LE ROMAN D AMOLR DE CLEMENT MAROT I I
allusion ni souvenir d'ordre régional : toul uniment à la lettre. Les trois indications fournies sans métaphore par le poète correspondent à trois réalités concrètes : le ])rénom, le nom*, la couleur.
Nous nous empressons de faire observer que l'ensemble si cohérent, si clair, des faits que nous allons développer rendra cette première et essentielle donnée absolument évidente. Il s'agit et ne peut s'agir — tout va concourir à le prouver d'une manière éclatante. — que d'une personne appelée Anne d'Alençon.
Abstenons-nous, en eiï'et, pour un instant, de présenter plus amplement cette personne, et cherchons tout de suite à dégager ce que Marot nous confie par ailleurs, sur l'origine de son amie. Voici d'abord un premier renseignement, très caractéristique- :
D'Anne jourml (le l'espinelte.
Lorsque, je voy en ordre la brunette, Jeune, en bon poinct, de la ligne des dieux. VA que sa voix, ses doits et l'espinelte Vleinent un bruyct doulx et mélodieux.
J'ay du plaisir cl d'oreilles et d'yculx. Plus que les sainctz on leur gloire immortelle, Et autant qu'eulx je deviens glorieux Dès que je pense eslre un peu aymé d'elle.
Que signifie donc celte lignée des dieux de laquelle provient la jeune Anne? M. Fromage et, après lui,
1. Je prends les appellations noin et prénom dans leur acception moderne,