‹ Grands écrivains français de la renaissanceChapitre 84 sur 95 · L « INSTITUTION )) ET L EVOLUTION INTELLECTUELLE DE LA RENAISSANCE · texte numérisé non relu

L « INSTITUTION )) ET L EVOLUTION INTELLECTUELLE DE LA RENAISSANCE

Au cours de leçons professées récemmenl au Collège de France, sur révolution iiilcllcctuellc durant le XVI" siècle, nous avons cru devoir insister sur la nécessité de distinguer plusieurs périodes très différentes dans l'histoire de la Renaissance franvaisc. Ces distinctions sont essentielles : faute d'y recourir, une synthèse de cette magnifique épo([uc riscpie de manquer à peu près complètement de clarté et, si j'ose dire, de vérité. La période dans laquelle prend place le texte français de i.l/ji est celle qui va de i53oà i55o. Avec l'année i3ûO, en effet, nous assistons à ce qu'on peut appeler le premier épanouissement de la Renaissance. Avec elle s'ouvre la période du grand réveil ; tout le monde, malgré les dilïïcultés qui s'annoncent, se sent joyeux, allègre. Chacun crie à sa façon : « A boire! ». comme Gargantua naissant. Une curiosité infinie embrase les esprits. Les luttes mêmes qui s'engagent apportent la preuve de la rénovation qui s'accomplit dans la plupart des branches du savoir humain ; elles sont comme le signe de la prodigieuse vitalité qui s'airirme. Entre i53o et i54o, la marche en avant est marquée surtout par un progrès décisif des études savantes etde la philologie antique. François I" fonde le Collège de France en i53o. pour encourager, en même temps que la connaissance des langues clas-

34o GRANDS ÉCRIVAINS DE LA RENAISSANCE

siqiies ot orientales, l'humanisme qui a définitivement conquis droit de cité dans notre pays. Mais, dès ce moment aussi, notons-le, la Renaissance et la Réforme tendent à se séparer. Des controverses s'ouvrent un peu partout, qui passionnent les esprits cultivés ou les mettent aux prises avec les défenseuis obstinés du passé. Cependant, on voit apparaître, en i532, V Adolescence Clémentine de Marot, le premier poème de Marguerite d'Ângouléme, et le Pantagruel de Rabelais, bientôt suivi du Gargantua ; Calvin, en i536, publie le texte latin de son Institution ; en i538, paraissent le Cymbalum mundi de des Périers et les Commentaires de Dolet. En i539, le roi promulgue ledit de Yillers-Cotterets, si important pour le développement et la diffusion de la langue française. Un peu partout, à Toulouse, à Lyon, à Montpellier, en Poitou, à Orléans, à Bourges, des cénacles littéraires se forment, qui contribuent au progrès du goût. Période d'organisation, durant laquelle les bonnes volontés se cherchent et se groupent, les fins se précisent, les premiers eflbrts sont tentés pour constituer une pensée originale. C'est ainsi que le platonisme réapparaît avec Ramus, Antoine Héroët et plusieurs autres ; puis, quoique timidement, le rationalisme et toute une doctrine indépendante dont les traces se retrouvent dans plusieurs ouvrages ou documents, et que la lettre d'Antoine Fumée à Calvin, vers i5/i2. a si fortement caractérisée. Il semble même qu'à cet égard l'année qui précède celle-là ait marqué l'apparition d'une véritable crise. En même temps, la vie de société commence à s'organiser sur de nouvelles bases : la querelle des Femmes, de l'Amour et du

JEAN CALMN o/j l

Maria^a'. ost rouverlc avec un ictciitissomenl (^xlraordinairc ; les droits de la passion sont i)rotlainés et défendus; la vie est brillante, les fêles nombreuses et splendides, les mœurs, plus polies que jamais. Dans tous les milieux mondains, le ji:(tùt de la eonversation fleurit : Vllriittinirron nous en oITrede pi(piants modèles. C'est alors, en réalité, que commenee de se foitncr l'idéal mondain de llionnètc homme, cette ileur de la sociabilité française. A Lyon, une civilisation particulière s'épanouit, pénétrée de pétrarquisme et d'italianisme. Mais, [)ar contre, le christianisme perd du teriain : n'oublions pas que dans l'abbaye de Thélème, il n'y a place ni pour une église, ni même pour une chapelle. La pensée tend à se laïciser, à s'élai-^ir; elle ac([uierl i)lus de souplesse et de variété. J)'ailleurs, les Krançais, au au lieu de rester attachés à leurs seules traditions, voyagent et s'inquiètent des mœurs étrangères; des missions sont envoyées en Italie et en Orient ; les Italiens s'implantent plus nombreux sur notre sol. Le culte de l'antiquité se trouve ainsi favorisé par des causes niulliples ; les Français tentlcnt à s'assimiler ses principes de vie et à en pénétrer leur existence. Mais voici que devant ces menaces de paganisation, en face des platonisanls, stoïciens, épicuriens et « lucianistes », VfnstUulion fiançaisc se dresse, engageant le combat contre la jiensée antique et faisant éclater à tous les yeux le conflit qui existe entre le cliristianisme et la j)hilosoi)hie ; elle montre celle-ci sinsinuant dans toute la vie intellectuelle, sous couleur de littérature. L'attaque sera reprise dans V Excuse aux Nicodémites (i5/|()), où Calvin dénoncera à nouveau le péril avec une clair-

voyance ironique et en malmenant assez rudement les « gens de lettres » , et ensuite dans le traité Des Scandales (i55o). Son œuvre française s'insère donc, en i54i, au milieu d'une période de crise et d'organisation tout ensemble. A la faveur de la lutte, les théories vont par nécessité devenir plus précises ; elles s'opposeront fortement les unes aux autres. La doctrine esthétique va se fixer, cependant que la science poursuivra ses conquêtes avec Ferncl. Paré, Fine, Gilles, Rondelet, Belon, Ruel, Yésale et Copernic. Que de pas en avant réalisés entre i54o et i55oI On peut donc dire que V Institution est venue à son heure et que toute cette ambiance profane que l'on vient d'indiquer sommairement l'explique autant que les circonstances politiques ou proprement religieuses et théologiques.

Avec la période qui suit, et qui s'étend de i55o à i58o, on verra s'affirmer le retour au paganisme, le triomphe des idées antiques. La philosophie a parfait l'œuvre commencée à l'époque précédente. Ce caractère païen se révèle aussi bien dans l'art que dans les lettres et les sciences morales et spéculatives. Culte de là forme, souci de l'élégance, religion de la Beauté et de la Nature, tels sont l'idéal et les qualités suprêmes auxquels aspirent les poètes, avec Ronsard et la Pléiade, les sculpteurs avec Jean Goujon et ses émules. La fontaine des Innocents, qui est des environs de i55o, semble le symbole de ce temps aussi bien que les Odes ou les Amours des poètes. Même tendance en architecture où les ordres antiques se substituent à la vieille construction française. La philosophie chrétienne des Lefèvre d'Étaples ou des Erasme est bien oubliée, sinon dédaignée ; un

JEVN CALVIN .>4>>

homme surtout hi remplace : c'est le pliilosophc orec Plutarque qui. traduit i)ar Amyol, apporte aussi bien dans ses (/l-Juvres inoralrs que dans ses \i£s parallèles, la vraie moelle de la jicnsée anti<|uc. On voit renaître répicurisme, le stoïcisme et l'ancien rationalisme. Mf)nt;n*cm\ foncièrement épicurien, achèvera i"é\olution commencée cin([uante ans plus tôt, avec ses Essais, imprégnés d'une morale toute païenne, qui va devenir celle de l'honnête homme. Le xvn" siècle continue, à cet égard, le xvi' siècle, beaucoup ])lus qu'on ne la supposé en général. On ne saurait trop insister, en effet, sur le caractère laïque et, malgré tout, peu chrétien de la littérature <Iu xvn*^^ siècle, même en dehors des libertins. Du point de \uv qui dominait sa pensée, Cahin avait donc aperçu cl dénoncé le danger avec une clairvoyance evtraordinaire ; il devinait, plus nettement que personne en son temps, le dualisme moderne que la Renaissance était en train de créer.

LA 1 OlOLvriON LrrTEHAIRE DE CALVIN.

Comment Calvin a-t-il acquis le goût et la culture littéraire qui ont fait de lui un des maîtres les plus admirés de notre langue ? Certes, il faudrait d'abord demander le secret d'une telle perfection, si surprenante à l'aurore «le la littérature moderne, à son génie naturel, fait d'ordre et de clarté, en même temps qu'à son tempérament passionné. Essayons

loulefois de dégager les causes qui ont dû favoriser sa formation d'écrivain. En premier lieu, il importe plus spécialement de rappeler son éducation de juriste, rompu à l'art des définitions et des divisions, habitué à sérier les questions, à disposer les arguments et à tirer d'un texte tout ce qu'il est susceptible de donner, N'oublions pas, d'autre part, que le Réformateur sortait d'une famille de procureurs et d'hommes d afl'aires. Il y eut une autre influence dont il y a lieu de tenir compte au plus haut point : nous voulons parler de l'action personnelle d'un éducateur incomparable auquel Calvin n'a cessé, pendant toute sa vie, de prodiguer les marques émues d'une tendre reconnaissance. Il s'agit de Mathurin Cordier, son ancien professeur au collège de la Marche. Je ne reviendrai pas sur ce qui a été dit ailleurs touchant ce maître unique, l'un des grammairiens les plus distingués de l'époque, professeur consciencieux et dévoué entre tous, qui, dans un domaine modeste, sut réaliser quelques-unes des innovations les plus heureuses de l'enseignement. Sans les soins éclairés d'un Cordier, Calvin nauiait pu suivre plus tard les leçons des Danès et des VYolmar avec le même fruit. Qui sait, écrivions-nous il y a quelque vingt-cinq ans, si ce prodigieux talent littéraire, qui fut pour son œuvre de réformateur une arme si puissante, se fût développé à ce point sans l'initiative de ce profond éducateur ^ ?

Depuis, notre conviction n'a fait que s'accroître. Si l'auteur de Vlnstilution a été un latiniste si remar-

I. A. Lefranc, La Jeunesse de Calvin, p. 09 et suiv. Vo\. aussi E. IJoumergue, Jean Calvin, I, p. 58 et suiv.

qiiablc, sil a su profiler de cette connaissance de la hui^njc aiiliijue [)oiir ajjplicjuer sa langue malcrnelle à des matières hautes et graves qu'elle ignorait jusqu'alors, c'est grâce à son premier maître de grammaire qui lui comnumiqua le goût des belles lettres. L'utile action de Melchior AVolmar put s'exercer ensuite avec elTicacilé. Plus lard, le contact prolongé avec Sénèque et aussi avec les textes juridiques les mieux élabDivs qui soient, acheva l'initiation commencée sous des auspices si favorables.

Demandons une fois de plus à Calvin lui-même deux témoignages dont la portée sera d'autant plus grande qu'il a été amené à les formuler à plusieurs années d'inlervalle. C'/esl dans ses célèbres Com//i«'/*taires sur les epislres de l Apostre S. Paul que nous rencontrerons ces deux textes.

Voici d'abord un passage emprunté à lépilre dédicatoire du Commentaire sur la seconde epislre aux (lor'udhiens {i^k') adressée à Melchior Wolmar :

(' Premièrement, il me souvient de quelle affection ^ous ave/ entretenu el augmenté ce commencement d'amitié que javoye avec vous de long temps ; combien vous avez esté prest d'employer franchement et vous et voslre pouvoir pour moy, quand vous avez pensé que l'occasion se présenloit de monstrer voslre amour envers moy : comment vous m'avez offert voslre crédit pour m'avancer, si la vocation, à laquelle j'csloye lors attaché, ne m'eusl cmpesché de l'accepter. Mais il n'y a rien quej'aye trouvé si bon. que la souvenance de ce premier temps, quand estant envoyé par mon père pour apprendre le Droict civil, je conjoigni. vous ayant pour conducleur et maistre, avec l'eslude des loix

les lelres Grecques, lesquelles lors vous enseigniez avec grande louange. Et certes il n'a point tenu à vous que je n'y proufilasse d'avantage : car de vostre grâce vous estiez prest de me tendre la main, jusques à ce que j'eusse parachevé le cour de l'estude et vcu ce qui en est dun bout en autre, n'eust esté que la mort de mon père entreveint, laquelle fut occasion de me distraiie lorsqu'il n'y avoit pas longtemps que j'estoye en train. Tant y a toutesfois que je me recognoy grandement obligé à vous, de ce que pour le moins j'ay apprins sous vous les commencemens, lesquels m'ont depuis aidé. Parquoy je n'ay peu autrement contenter mon désir, qu'en laissant à ceux qui viendront après nous, un tesmoignagc que je n'ay point voulu estre ingrat envers vous : par mesme moyen faisant aussi que vous receussiez quelque fruit, avant moindre, de vostre labeur ancien, duquel je sens encore aujourd'huy le proufit. » (i" août i5/i6.)

Quelques années plus tard, dans le Commentaire sur la première epistre aux Thessaloniciens (i55o), nouvel hommage, adressé, cette fois, à Mathurin Cordier et exprimé en termes non moins touchants :

« C'est bien raison, que vous aussi ayez part en mes labeurs, veu que sous vostre conduite etaddresse ayant premièrement commencé le train d'estudier, j'ay pour le moins avancé jusques à ce poinct, de pouvoir en quelque sorte proufiter à l'Eglise de Dieu. Lorsque mon père m'envoya jeune enfant à Paris, n'ayant seulement que quelques petits commencemens de la Langue Latine, Dieu voulut que je vous rencontray pour mon percepteur quelque peu de temps afin que par vous je fusse tellement addressé

au vray chemin cl droilc l'iiçou d'apprendre, que j'en peusse puis ajjiès ancuucniciil mieux proulitei'. Car comme ainsi soit que vous eussiez tenu la première classe, et là enseigne avec grand honneur, loulosfois pour ce ((ue vous voyiez que les enfans façonnez par les autres maislres par ambition et bravade, n'estoycnt point fondez à bon escient, et n'apportoyent rien de ferme, mais avoyent seulement quehyues boullees poui" faiie mine, en sorte qu'il vous laloil recommencer à les façonner de nouveau, vous estant fasché d une telle peine, estiez ceste année-la descendu à la quatrième classe. Voyla bien quelle estoit votre intention : mais cependant ce me fut un singulier bénéfice de Die>i, de rencontrer un tel commencement d'instruction. Et combien ([u'il ne me fusl jias permis d'en jouir longtemps, pour ce qu'un homme estourdi et sans jugement, lequel disposoit de nos estudes à son vouloir, ou plutost selon sa foie fantasie, nous feit incontinent monter plus haut : loutesfois Tinstruclion et addresse que vous m'aviez donnée me servit si bien depuis, qu'à bon droict je confesse et recognoy estre tenu à Aousdu pioufil et avancement tel qu'il s'en est cnsuyvi. De laquelle chose j'ay bien voulu rendre tesmoignage à cens qui viendront après nous, afin que s'il leur revient quelque utilité de mes escrits, ils sachent qu'elle est en partie i)rocédée de vous. » (17 fév. ij5o.)

Ces dernières lignes, si explicites, constituent un témoignage préci(nj\ sur les origines de !a formation littéraire du Réformateur ; elles prouvent par ailleurs que le cœur, chez Calvin, quoi qu'on ait pu dire, était à la hauteur de l'intelligence. Autrement,

la séduction infinie qu'il exerça autour de lui ne s'expliquerait pas.

Un texte peu connu, qui appartient au plus ancien ouvrage de Calvin et à ses années de jeunesse studieuse, nous révèle ce qu'étaient, vers l'âge de vingttrois ans, ses idées en matière de style. Calvin nous a laissé, en latin, une étude de critique littéraire, la seule qui soit sortie de sa plume : c'est la préface de son Commentaire sur le De Clemeniia de Sénèque, publié en i532, son premier volume. On en trouvera la traduction dans une remarquable étude due à un écrivain regretté, Henri Lecoultre ^ J'en citerai ici un extrait caractéristique. Après avoir protesté contre les injustes attaques dirigées contre le philosophe latin, il cherche à dégager ses mérites plus proprement littéraires : « Pour autant que j'ai quelque intelligence de ces questions, Sénèque fut un homme d'une grande érudition et d'une éloquence remarquable. Quel genre de connaissances a été inaccessible à cet heureux génie ?... Il possède toute la dialectique nécessaire à l'ornement de son discours. Sa mémoire lui fournissait des traits de l'histoire ancienne toutes les fois qu'il en avait besoin ; il s'y est pourtant parfois trompé, faute d'avoir été assez exigeant envers lui-même. Sa manière de parler est élégante et fleurie, son style n'est pas recherché, il coule sans effort ; le ton de son discours est modéré, comme il convient à un philosophe : il s'élève pourtant parfois, et l'on peut

I. Henri Lecoullrc, Mélanges (Lausanne, Bridelj, s. d., p. 87 12O : <( Calvin d'après son Cominciituirc sur le De Clemenliaûc Sénèque (ir)32). » L'auteur donne en appendice la liste des classiques latins et grecs, des Pères de l'Église et des humanistes cites par Calvin dans son

Commentaire.

s'assurei' (juc l;i Aciiic .sublime no lui ;iur;ul pas inaiiqiit'. s'il l'avait recherchée. Presque tout le mon(l<' lui reproche son lu\c de paroles et sa prolixité ; Je conviens (pi'à cet égard il en fait trop, et je pense que ce soûl là les défauts agréal)les dont il est rempli, uu juj^-ement de Ouintilieu. Je re<^rette aussi chez lui labsence de l'ordre, celte lumière du discours. Mais combien ces défauts nous paraîtront peu importants en comparaison de ses qualités ! Qu'on se souvii'une seulement rpie Jamais aucun génie n'a pu nous plaire sans (jne nous \ missions de lindulg^ence. .le ne vcuv |)as m'arrèler j)lus longtemps, disons-le une fois |)oin" toutes ; Senècpie est le premier après (^icéron, il est une colonne de la philosophie et de l'éloquence romaines. Car nous avons perdu Brutus et ses pareils. C'est ce qu'apprendront ceux qui consacreront leurs meilleures heures à le lire ; Je léponds qu'aucini d'eux ne legrettcra sa peine, à moins qu'il ne soit né sous la colère des ■Muses et des Grâces. »

Si l'on examine attentivement le commentaire qui suit cette préface, on est étonné de constater l'ample et solide érudition de ce Jeune homme de vingt trois ans : il cite déjà couramment llomcre, Platon. Aristote, Plutarque et d'aulres ; il connaît la littérature latine dune manière à peu près complète, non seulement les moralistes, les philosophes, les orateurs, les poètes, les historiens, mais encore les jurisconsultes, les grammairiens et les écrivains les plus spéciaux, sans omettre les commentateurs ni les érudits modernes. Il s'est nourri de la moelle des leltres antiques : le voilà capable d'affirmer sa maîtrise dans l'art d'écrire. Une telle formation

devait lui permettre, quelque dix ans plus tard, de composer un des grands livres de la prose française.

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