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MAUGLEKITE DE NAVAURE 167
la sœur de François P'. Déjà, dans les meilleures parties du recueil des Marguerites, dans VOraison à Jésus-Christ, par exemple, qui prélude aux confidences du vaste poème qui forme le couronnement de la carrière poétique de la reine, cette dernière avait inséré plus d'un morceau oii se retrouve le tour de pensée des platonisants du xv* siècle et de Cusanus en première ligne. S'adressant à Dieu au début de cette Oraison, la princesse formule, dans une page lyrique d'une ampleur véritable, cette définition de la Divinité^ :
Vostre nom est sy grand et admirable.
Que naturel esprit ou raisonnable
INe vous sçauroit nommer parfaitement :
Tous noms avez, estant innominnble.
Dont nostre sens est sy très peu capable
Qu'il ne congnoit que c'est, quoy ne comment.
11 me sufTit de croire seulement
Que de tout bien estes commencement,
Moyen et fin, on tous temps immuable.
Puissant, bon, beau, sapient, véritable.
Car tous les noms qvie nostre entendement
Vous peult donner en chose vraysemblable :
Cela n'est rien, veu qu'indiciblement
Estes celuy qui Estes, vrayement.
Dont à nous est le sçavoir importable.
Mais, congnoissant que nostre sauvement
Vient de Jésus, nom sur tous admirable.
Sauveur Jésus, vous appelle humblement.
On retrouve nettement, dans ce passage, l'écho d'une idée chère au cardinal allemand et qu'il a développée avec complaisance au cours du De Deo abscondito et du De docta ignorantia, à savoir que