‹ Grands écrivains français de la renaissanceChapitre 75 sur 95 · CL · texte numérisé non relu

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ériidilion quelque peu pédante des choses de l'anliquité et des temps modernes, l'une des premières histoires morales des femmes. François Billon avait visité l'italie ; il exerça en Piémont les fonctions de secrétaire de Guillaume du Bellay dont Habelais fut le médecin, il connut donc, et de très près, l'auteur du Pan/agruel, et, s'il lui réserva dans son œuvre une place si particulière, ce fut en pleine connaissance de cause.

Motre auteur suppose l'honneur du sexe féminin représenté par une forteresse inexpugnable, pourvue de tous les bastions ^ tours, fossés, canons, engins et nninitions qu'il est possible d'imaginer. Dès le début, nous assistons à une sortie ou escarmouche qui permet à l'ingénieur du fort de faire trois prisonniers, vieux capitaines, qui « ont bien osé dresser en campagne d'écriture grandes batailles au deshonneur de tout l'honorable Sexe Féminin, » à savoir : Jean Boccace, auteur du Labyrinthe d'Amour; Jean de ^evizan, auteur de la Foret de Mariage, et enfin, Drusac, auteur de la (Controverse des sexes masculin et féminin.

L'historien nous donne un peu plus loin (fol. 29 v") la liste des poètes qui ont combattu, de son temps, dans le camp de la Vertu, c'est-à-dire des Dames: Jean de Vauzelles, Salel, « lieroet (dit la Maison neuve), qui du Poète philosophique a le nom, non sans mérite, » Bonsard, du Bellay, Saint-Gelais, Marot(.^), Jodelle, Baïf, Pelletier, Belleau, Tyard, Mailly, etc.

Pour nous en tenir aux adversaires, observons

I . CliacMii d'eux porte un nom: Force, Ma^'nanimité, Chaslclé, etc.

qu'à côté des trois noms notoires de Boccace, Nevizan et Drusac, Billon nomme encore plusieurs autres écrivains ou artistes de moindre importance, ennemis des femmes ou mêlés directement à la ci querelle » : Tauteur des Mot: dorez de Caton, le musicien Clément Janequin, messer Speron, auteur de la Dignité des Femmes, et Fauteur anonyme de cette Louenge des femmes citée plus haut :

(^Fol. 17 r°.) Gomme en semblable se peult bien dire d'un autre petit traitté qui trotte encor' par le Palais de Paris, et qui s'appelle [La Louenge des Femmes] composé, comme se peult croire, de quelque bon Pantagrueliste, dans lequel l'Esl^rit de Maistre Jan du Pontalais a voulu tenir les assises, pour, en gergonnant des Femmes, faire rire tout gaudisseur varlet de boutique. Choses qui sont d'autant moins d'efficace qu'elles ont eu ce bonheur de se decouvi'ir en cete saison de guerre ouverte contre tous ennemys de féminine grâce : outre ce que l'on scait très bien (a propos de livres qui n'ont point de nom d'ouvrier) que le loyer d'un bon labeur n'est autre cas que la notice du Maître, qui n'est moins désirée en chacun homme bienfaisant, qu'est le sçavoir par l'ignorant.

Le Docteur

Rabelais est

présenté aux

Dames pour

Butin.

Le nom de Pantagrueliste nous appargiît déjà comme synonyme de contempteur des femmes.

Mais tous ces agresseurs du sexe féminin pâlissent bientôt auprès de son plus célèbre adversaire, qui n'est autre que François Rabelais : voici comment son IIP livre est apprécié dans les pages qui suivent :

(Fol. 18 v i.j Voire mais, du butin (pourroitdirc quelqu'une) qu'en a-t-il été fait ? Quel bagage, quelles munitions avez vous peii butlyncr sus noz ennemys, pour témoingnage plus aparent

1. On n'a point reproduit la ponctuation spéciale de l'auteur ni respecté ses multiples majuscules.

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