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LE ROMA.N D AMOUR DE CLEMENT MAROT If)
de la fantaisie de devenir l'amant d'une princesse. Mais, encore une fois, en l'absence de données pré cises, nous n'allons point jusqu'à rafïîrniative, et nous voulons rester dans le domaine de l'hypothèse. » L'allusion faite dans ces vers au « haut parenlaige » ^ de la persoiuie chantée par Marot avait, à juste litre, attiré l'attention de Guilï'rey, sans l'amener toutefois à découvrir la bonne piste; il devinait qu'il s'ag^issait d'une dame appartenant à une famille princière, mais il ne songea pas que la solution devait être cherchée du côté d'une descendance illégitime.
11 est nécessaire de reproduire ici lépître en vers dont il s'agit, puisqu'elle manque à toutes les éditions de Marot, celles de Jannet et de Guilï'rey exceptées. Elle va nous offrir le portrait à la fois le plus complet et le plus émouvant de l'exquise jeune lille issue de la maison d'Alençon et qui fut comme le sourire des cours de France et de Navarre vers
1. « V.n traraiit le portrait iJc sa dame, dit Guiffrey, Marot n'est pas fâché de faire remarquer, à l'occasion, qu'elle était de « haut parentaigc »(vcrs 3o). Mais ces indications sont loin d'être suffisantes pour mettre lin à nos incertitudes et puisque nous en restons réduit aux conjectures, il ne nous paraît point hors de propos de rappeler que l'une des sœurs du roi de Navarre portait précisément le prénom qui nous est livré (dans deux de ses pièces po(Uiques) par Dolet. Anne d'Albret fut fiancée d'abord à Charles de Koix, comte d'x\starac ; mais son futur mari mourut avant la célébration du mariage ; elle épousa alors le second frère, Jean de Foix, cpii décéda, en iô32. Kn i537, Anne d'Albret veuve et sans enfants, comptait à peine trente ans. Or Marot était reçu dans la famille du roi de Navarre sur le pied de la plus libre intimité ; on lui laissait un franc parler que n'arrêtait aucune considération de rang ou de naissance, comme en témoignent certaines épigrammes adressées par Marot à Henri d'Albret et à Ysabeau son autre sœur (Voy. Epiijrammcs). Les mœurs d'alors n'étaient ni prudes, ni sévères. » En plaçant cette pièce en ij.37, Guiffrey commet, selon nous, une confusion chronologique qui contribua à lui rendre inintelligible le roman amoureux de Marot.
20 (illVNnS ÉCIUVAINS DK LA RENAISSANCE
rannéo i55!7. C.cUc pièce osl postérieure de peu de mois au drbul de la passion du pocle.