‹ Grands écrivains français de la renaissanceChapitre 41 sur 95 · LE PLATONISME ET L.V LITTER.VTUHE EN FRANCE Q · texte numérisé non relu

LE PLATONISME ET L.V LITTER.VTUHE EN FRANCE Q

Dame, l'épître IV au roi, certains développements de lu Coche, dans le premier recueil ; et dans le second, la Disl'mcllon du vruy .[mour, le premier et le troisième livre des Prisons, plusieurs passages du Navire, l'épître à l'abbesse de Fontevrault, et enfin les remarquables poésies empruntées au manuscrit 5ii2 de la bibliothèque de l'Arsenal ', parmi lesquelles celle qui commence par ce vers :

Souviengnc vous des larinos rospandiics...

sublime appel qui n'est pas indigne d'être rapproché ' des plus beaux chefs-d'œuvre de la poésie lyrique de notre siècle. Dans la Parfaictc Aniye, comme dans toutes ces ceuvres, comme aussi dans VlJeptainéron, ce sont les mêmes problèmes qui se trouvent agités, pour aboutir à des solutions puisées à des sources identiques.

En résumé, Héroët commence, à côté de Marguerite, et soutenu par elle, la brillante série, trop longtemps appréciée avec injustice, des précurseurs immédiats de la Pléiade. Par son talent aimable et délicat, il servit efficacement la cause à laquelle il s'était attaché, en lui procurant, dès le début, un instrument excellent de propagande, sorte de catéchisme des doctrines professées sur l'Amour par les modernes adeptes de l'Académie. Il conquit du même coup une situation tout à fait en vue dans le monde lettré. Indice significatif, vingt éditions vont en prolonger le succès pendant les années qui sui-

I. Plusieurs de ces pièces ont été publiées dans l'édition de Vllcptnnu'ron de Le Uoux do Lincy. I, p. ccxi et suiv. ; notre édition des Dernières Poésies, p. 3/19 et suiv., en donne le groupe le plus important resté inédit.

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vroni, même après le Irioniplic de la Pléiade. On se passioTina pour ou contie sa Par/aide Àmye, et son poème devint le point de départ d'une foule de compositions destinées, les unes à l'approuver, les autres à le réfuter, couitoisement s'entend. Plus tard, — après d'autres, d'ailleuis. — en iB'iy. l'éditeur lyonnais Jean de Tournes réimprima le petit volume de i542, en y joignant plusieurs des ouvrages les plus manj[uants qu'il avait suscités. Cette double publication contribua sûrement à affermir l'autorité d'iléroët parmi les écrivains de la docte cité, avec laquelle il entretint dès lors de fréquentes relations. .Toacliim Du Bellay a indiqué peu après, dans l'ode XllI du Recueil de poésie, son rôle dans le milieu lyonnais, en termes qui donnent à penser :

Ta Musc, des Grâces amie, La mienne à te louer semond.

Qui sur le haut du double mont As érigé l'Académie.

Faut-il voir dans ce passage quelque allusion à une association fondée à Lyon dans le même but et dans le même esprit que l'Académie de Florence!^ La chose n'est peut-être pas impossible. Les circonstances étaient propices à une telle création : Scève, Dolet, Champier, Rabelais, Macrin, Sainte- Marthe. Fontaine, pour ne citer que quelques noms paiini tant de littérateurs, d'imprimeurs érudits et d'artistes cultivés, se rencontrèrent à bien des reprises, sur la colline de Fourvièrcs, préparant réclosion d'une école originale sur ce sol éminemment historique, oii plusieurs siècles d'une activité intellectuelle et religieuse d'une rare intensité

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avaient laissé leur robuste empreinte. Nous savons que toutes les célébrités du lieu se fréquentaient volontiers, et qu'il s'y donnait de doctes banquets. Nul doute que Platon n'y ait fait l'objet d'entretiens pleins de charme. Le vers de Du Bellay vise-t-il ces réunions? En tout cas, la question vaut la peine d'étie posée. Un fait ressort avec certitude de ces rapprochements, c'est que. contrairement à ce qu'on a toujours pensé, la poésie lyonnaise n'a pas eu le monopole du platonisme, qu'elle n'en a aucunement '( recueilli les premières semences » ^ L'idéal esthétique qui en dérivait n'a été exprimé par elle qu'à un moment où plusieurs écrivains du groupe de la reine de Navarre l'avaient déjà célébré et, en quelque sorte, coditié. Ce fut par l'intermédiaire de ces derniers que l'école lyonnaise a été appelée à le connaître, ou tout au moins à le goûter. Si l'un d'eux joua dans celle transmission de doctrine un rôle plus apparent, c'est l'auteur de la Parfaicte Amye; mais d'autres encore. Dolet, Charles de Sainte-Marthe, Fontaine, par exemple, n'y restèrent certainement pas étrangers. La suite de cette étude ne fcm que confirmer ces divers points.

Un Normand, Bertrand de La Borderie -, celui-là ( que Marot avait proclamé

Grand espoir des Muses haullaines,

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