LE PLATONISME ET LA LITTERATLUE EN FIIANCE IO
de Sociale et de Platon ;' c Lorsque la vaine espèce des sophistes pullulait par toute la Grèce, attirant à elle, par le seul prestige du verbe, tant de personnages considérables, soumettant à l'argent leur langue et leur esprit et usurpant honteusement le noble nom de sage, les graves controverses de Socrate et de Platon réussirent en peu de temps à Taire connaître au monde la futilité de ces hommes. De même, à l'heure actuelle, l'action puissante des mêmes discussions peut de nouveau remédier au mal qui s'est développé dans les intelligences. »
Avec l'édition donnée par de Tournes, d'une rare finesse d'exécution, élégante et portative, grâce à son petit format, Platon entre, en quelque sorte, d'une manière sensible dans la circulation générale. Ce n'est plus un pesant in-folio peu engageant, fixé dans les bibliothèques des érudils ; désormais il se glissera sans peine dans le bagage de l'étudiant ou de l'humaniste voyageur. 11 est devenu le livre d'heures du philosophe et du lettré ^.
I. Le cadre de noire travail ne (lé[)ussant pas lôôo. il ne nous est pas donné de parler du traducteur de Platon, Louis Le Roy. dont les traductions du Timée (lôôi), du Phédon (150.3), du Banquet (l'iôg) et de la République (i6oo) offrent une si grande importance au point de vue de la diffusion des doctrines platunicionncs dans la seconde moitié du \vi" siècle. Nous renvoyons à l'ouvrage de Nf. H. Hecker, Loys Le Roy, (Paris, iSfjO, 8"). — La présente élude a paru pour la première J'ois dans la Revue d'histoire littéraire de la France, en iSijfJ.