seigneur : ‘“ Aut dimitte eis hanc noxam, aut si non facis, dele me de libro hoc quem scripsisti, — Ou pardonnez-leur cette faute, ou effacez-moi de ce livre que vous avez écrit ‘. Et si elles n'avaient pas cette hardiesse de l'ami de Dieu, elles diraient : “ Infligez-nous, Seigneur, ce châtiment, épargnez les coupables ! ’ Ne le disent-elles pas tous les jours ? Pendant ce laps de vingt-cinq ans, des centaines de malades ont été admis dans cette maison. On a accueilli indistinctement même les maladies contagieuses, diphtérie, typhoïde, petite vérole. Les plaies repoussantes, infectes, nauséabondes du chancre, où grouillaient parfois les vers, ont été charitablement, patiemment, héroïque-