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Vers

J. De za FonTaAINE, vi 14

Quel charme de s'ouïr louer par une bouche

Qui, même sans s'ouvrir, nous enchante et nous touche! Ainsi disoient ces sœurs. Un orage soudain

Jette un secret remords dans leur profane sein. Bacchus entre, et sa cour, confus et long cortège :

« Où sont, dit-il, ces sœurs à la main sacrilège?

« Que Pallas les défende, et vienne en leur faveur 545 Opposer son égide à ma juste fureur :

« Rien ne m'empêchera de punir leur offense.

« Voyez : et qu’on se rie après de ma puissance! »

Il n'eut pas dit, qu'on vit trois monstres au plancher, Aïlés, noirs et velus, en un coin s'attacher. 550 On cherche les trois sœurs; on n’en voit nulle trace‘ : Leurs métiers sont brisés; on élève en leur place

Une chapelle au dieu, père du vrai nectar.

Pallas a beau se plaindre, elle a beau prendre part

Au destin de ces sœurs par elle protégées ; 555 Quand quelque dieu, voyant ses bontés négligées, Nous fait sentir son ire”, un autre n'y peut rien : L'Olympe s’entretient en paix par ce moyen.

Profitons, s'il se peut, d’un si fameux exemple; [temple Chommons* : c'est faire assez* qu’aller de temple en

1. Ovide, Métamorphoses, livre IV, vers 389-415. Voyez aussi, au sujet de cette vengeance de Bacchus, Plutarque, Quæstiones Græcæ, chapitre xxxvur, Antoninus Liberalis, déjà cité, fable x, Élien, Fariæ Historiæ, livre III, chapitre xuir; etc.— Banier (Mythologie expliquée, Paris, 1738, in-4°, tome I, p. 24) suppose avec vraisemblance que cette histoire n’est pas tout à fait mensongère : « Les trois sœurs ayant travaillé, par mépris pour le dieu, tout le jour de la solennité instituée en son honneur, elles furent persécutées, contraintes de se cacher soigneusement, où même immolées par des adorateurs de Bacchus, qui répandirent le bruit que Bacchus les avait changées en chauves-souris, oiseaux qui aiment les ténèbres. »

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