Voy. plus bns p
3. « Post amis'iam illain occasioncm, tamcisi ocii satis fuit ad scribendum, neque penitus clausa erat lileris nostris via, quia laineii singulis monifiitis de gallirii lihclli nnslri editionc royitahamus, et spes prope certa jam esse cicperat, literas ejus accessione dotatas vcnire ad vos malcbam quam inanes. » Il faut comprendre littéralement : (( parce que je m'ijccupais de l'édition française de mon livre à tous mes moments de loisir ». Libellns esl h' terme dont Calvin se sert en parlant de l'Insl'Uulion de lôSG, dans celte édition mvme (Calrini opéra, I, p. i5o): «...ne hic nof^lcr UlicUiis, quem ad encliiridii brevitatem exigere volo. in immensum e\trahatur. » On peut être assuré que, dans le passapc de sa lettre de i.')3f) h Daniel qui vient d'être évoqué, le Réformateur ne vise pas l'édition française de sa Psychopannychia qui ne parut qu'en 157)8 et qui n'est pas de Calvin lui-même. La première édition latine de cet opuscule ne parut d'ailleurs qu'eu i5.'i2. Depuis le mois de mars i53<'i, date de l'apparition dn l'iitxtitution. jusqu'au mois d'août suivant, épo(iue de son arrivée à (ienève, Calvin avait circulé continuellement ; il avait visité Forrare, le Val d'Aoste, Bdic et Paris. Retrouvant quelque tranquillité pour la première fois, à Genève, après sa maladie, en août, il est tout naturel qu'il se soit occupé de traduire le livre qui venait d'avoir un si vif succès.
oai GRANDS ÉCRIVAINS DE L\ «ENAISSANCr:
de son CaU'chisrnr JntnraisK formulaire abrégé de la religion chrétienne destiné aux fidèles qui commencent à s'en instruire. On sait que ce précieux texte, publié pour l'église de Genève au commencement de Tannée iGSy. n'a été retrouvé et réim- ])rimé qu'en 1878. En réalité, ce catéchisme était un résumé et comme la quintessence de VInslitulion ]jlut(jt qu'un manuel viaiment approprié à la portée des jeunes esprits qu'il s'agissait d'initier à la connaissance de la nouvelle doctrine. On peut le considérer comme une sorte d'adaptation française du premier texte de V Institulion. Les savants éditeurs modernes de ce livret ont remarqué avec raison que si V Instruction et conjession defoy dont on use en l'Eglise de Genève paraît construite sur le plan du grand catéchisme de Luther, c'est que ['Institution de i536 elle-même avait déjà adopté ce plan et que y Instruction l'avait suivie pas à pas. c Entre les deux écrits le début seul diffère : tout le reste de l'abrégé est extrait et même, dans la seconde mioitié, textuellement traduit de l'ouvrage principal. I^a fin de l'un et de l'autre se rapporte à l'Eglise et à l'Etat, double sujet que n'ont pas abordé les catéchismes de Luther- », et qui nous révèle l'aspect le plus original (lu génie du futur chef de la Réforme fiançaise.
Au moment de Pâques de i538, Calvin dut quitter Genève, on sait assez pour quelles raisons, et se reti-
1 . Le catéchisme français de Calvin publié en 10.37, réimprimé pour la première fois d'après un exemplaire nouvellement retrouvé et suivi de la plus ancienne confession de foi de V Église de Genève, avec deux notices, par Albert Rilliet et Théophile Diifour, Genève. H. Georg, 1878. Ce Yolurne est un modèle remarquable de critique et d'érudition.