‹ Grands écrivains français de la renaissanceChapitre 81 sur 95 · I. Corpus Reforinatorum. Calinni Opéra, t. III, p. xi · texte numérisé non relu

I. Corpus Reforinatorum. Calinni Opéra, t. III, p. xi

a. W. Walker, Jean Calvin, trad. Wciss (1909), p. i/|G-ii7.

JEAN CALVIN 32 ï

clirélion élait su[)i)osé avoir appris par cœur. L'on vrage est divisr ou six chapitres. I/auleiir traite successivement de la Loi lelle qu'elle est exp(jsée dans les Dix eoininaudeuieuts (eh. I"), de la Foi, résumée dans le symbole des Apôtres (II), de la Prière, dont l'Oraison dominicale fournit le type parfait (111). des Sacrements du baptême et de la Sainte-Cène (IV). Dans le chapitre V, il étudie les (- faux sacrements •> que l'enseignement de Rome a ajoutés aux deux primitifs ; enfin, dans le dernier, il s'occupe de lii « Liberté chrétienne, du Pouvoir ecclésiasti(pie cl de l'Administration civile ». Une (elle disposition devait être tiaditionnellement accessible à chacun ; d'autre part, eu égard à l'esprit de Calvin, formé par la culture juridique, elle offrait ce grand avantage de le mettre à même de fonder son exposé sui' des documents acceptés par l'immense majorité comme empreints d'une autorité indiscutable. La diiVusion de l'œuvre fut rapide ; elle dut être pour le jeune écrivain un singulier encouragement. Un an après la mise en vente de l'ouvrage, Oporin pouvait mander à l'auteur qu'on n'en trouvait plus d'exemplaires à Baie, et qu'à Francfort il en restait à peine cinquante, malgré l'envoi considérable qu'on y avait fait aux libraires de cette ville en vue de la grande foire annuelle (mars ib3-).

l'histoire de l' « INSTITUTION )) APRES l536. PRÉPARATION DE LA TRADUCTION FRANÇAISE,

Un texte, auquel on iia pas accord'é encore toute lattention qu'il mérite, nous renseigne, d'une manière qui semble probante, sur la première origine de la traduction française, faite par Calvin, de son Institution. Cette origine remonte plus haut qu'on ne le pense communément. Dès l'automne de i536, au moment même où commençait à se fonder son autorité spirituelle sur Genève, qu'il habitait depuis le mois de juillet, après un dernier voyage en France, Calvin s'occupait d'élaborer cette traduction. Le fait est important à retenir pour l'histoire littéraire de notre pays. Quatre ans après l'apparition du Pantagruel, et moins de deux après celle du Gargcuitua, le jeune Noyonnais songeait à donner en français une ceuvre qni eût été, à sa manière, une aussi grande nouveauté. Voici le document qui permet de l'établir : c'est une lettre écrite par le Réformateur, le i3 octobre i536, de Lausanne, à François Daniel, d'Orléans ^ Calvin explique à son ami comment une succession de circonstances plus ou moins fortuites l'ont amené à retarder sa lettre jusqu'à la date à laquelle il lui écrit. Il songeait à correspondre avec lui vers la fin de juillet, en profi-

I. Calvini Opéra, X, 2' partie, p, 03 et suiv., et Herminjard, IV, 8G et suiv.

laiil (le Idccasiijii fouiTiic |tur la foire de I.yoi» ((iii se leiiuitdu \ an i\) aoùl' ; mais ])our avoir srjouiju'à Genève el visité {{uclques églises en se leiulanl à Bàle, il a laissé échapper celledate favorable-. Revenu à Genève, vers le milieu d'août, il a été arrêté dans son travail une dizaine de jours, ])ar une violente indisposition ealarrliale. A la suite de eetlc alerte, dont il n'est pas encore bien remis, il a recouvré queUpie Icjisir dont il aurait j)u protiler pour éerirc à Orléans, mais il s'occupait alors activement de préparer rétlilion française de son livre et il avait tout lieu d'espérer de Joindre cette dernière à l'envoi de sa lettre •'.

Il est inliniment probable que Cahiu se trouva détourné de cett(; tâche [)ar la composition, que les circonstances durent rendre sans doute plus urgente.

1. Ceux qui, de l'inlt Ticnr do la Suisse, voulaient envoyer leurs lettres en France, les remettaient ver? la fin de juillet aux marchands qui se rendaient à Lyon pour la foire (Herminjard).

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