‹ Grands écrivains français de la renaissanceChapitre 86 sur 95 · I. Hist. de la Uinjue et de la lilt. fr., III, p. 3.'iG · texte numérisé non relu

I. Hist. de la Uinjue et de la lilt. fr., III, p. 3.'iG

titucnt, clans lordonnance intérieure et la juste jjioportiou de chaque membre de plirasc. Tl est visible que le Réformateur a diminué autant qu'il a pu les termes de relation, les locutions accessoires, simplifiant la marche de ses périodes, pour développer et mettre en relief, comme l'a noté M. Châtelain, les mots de valeur, augmenter la cadence de la phrase, la rendre plus aisée, plus harmonieuse à réciter. A cet égard, son goût pour la musique et la piatique de la parole, qui lui a communiqué par la suite une abondance parfois excessive, ont accru certainement chez lui le sens musical des mots et des phrases. Il a recherché d'instinct les résonances pleines et agréables. « 11 en est arrivé à apprécier dans les vocables qu'il emploie la matière sonore, et, peu consciemment ou pas du tout, il a, lui qu'on jugeait monotone, lui qui ne cherchait jamais à plaire, fait des concessions au plaisir de l'oreille ; il a, en recherchant dans une mesure à peine sensible la variété des consonances, observé une des lois musicales de la belle prose ^. » Par là Calvin s'est montré, beaucoup plus qu'on ne la cru, un véritable artiste ; artiste, il l'a été par la manière dont il a compris la

1. Revue Foi et Vie, içtoç), p. GlJS. Un rapprochement curieux s'impose à cet égard. ,Ie suis persuadé que le style aisé et coulant de YHepInméron de Marguerite d'Angoulème, d'une allure si moderne et si en avance sur celui de tous les prosateurs contemporains, par sa claire syntaxe et l'absence des archaïsmes, s'explique tout naturellement par l'influence de la conversation des milieux polis de la cour. Marguerite excella dans l'art de diriger ces entretiens, et il parait bien évident que si la langue de ses contes témoigne d'une telle facilité, c'est que la conversation l'avait épurée, assouplie et débarrassée de toutes les complications inutiles auxquelles tant d'autres écrivains restaient asservis. Il y a donc entre le style de Calvin, formé par la prédication, et celui de Marguerite, formé par la conversation élégante, un rapport intéressant qui mériterait d'être étudié avec quelque détail.

JEAN CVLVl.N .>.»'J

construction el le vocabulaire, et dont il a usé des images et des comparaisons, tour à tour pittoresques el savoureuses. Clarté, concision, vie et mouvement : il a tendu, j)ar un ellort continu el volontaire, vers ces qualités souveraines qui devaient conférer à la prose française la plus enviable des couronnes : l'universalité '.

niSïOniE DU TEXTE DE L LNSTrrtTlON.

VALEUR ET VUTHEKTICITÉ COMPAUATIVES DES I-JOIIIONS

DE l54l ET DE 1060.

Abordons maintenant une question très importante que nous avons léservée jusqu'à ce moment. Quelle est la valeur littéraire propre du texte français de lô'ii et quels sont les motifs qui nous ont décidé à le rééditer à part ? Par quelles considérations avons-nous été amené à concevoir la nécessité d'entreprendre cette réimpression particulière ?

Quand les admirables éditeurs des Opem Calviiii dans le Corpus rejbrinalonun (Brunswick) donnèrent en i865, au tome III de leur recueil, le texte français de Vlnstilndon, voici comment ils comprirent el réalisèrent leur tàelic. Après avoir rcmai-

I. Vmir apprécier, en loule connaissance de cause, la place de Vliisliluliuii dans notre histoire lilléraire, il Serait toulefois m'-ccsrairc que l'Iiisloire du genre de la traduction au xvi' siècle fût ikrite ; or, nous sommes encore loin de posséder une telle élude. J'estime qu'elle sugjjércra, quand elle sera élaborée, des comparaisons qui nous manquent actuellement.

358 OIîANDS ÉCRIVAINS DE LA RENAISSANCE

que qu'il n'existe pas de texte français correspondant à la première édition latine et que les autres recensions de l'ouvrage, toutes représentées par les éditions françaises qu'ils avaient sous la main, pouvaient se combiner aisément au moyen de renvois et de notes marginales, surtout après le soin qu'ils avaient mis, en les publiant d'abord en latin, à les distinguer à l'aide des ressources de la typographie, ils continuaient ainsi : << Il s'agissait donc seulement de choisir, parmi les éditions existantes, celle qui devait servir de base à la nôtre. Car tout d'abord nous adoptâmes le principe de réimprimer, non un texte combiné, c'est-à-dire offiant pêle-mêle des leçons empruntées à diverses éditions, mais le texte pi'opre et particulier d'une seule édition, sauf à y joindre les variantes des autres, ^otre choix ne pouvait être douteux. Nous dûmes prendre un exemplaire de la dernière recension, de la rédaction définitive dans laquelle V Institution a passé à la postérité. Il est vrai que les textes antérieurs sont, dans un certain sens, plus authentiques, comme nous l'avons démontré plus haut. Mais si nous nous en étions tenus à ceux-ci, il aurait fallu reléguer en marge la plus grande partie de l'ouvrage, dans sa forme actuelle, ce qui aurait été peu rationnel, tandis qu'en procédant de la manière opposée les notes devenaient plus courtes et plus rares. Enfin, parmi les éditions de la dernière recension, nous dûmes choisir la toute première, comme la seule qui pouvait encore passer, dans une certaine mesure, pour avoir été publiée sous les yeux mêmes de Calvin, la plupart des autres n'étant positivement que des entreprises privées de divers libraires, nous

JEAN CALVIN SSq

dirions aujourd'iiui des contrefaçons. Ainsi ce que nous offrons ici au Icclour, cesl l'édition de lâGo, impiinK'c à Genève par Jean Crespin. »

Tel fui le système adopté par les auteurs des Opéra. Ce n'est donc qu'à regret, pour ainsi dire, que les savants éditeurs slrasbourgeois n'ont pas pris pour base de leur travail le texte de i5/ii. L'hommage qu'ils se sont plu à rendre à sa valeur exceptionnelle se justifiait par les déclarations qu'ils avaient été amenés à formuler quelques pages plus haut. « Ayant réussi, disent-ils (page xxv), à nous entourer de toutes les éditions publiées du vivant de l'auteur, nous les avons minutieusement comparées entre elles et avec les textes originaux correspondants. Ce travail nous a fait faire des découvertes assez importantes sur la nature de la traduction, sur ses rapports avec le texte lalin, sur le degré de fidélité qu'on peut lui reconnaître, enfin sur la part même que Calvin peut y avoir prise. Nous avons reconnu qu'on ne peut attribuer à l'auteur lui-même, avec une entière certitude, que la première rédaction du texte français, tel qu'il parut en i54i, peut-être encore le remaniement remarquable et tout exceptionnel des premiers chapitres de la deinière rédaction publiée en i56o. En efï'et, il ne peut y avoir de doute à l'égard de la première édition, puisque Calvin en fait la déclaration expresse à deux reprises différentes, sur le titre et dans la préface. Les mêmes raisons décideront la chose à l'égard des éditions subséquentes, lesquelles, à quelques additions près, reproduisent le texte primitif. Il en est autrement de la dernière recension qui s'annonce elle-même (dans les exemplaires des deux langues) comme

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(Hignicntée de tel accroissement qu'on la peut presque estimer un livre nouveau. A en juger par le commencement de ce texte définitif, il paraît que l'auteur a voulu donner lui-même une traduction entièrement refondue. Car ce commencement ne correspond avec aucune des traductions antérieures, pas même dans les parties ou phrases qui n'ont point été changées dans l'original. Aussi avonsnous cru devoir faire imprimer les deux textes de cette partie de l'ouvrage. Cet essai d'une traduction nouvelle s'arrête au septième chapitre du premier livre. Tout le reste se compose de fragments de l'ancienne traduction, là où le texte latin est resté le même (quoique dans ce cas aussi il y ait des changements assez fréquents), et d'une traduction nouvelle des additions complémentaires qui forment presque la moitié du texte actuel. Or, c'est cette partie très notable de la traduction que nous ne saurions attribuer à la plume de Calvin. Il est même peu probable qu'il ait seulement revu les épreuves. Car non seulement nous avons rencontré un grand nombre d'inexactitudes, d'omissions, d'additions oiseuses et embarrassantes, mais encore des passages oii il est évident que le traducteur n'a pas même compris le texte latin. Un simple coup dœil sur les notes critiques que nous avons jointes à notre texte convaincra le lecteur de la justesse de notre assertion. Mais on nous permettra de la justifier ici par un petit nombre d'exemples choisis au hasard dans les notes du présent volume. »

Les éditeurs (p. xxvi) énumèrent ensuite les principales fautes relevées par eux dans le texte de i56o. En voici seulement quelques exemples : Ch. i3, S 8.

D'après le passage de Jacques, I, 17, il n'y a pas en Dieu transmuiutio vel coiiversionis obunihratio (oiubre de cliangenicnt) ; au lieu do cela le traducteur uiot : ny ombrage lournunt. — Gh. lô, § 8. En parlant d'Adam l'auteur dit : jSuWi itnpnsihi fuit. Dm iicccssilas. qain illi darcl... le traducteur met la phrase absurde : nulle nécessité ne luy a esté imposée de Dieu, etc. — Livre II, ch. 3, § /i : Plato l'eyumjilios ereari dicil fdiqmi singulari nota insignes ; Platon dit que les enfants des Rois sont composez d'une masse précieuse. — Ch. 8, § 01. Le Sabbat a élé iiislitué comme un mystère, c'est à-dire comme une préJiguration de perpétua nostrorum operum quiète, de notre repos futur et éternel. La traduction dit : que le peuple fust instruit de se démettre de ses œuvres. — Livre III. ch. 2, § 12 : Calvin, [)ar allusion à I Tim. 1, i(j compare une bonne conscience à l'arche de Noë, arcae in qua custoditur fides, le traducteur y substitue, un coffre, parce qu'il ne s'est pas rendu comple de l'imagé; ch. 3, § i. Calvin établit la thèse que la foi doit précéder la pénitence. C'est là pour lui une partie intégrante de son système, et il combat ceux qui sont d'un avis contraire. Cette polémique commence par la phrase : Quibus aulem videtur Jidem prsecedere pœnitentia etc., ce qui veut dire à la lettre : ceux au contraire auxquels la pénitence apparaît comme précédant la foi. Mais le traducteur a rais tout juste le contraire : ceux qui cuydent que la Joy précède la pénitence... etc.

Voici la conclusion de MM. Baum. Cunitz et Reuss : i< Nous espérons qu'après avoir lu et apprécié ces passages, nos lecteurs trouveront que notre jugement sur le degré d'authenticité de la tra-

duction française de l'Institution, telle qu'elle a été imprimée depuis i56o, n'est pas trop hasardé. Il est de toute impossibilité que Calvin se soit rendu coupable d'une légèreté telle que nous l'avons rencontrée dans maint endroit de ce texte ; il est impossible de supposer que l'auteur ne se soit plus compris lui-même en traduisant, ou qu'il n'ait pas su exprimer en français ce qu'il avait écrit en latin. Au besoin, sa première traduction elle-même viendrait à l'appui de notre thèse, par sa scrupuleuse exactitude.

« Ce sera donc un fait désormais établi que la traduction française de V Institution, dans sa forme définitive et reçue, en exceptant les parties conservées de l'ancienne rédaction, a été rédigée avec une certaine incurie, par des mains moins habiles et sans le contrôle de l'auteur. Ce fait nous expliquera mieux encore la différence déjà signalée entre l'original et la traduction. Le premier est, pour le style, un chef-d'œuvre de simplicité, d'élégance, de concision et de mâle vigueur. Ces mêmes qualités ne se retrouvent qu'à un faible degré dans la rédaction française et seulement clans les chapitres qui traitent des sujets populaires de religion et de morale. Bien souvent, dans les autres, pour comprendre la phrase française, il faut avoir recours au latin et rien qu'en comptant les pages des deux textes on peut mesurer la distance qui les sépare et apprécier la différence entre la clarté seri-ée de l'un et la prolixité obscure de l'autre. C'est au premier seul que Calvin a imprimé le cachet de son génie ; le second, inspiré d'abord par le sentiment du devoir, n'a jamais été à ses yeux qu'une œuvre en sous ordre,

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à ri'frard de laquelle il renonça bientôt à ses droits d'auteur, llàlousiious cependant d'ajouter que nous sonnnes bien loin de nireonnuitre la valeur propre de celte traduction, même dans sa dernière forme. On ne saurait nier qu'en bien des endroits la version de ii"j6o est positivement meilleure que celle de I j'ii. Et si nous comparons l'ouvrage en général ;mi\ autres productions littéraires du temps qui ont quelque analogie inec lui, nous en constatons facilement les qualités supérieures. C'est le premier essai, aussi heureux que courageux, de faire parler science et théologie à la langue des Joinville, des Monslrelct et des Clément Marot. n

Près de trente ans plus tard, les considérations émises par les éditeurs du Corpus refovmatorum attirèrent l'attention d'un pénétrant histoiien des lettres. M. Lanson. dans la Revue historique de 1894 (p. Go et suiv.), reprit la question posée en i865. Résumant la thèse de ses prédécesseurs : « On aperçoit, disait-il, toute la gravité de cette conclusion. Près de Id mo///VWle Vliislilulion française de i5Go ne saurait être attribuée à Calvin. Or, c'est la traduction de lôGo qui a toujours été réimprimée. C'est d'après l'édition de i5()0, ou une de ses dérivées, qu'a été faite l'édition de i85g. (Paris, Meyrueis et C'") ; c'était l'édition de i56o, que reproduisait M. liaumgartner à Genève eji 1887. Et naturellement Vlnstilul'um qu'étudient et jugent tous nos critiques, y/nsdtution dont nos éditeurs de Morceaux choisis, AI. Marcou, M. Hatzfcld, M. Cahen, donnent des extraits, c'est V Institution de lôGo, c'est-à-dire un ouvrage où la moitié du texte à peu près n'est pas de Calvin. Vous vovc/ le désastre, si les éditeurs du

Corpus ne se sont pas trompés. — Ils ne se sont pas trompés tout à fait, mais ils n'ont pas aperçu l'entière, l'exacte vérité. »

Le même critique montre d'abord que certaines des fautes, d'où les éditeurs strasbourgeois concluent à l'inauthenticité de l'ensemble de la traduction, se rencontrent dans des morceaux dont ils ne songent pas à nier rauthenticité, De plus, ceux-ci relèvent, semble-t-il, des contresens qui n'en sont pas. Les inadveiianccs qui les étonnent sont de celles qu'un auteur même peut commettre. On ne saurait compter comme contresens un certain nombre de passages où il y a substitution de métaphore, changement de tour ou d'expression. Quantité de fautes, inexactitudes, omissions, additions semblent bien être le fait dun auteur sûr de son sens, et qui ne s'inquiète pas outre mesure de rendre la physionomie de chaque expression latine, dédaignant de s'asservir à un texte qui est le sien. « On peut objecter que la version française de i54i est au contraire très littérale. Oui, mais compte-ton pour rien les vingt années qui séparent les deux traductions? Vingt années, pour Calvin, de prédication incessante, et, si je puis dire, de multiples écritures ; vingt années pendant lesquelles de sa bouche et de sa plume il n'a cessé de rompre le français et de se rompre au français. En i5Ai, le latin le soutenait; en i56o, le latin le gênait, du moins il s'en affranchissait; il allaita l'esprit, non à la lettre; il achevait sa pensée presque sans regarder son texte, et il trouvait sans peine des mots qui ne devaient rien au latin, et parfois n'y ressemblaient guère. »

Il est tel genre d'infidélité qui, loin d'autoriser le

floulc, trahil pliilùt lu niaiii de Calvin. Quand nous constatons (juc celte ex[)rcssion les reiglcs de la doc- Iritte chrcsfirnnc a été substit»ice aux règles de Tico- /iiii.s du texte liiliii. e'(>st (ju'cn réalité une indication vague, mais claire, a remplacé une indication de source, précise, mais sans signitication [)our la plupart. En traduisant son livre, le Réformateur a eu l)oui- but d'en faire avant tout un livre dinslruction et d'édification destiné non aux savants à (jui convient le latin, mais aux humbles, au menu peu|)le, au grand public à qui l'érudition n'est pas famimilière. De là. comme l'a ingénictiscment noté rauteui' de l'article, toide ime catégorie d'inexacti ludcs (pii adoucissent en (juelque sorte l'érudition du li\re oriiiiiiul. quand il s'agit de particulaiités trop curieuses, et surtout tle littérature profane : ex Arato traduit par « d'un poète pa'i'cn )> ; (( selon Aristole », donné pai' le tt'vle français, sans (pie cette indication ait éti' jugée nécessaire dans le texte latin; apud Xenophonlem traduit par « \enophon, philosophe pa'ien bien estimé » ; iinpuvi canis Lucretii traduit par « d'un autre vilain poète nommé Lucrèce ), pour ceux (pii ne sauraient pas f[ue Lucrèce est poète.

On doit observer encore que nombre d'additions oiseuses sont de celles qui ont ]mi échapper, en i5(jo, à l'écrivain plus exercé, plus abondant. Il y a des redondances qui s'expliquent d'elles-mêmes. Ainsi, il apparaît que les éditeurs des Opéra se sont souvent exagéré la portée des fautes de la traduction. (( Il reste cependant dans la traduction de i56o assez de contresens, même de non-sens incontestables, pour qu'on répugne à y voir l'œuvre de

Calvin, qui eût été incapable de telles légèretés. » Voilà la difficulté de nouveau posée.

Un passage de la Préface, en forme de lettre, que Colladon mit en tête d'une édition de V Instiliilloii donnée par lui en 1576^ va, comme l'a au avec raison M. Lanson, nous expliquer bien des choses :

Comme celui-ci (Calvin) préparait la version française de son Institution conformément à la nouvelle édition [latine] qu'il allait donner, il dicta une foule de choses, tant à son frère Antoine qu'à un domestique faisant odlce de secrétaire, il inséra aussi en maint endroit des pages arracliées d'un exemplaire français précédemment imprimé ; aussi lui fallut il souvent donner ses papiers à relier, mais, à la fm, il était absolument nécessaire que quelqu'un révisât l'ouvrage. En effet, il y avait eu, dans un très grand nombre de passages, des changements considérables ; les ratures et les additions embrouillaient d'un bout à l'aulre le Icxle, le rendaient diffîcile à lire, souvent fautif, d'autant que des secrétaires ne saisissent pas toujours les mots qu'on leur dicte. Donc, à la prière d'Antoine Calvin, aux frais de qui l'édition française de\ait bientôt s'imprimer chez Jean Crespin, qui fut jadis notre hùle (comme Henri Estiennc fut chargé de l'édition latine), j'ai revu tous ces brouillons, latins et français, tels qu'ils étaient dans les papiers de l'auteur, et je me suis chargé de les relire, corriger, coUationner, afin de rendre tout plus sûr, plus clair, plus facile, moins embrouillé tout au moins pour l'impression -.

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