‹ Grands écrivains français de la renaissanceChapitre 62 sur 95 · I. ftrrnicres fmésirs, p. 188 et · texte numérisé non relu

I. ftrrnicres fmésirs, p. 188 et

MARGUERITE DE NAVARHF: 169

Ne à leur pompe, où d'honneur sonf tous yvres. Le grant plaisir qui est dedans ces livres, Gouverlz d'argent, mais j'enlendz du plus fin. Et par dessus esicvay au naïf Rondz et carrez, triangles et compas, Reigles. lignes et sphère, ce que pas Je n'entreprendz de toutes les nombrer.

Tant y en a, que le seul remembrer Et les nommer n'est pas en ma puyssance ; Mais il faisoit beau veoir leur ordonnance. El du sçavoir qui est encloz dedans.

J'en laisse aux folz craindre les accidens ; Car si, sans plus, n'y avoit que musique Et ses accordz aveques rethorique, .T'aymeroys myeulx le bien d'un tel sçavoir Que posséder du monde tout l'avoir.

Des livres liz ung pillier, et sembloit Que sa grandeur terre et ciel assembloit.

L'éloge n'est pas banal ; il témoigne, de la partdu poète, d'une conviction sincère. Il est fort probable que, si les leçons orales de l^efèvre d'Etaples et d'Oronce Fine ont pu y donner occasion, les ouvrages de l'auteur du De /wdo globi étaient implicitement rangés parmi ces livres « couverts de l'argent le plus fin. » Et ce qui donne tout lieu de le supposer, c'est que l'un des passages les plus significatifs de ce même poème nous offre une définition de Dieu évidemment inspirée des traités De doclu ignorantia et De lado gtobi da Mcolas de Cuse, en même temps, — coïncidence remarquable, — que du De immortalilate aniinarum de Marsile Ficin. Voici, avant tout commentaire, ce morceau d'un souffle ferme et, l'on peut ajouter, nouveau, en tenant compte de l'époque où il fut écrit ' :

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