I. Hibl. nat., Ms. fr., 1700, f° aS
a. Tontco portrait a été appliqué à la reine Marguerite de Navarre par nonitirc de biogra|)lies de cette souveraine et de critiques.
I K ROMAN D AMOUU DF CLKMFNT MAROT
Et de grandeur lanl droicle et bien formée,
Que falcle semble exprez pour estre aymée
D'hommes et dieux. 0 que ne suys Je prince
A celle fin que l'audace je prinsse
Te présenter mon service petit
Qui sur honneur fonde son appétit !
Mais pourquoy prince ? Une montagne basse
Souvent la liaullc en délices surpasse :
Les ro/.Iers bas, les pelilz oliviers
Délectent plus que les grand/, chosncs fiers :
Et à nager en eau basse Ton trcuvc
Moins de danger que en celle d'ung grand flouvc.
Aussi jadis déesses adourées
D'bommes niorlelz se sont énamourées :
Le jeune Athys feust ayiné de CibcUe,
Endymion, de Diane la belle :
Pour Adonis Venus lanl s'abbayssa
Que les haull/. cieux pour la terre laissa.
Mais qu'csl bosoing ciler vieilbcs histoires,
Quant à chascun les neufves sont notoires ■}
L'heureux llelain^, dont la musc est tant fine.
Ne feust il pas aymé de la Daulphine,
Qui se disait bien heureuse d'avoir
Baysé la bouche en (jui lanl de sçavoir
Se descouvroil ? Je S(;ay bien que je suys
Homme en cJJ'ecl qui souldoier ne puys
Gens et chevaulx, ne sur mer dresser guerre.
Pour m'en aller une Hélène conquerre :
Si de fortune avoys tel force acquise.
Ou je mourrais, au brief t'aurais conquise.
Pour librement avec tel pcrsonnaigc
En joye user le surplus de mon aage.
Donc si do faict ne suys poinct un vainqueur,
.\u moins le suis-je en vouloir et en cueur,
Et mon renom en aultant de provinces
Est despendu comme celluy des princes.
S'ilz vainquent gens en faiclz d'armes divers.