I. Les Marjueritcs, éd. Frank, I, p. i3j
1()8 t.HANnS KCUIVAINS DE 1,\ RENAISSANCE
Dieu osl insaisissable vn liii-m«Miie cl que les noms (|ni lui sont atlribnrs, eominc aussi les mois el les lormulos dont on use pour le délinir, ne sont que (les palliatifs destinés à donner le change sur notre ignorance et sur la pauvreté de nos conceptions. D'après le même philosophe, Dieu ne se révèle à 1 inlclli^cnce de l'homme, etencore dans une mesure tout à fait relative, que par des symboles malhémati(pies. ('/est cette opinion «pii l'a (onduit à user fréquemment, el j)arfois avec une exagération manifeste, de comparaisons, d'images, de formules empruntées à rarilhmélique el à la géométrie, sciences dans lesquelles il avait acquis des connaissances approfondies. Or, le poème des Prisons de Marguerite de Navarre, qui forme l'appoint le plus considérable du recueil de ses Dernières poésies, el qui donne des renseignements si précieux sur les éludes poursuivies par cette princesse dont la curiosité de savoir était universelle, nous indique qu'elle n'était pas restée étrangère à celte branche des connaissances humaines * :
Puis j'assemblay ces livres fantastiques, Hcaulx el plaisans, où les mathcmaliqucs Lire l'on peull ; mais qui bien s'y adonne La volunléde la chair habandonne, Car le sçavoir en est si très exquis (Jue pour l'avoir tout l'homme y est requis. Pour y entrer fault passer une haye Bien espineuse, et qu'à peyne l'on ployé; Aussy, après ccste fascheuse peyne, Celluy qui peult courir dedans la pleyne Du beau verger de ces liberaulx artz, Ne changcroit au trésor des Césars,