Bourciez, Les mœurs polies, etc., p
92 C.UAMIS KCIUVAINS DE L.V RENAISSANCE
Es corps luimains, n'ostoit qu'une estinccllr De coslo là qu'il uoiuiuoit iiuuiorlolle; (^ue ccste cy. bien qu'elle fnst sortie De la céleste, et d'elle une partie.
Si loutesfoys entre nous pcrissoil.
Si s'augmentoit, ou s'ellc decroissoit, Oue l'aultre esloil entière et immobile.
Sûre de conserver, en dépit de lonles les vicissitudes, le cœur de son ami, elle dédaigne l'opinion des hommes et se promène à travers le monde, sereine et forte, tout entière au sentiment qui l'occupe et ^ ivant d'une vie idéale dont rien no vient lompro la paix et l'harmonie.
L'amour parfait que chante Uéroët est celui qui ne repose point sur une beauté passagère, mais sur la vertu ; c'est par lui que les pensées s'élèvent jusqu'aux cimes les plus hautes et que les cœurs s'unis sent, pour ensuite s'élancer vers Dieu ; c'est l'amour (lo deux esprits, qui, après avoir été antérieurement liés au ciel, se reconnaissent sur la terre et, prenant conscience de leur convenance réciproque, s'aiment dun amour où les sens n'ont point de part. On peut signaler, parmi les (passages les plus dignes d'attention, celui qui sert de conclusion au premier chant, et qui a précisément pour objet d'exposer cette dernière Ihéorie. Mais ce qui frappe, lorsqu'on examine d'un peu près ce poème, c'est la ressemblance surprenante de ton, d'idées, de tournures, qu'il offre avec ini groupe important de compositions de la reine de Navarre, tant des Marguerites que des Dernières Poésies lécemment publiées : il y a lieu de signaler particulièrement la Mort et Résarreetion (V Amour, la Response h une ('Jianson fuicle par une