Dcrniircs pot's/cs, p. 212 à 255 et 285 à
2. Le mot tlu canlinal : « Deiim esse omiiia ut non possit esse aliiid quam est, » pourrait servir d'épigraphe à cette partie des Prisons. Un passage fort important du développement signalé plus haut est celui qui renferme le récit du ravissement mystique de Marguerite (/>(Tni(V<-s poésies, p. 2'|0-24i). C'est un morceau capital pour la connaissance de l'évolution religieuse de notre reine. On pourra en juger par ces quel<iues vers qui peignent l'émotion de son âme, à laquelle « la voix de Dieu » vient de se faire entendre :
Que si la voix en moy eust fait demeure Tant seulement une minute d'heure.
Si doulce estoit (juelie eust esté suyvic De ma pauvre ame estant d'amoiir ravie ; (]ar sans regret elle eust lessé mon corps Pour estre unyc à ses dixins accordz.
l66 (.UVNDS KCRIVAnS DE L\ RENAISSANCE
analogies de vocabulaire ou de ces nuances qui se iclrouvcnt à des degrés divers chez nombre de mvstiques. mais suiiout de la doctrine générale et des conceptions d'ensemble auxquelles elle aboutit. \ ce point de vue. les ressemblances sont très appréciables. Grâce à Briçoiinet et à Lefèvre d'Etaples, nous l'avons dit, Marguerite s'était familiarisée avec le tour de pensée de traités aussi ardus que le De Deo abscondito, le De doc ta ignoranlia, le De Possest, De venatione snpienliœ. L'idée qui domine dans ces œuvres est celle du Dieu un, absolu. Il n'est pas douteux que Marguerite incline, à la suite de leur auteur, vers un véritable panthéisme ; de même que le cardinal, elle est conduite à penser et à parler comme les Alexandrins et tous les philosophes qui se rattachent à leur école. Dieu étant le possible et le réel existe en toutes choses, comme toutes choses existent en lui.
Dieu est tout estre, bonté, sçavoir.
Vérité, vie et puyssance et povoir '....
.\u fondz d'enfer, en tous maulx, en tous biens. Ton seul Tout voys ; mais dy moi plus avant : Ouand lu t'en vas sus les aelies du vent, Que trouves tu au ciel entre les sainclzi' Tu trouves Tout, duquel ilz sont tous plains. Tout, qui, de tous, est la béatitude.
Tout, seul vivant en ceste multitude.
Tout, qui en tous s'ayme par son amour. Tout, qui se loue en tous et nuict et jour -.
Il serait aisé de multiplier les citations empruntées aux Pi'isons, ce résumé de la vie spirituelle de
r. Dernières poésies, p. j^-.