‹ Grands écrivains français de la renaissanceChapitre 29 sur 95 · A L'ÉPOQUE DE LA RENAISSANCE · texte numérisé non relu

A L'ÉPOQUE DE LA RENAISSANCE

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La Keiiaissanco Irançaise, aussi bien que son aînée la Renaissance italienne, a été profondément imbue de platonisme ; elle en a reçu l'empreinte caractéristique dans ses manifestations les plus variées, et elUî lui a dû de trouver, après les incertitudes qui avaient marqué sa période de début, une orientation forme et définitive. Les conséquences de l'introduction de cet élément , jusque-là assez peu en faveur, ont été telles, (pie la rénovation universelle, dont le mot même de la Renaissance évoque naturellement ridée, ne s'est révélée dans sa plénitude et n'a brillé dans toute sa splendeur qu'au moment où la propagation des théories platoniciennes lut suflisannnent avancée, et oii les concepts de l'amour et de la beauté, tels que les aTormulés l'immortel auteur du Banquet, apparurent dans l'horizon intellectuel des contemporains de François 1*". Le champ de l'inspiration littéraire se trouva du même coui>

(V'i c.uwDs i.t.iuvviNs ni; la renaissance

élargi ol piirilii' : nii monde inconnn s'ouvrit aux veux lies écrivains rblouis. Ils virent qu'il rlail loi-

1 siblo à la raison huniaine de s'élever, par sa seule vcrlu, à la contemplation des choses éternelïes. Ainsi «i^nidcs et vivifiés par un idéal plus noble, ils s'engagèrent dans des voies nouvelles, qui leur permirent datleindre à la connaissance du beau et bientôt de l'exprimer.

C/esl, en elTel. du mouvement qui se produisit à

I partir de i5'|0, en fa^(Mlr des idées |)la(onicienncs, que dérive, dans une large mesure, le magnifique renouvellement qui se manifesta, vers le milieu du siècle, dans le domaine de la littérature et particulièrement de la poésie. L'avcncmcnt de la Pléiade, succédant à l'école de Marot, ne s'explique que si l'on tient compte de l'évolution qui s'était accomplie antérieurement dans la manière de penser et de sentir des classes éclaiiées. Une pareille révolution n'est pas exclusivement d'ordre littéraire : la philosophie y tient, à beaucoup d'égards, une place prépondérante. Ce n'est pas uniquement la forme ou le langage, mais aussi la conception générale des choses qui subirent alors une transformation décisive. Il y a là un fait d'une importance considérabl(\ sur lequel il est d'autant plus à propos d'insister, que les historiens, qui ont eu l'occasion de traiter du changement survenu depuis i55o dans l'idéal littéraire, ne se sont pas préoccupés de déterminer avec précision les causes profondes qui contribuèrent à amener ce soudain épanouissement de la poésie. Tel est le but du présent travail.

J'aurai à exposer en même temps comment l'honneur de ce progrès revient, pour la plus grande

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