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POÈME

Parmi les très nombreux écrivains qui ont raconté cette légende, ou qui y ont fait allusion‘, nous ne citerons ici que les deux poètes

1. Voyez Hésiode (Fragments, oxovr); Pindare (Pythiques, 1); Euripide (dans Æippolyte, vers 1420-1423); Bion (idylle 1); Théocrite (idylles xv, vers 100 et suivants, et xxx); Apollodore (HE, x1v, 4); Pausanias (ir Bæoticis); Strabon (livre XVI); Lucien (de /a Déesse Syrienne, $ wi); Plutarque (Symposiaques); Apollonius de Rhodes (chant 1); Virgile (églogue x); Ovide (Métamorphoses, livre X); Plaute (/es Ménechmes, acte I, scène 11); Cicéron (de Natura Deorum, livre II); Panyasis (Fragments, xxiu); Antimachus

Fragments, exrv); Tzetzès (scolies sur la Cassandre de Lycophron); Ammien Marcellin (livre XIX, chapitre 1); Hyginus (Fabularum Liber, fable zvux); Cornutus (de Natura Deorum gentilium commentarius); Antoninus Liberalis (Transformationum congeries, chapitre xxx1v); saint Jérôme (Commentaire sur Ezéchiel, vx, 14); Pernette du Guillet (dans ses Aymes, Lyon, 1545, in-8°); Antoine du Moulin (Deploration de Venus sur la mort du bel Adonis, Paris, 1546, in-8°); Mellin de Saint-Gelais (Élégie ou Chanson lamentable de Venus sur la mort du bel! Adonis, tome 1 des OEuvres, p. 1a7- 132); Remy Belleau (Premiere ouPréa de la Bergerie, tome I des OEuvres, p. 295-296); Lodovico Dolce (/a Favola d’Adone, Venise,

1547, in-8°); G. Tarchagnota (? 4done, Venise, 1550, in-8°); Shake-

speare (Venus and Adonis, poème, Londres, 1593, in-4°); Marino ou Marini (/’Adone, poema eroico, con gli argomenti del conte Fortuniano Sanvitale e l’allegorie di don Lorenzo Scoto, Paris et Venise, 1623, in-fol. et in-4°, réimprimé à Amsterdam en 1678,.en quatre tomes in-24); CI. Favier (/’Adonis de la cour divisé par douze nym- Phes, Paris, 1624, in-12); Castillo de Larzaval (e/ Adonis, poème en octaves, Salamanque, 1632, in-4°); Ménage (poème sur la mort d’Adonis, «en vers grecs adoniques »); Fréron et Colbert d’Estouteville (/es Frais plaisirs ou les amours de Vénus et d’Adonis, poème en prose, Londres et Paris, 1748, in-12, réimprimé, sous le titre d'Adonis, poème, Paris, 1775, in-8°); Voltaire (le Dimanche ou les Filles de Minée, épisode de « Vénus et Adonis », vers 252-298); ete. Nous réservons pour la fin de cette notice les noms des auteurs dramatiques et des artistes qui se sont inspirés de cette légende.

ne.

ADONIS. a13

qui ont pu avoir quelque influence sur la Fontaine : Ovide et le chevalier Marini; le premier par ses vers, par son récit même, le second par la vogue qu'il donna à la fable d'Adonis. Pour Ovide, nous renvoyons au commentaire qui suit. Quant à Marini, nous dirons quelques mots de la publication de son poème et du prodigieux succès qu'il obtint, de l'étonnant enthousiasme qu’il excita. C'est pendant son séjour à Paris, où il avait été pensionné par Marie de Médicis, qu'il composa et dédia à cette reine son Adone en vingt chants, publié la même année à Paris et à Venise (1623), vrai chef-d'œuvre de mauvais goût, alambiqué, fardé, pomponné, semé de pointes, de concetti, d'antithèses, de ét de faux brillants. « Je ne vous parle pas, dit le P. Bouhours, du cavalier Marin, qui fait des descriptions si riantes, et qui appelle la rose l'œil du printemps, la prunelle de l'Amour, la pourpre des prairies, la fleur des autres fleurs; le rossignol, une voix emplumée, un son volant, une plume harmonieuse; les étoiles, les AR d’or du Hisanient, les flambeaux des funérailles du jour,

— On peut consulter aussi sur le mythe d'Adonis, ou Adonaï, sur ses ft ot si célèbres qui se perdent dans la nuit des temps, sur ces lamentations suivies de réjouissances qui étaient des allégories mamifestes, sur les explications diverses, conjectures, et digressions, auxquelles son culte a donné lieu, les ouvrages suivants : Castellan (Zortologion, Anvers, 1618, in-8°); Meursius (Græcia feriata, sive de festis Grœæcorum, Leyde, 1619, in-4°); Huet (Demonstratio evangelica, Paris, 16go, in-fol., 1v, 3); Ch. Moinichen (Disputatio de Adonide, 1902, in-4°); Ruhnken (£pistolæ criticæ, Leyde, 1749-1751, in-8°, tome II, p.390 et suivantes); Visconti (i/ Museo Pio-Clementino, Rome, 1782, in-fol., tome IV, pl. 35); N. Maurer (Dissertatio de Adonide ejusque cultu religioso, 1782, in-4°); Paulus (Orientalische Reiser, Téna, 2 mm in-8°, tome I, p. 47); Dupuis (Origine de tous les cultes, Paris, 1794, in-4°, livre LI, chapitre xx); G. Fickenscher(Æ£rklärung des Mythus von Adonis, Gotha, 1800, in-8°); Hug (Recherches sur le nd principaux peuples de l'antiquité, Fribourg, 1812, in-8°) ; de Sacy (Recherches historiques et critiques sur les mystères du paganisme, Paris, 1817, in-8°); Creuzer (Religions de l'antiquité considérées principalement dans leurs formes symboliques et mythologiques, duvrage traduit et refondu par Guigniaut, Paris, 1825-1851, in-86); Maury (Histoire des religions de la Grèce antique, Paris, 1857-1859, in-8°); Daremberg et Saglio (Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, Paris, 1873-1884, in-4°); etc., etc.

les miroirs du monde et de la nature, les fleurs immortelles des campagnes célestes. Je ne parle pas, dis-je, du Marin, qui fait profession de s’égayer et de s'amuser partout. » (Le Manière de bien penser dans les ouvrages d'esprit, t° dialogue, Paris, 169x, in-12, p: 392-393.) Ajoutons que le P. Bouhours cite les vers où se trouvent ces:comparaisons. Ce ne sont en effet presque partout.chez le cavalier Marin qu'ornements précieux, agréments empruntés, que plumets, aigrettes et panaches, que fleurs, pierreries, étoiles, ou, pour mieux dire, hochets, colifichets, oripeaux.

Ilest vrai qu'à côté des pointes et des antithèses, des afférents et des métaphores outrées, on peut louer çà et là quelques belles peintures, tantôt d’un coloris éclatant, tantôt d'une facilité nonchalante, pleines de mollesse, d'abandon et de volupté. Mais.elles sont bien rares, et comme perdues au milieu d’un fatras indigeste, d'une eporile quantité de digressions insipides, d'épisodes parasites tout à fait étrangers à l’action. Ce, poème n’en fut pas moins célébré, vanté, par la plupart des beaux esprits du temps. Il est précédé d'une Lettre ou discours de M. Chapelain à M. Favereau, conseiller du Roien sa cour des Aides, portant son opinion sur le el d'Adonis du chevalier” Marino, et cette opinion est très louangeusés Chapelain, comme le remarque d'Olivet!, semble avoir voulu, à l’aide de cette préface, jeter de la poussière aux yeux,des lecteurs et prévenir les critiques : « Je tiens, dit-il, l’Ædonis..., pour bon poème, tissu dans sa nouveauté selon les règles générales de l'épopée, et le meilleur en son genre qui sortira jamais en public, » Le président Claude Nicoletraduisit le premier chant. (Recueil de diverses pièces choisies d'Horace, d'Ovide, Catulle, Martial et Anacréon; aussi la traduction du 1° chant de lA40ne du eds Marin; Paris, 1662, in-12). |

Comme on le voit, il se découragea bien vite. Si, sur la. foi de Chapelain, il avait entrepris cette ingrate besogne, il ne tasds pas à se lasser de suivre un aussi mauvais modèle?

1. Histoire de l Académie françoise (Paris, 1729, 40 tome II, P«99-

2. Ginguené, au dix-huitième siècle, entreprit aussi une traduction en vers de LAdone de Marini, mais il se découragea également, et eut le bon esprit de garder en portefeuille sa version inachevée. N'oublions pas cependant, pour être exact, une autre

La Fontainene le suivit pas non plus; maison ne peut douter que le succès qu'avait obtenu Marini ne lui ait inspiré son propre poème. La date de sa composition est antérieure probablement à 1657, année de laquelle on date, ou de 1658 au plus tard, l’épître dédicatoire en prose à Foucquett que notre poète avait mise en tête. du manuscrit de l’Adonis?..Ce manuscrit sur vélin, in-4°, véritable merveille du fameux calligraphe Nicolas Jarry, qui.a reparu à la vente du comte Henri de la Bédoyère, en 1862, appartient aujourd’hui à Mgr le duc d'Aumale, Il se compose de six feuillets liminaires, et de trente-huitpages numérotées renfermant le poème lui-même : d’abord le feuillet de titre, lettres d’or, enguirlandées de fleurs et de feuillage, où se jouent des écureuils rappelant la devise de Foucquet : Quo non ascendam? au second feuilletune couronne héraldique surmontant un grand chiffre formé d'un enchevêtrement de deux N et de deux F tracés avec la plus gracieuse fantaisie; trois feuillets pour la dédicace qui ne se trouve point dans l’édition originale d’Adonis; puis un dessin à l'encre de Chine, signé Chauveau, représentant la mort du chasseur pleuré de Vénus; enfin, après le poème, un feuillet. supplémentaire portant une couronne de roses ‘au-dessus de cinq lettres capricieusement enlacées. La reliure, de maroquin rouge, ornée de compartiments à petits fers, est admirablement conservée. On lit à latin de ce magnifique manuscrit : Jarry, Paris scribebat, 1658...

Ce n'est pas sur le manuscrit de Jarry que Walckenaer a fait imprimèr son texte de 1825, tiré à cinquante exemplaires seulement, mais sur une copie achetée par lui en 1823 à la vente de Chardin, et faite, dit le catalogue, « par le célèbre Petitot ».

La Fontaine ne fit paraître cette œuvre de sa jeunesse qu'en 1669, à la suite des Amours de Psyché et de Cupidon (Paris, CI. Barbin, in-8°5), avec de nombreuses retouches, additions et suppres-

version, celle-ci des douze premiers chants, mais anonyme, les Amours de Vénus et d'Adonis (Paris, 1667, in-12).

1. Voyez, pour cette dédicace, les Mémoires sur la vié publique at privée de Foucquet, par M, Chéruel, tome I, p. 452.

ta, Notice biographique, en tête de notre tome, p. zvmr.

8, Une contrefaçon, très rare, de cette édition originale (ibidem, in-12) a échappé, ou semble avoir échappé, aux recherches de Walckenaer.

sions, comme on le verra par les variantes. Il la réimprima deux ans après, en 1671, dans ses Fables nouvelles et autres poésies (Paris, CI, Barbin, in-r12), avec un avertissement différent de celui de la première éditions mais Ve ju le commencement et la en: sont semblables, * | .

‘Nous donnons le texte de la version de 1671 avec les variantes de 1669 et du manuscrit de Jarry. + ,

M. Marty-Laveaux a bien voulu nous communiquer un exemplaire de l'édition originale d'Adonis avec des notes manuscrites de Jamet et de l'abbé de Saint-Léger; mais ces notes, très courtes, ne nous ont rien fourni que nous ne connussions déjà,

La Harpe, dans son Cours de littérature dramatique (tome VI, p. 35), a rendu avec une élégante justesse la langueur voluptueuse ettendre de ce poème :

« Son poème de la Mort d'Adonis, imité en partie d'Ovide, ainsi que Philémon et Baucis et les Filles de Minée, a, comme ces deux morceaux, des endroits faibles et peu soignés; mais, comme eux, il en a de charmants, surtout celui de Vénus et d'Adonis. Le poète habite avec eux des lieux enchantés, et y transporte le lecteur, C'est là qu’on reconnaît l’auteur de la fable de Tircis et Amarante. Jamais les jardins d’Armide, ce brillant édifice de l'imagination qu’elle a construit pour l'amour, n’ont rien offert de plus séduisant et de plus doux. Vous croyez entendre autour de vous les chants du bonheur et les accents de la tendresse : vous êtes environné des images de la volupté. Tout ce que les cœurs passionnés ont de jouissances intimes, tout ce que les jours qui s’écoulent entre deux amants ont de délices toujours variées et toujours les mêmes, tout ce que deux âmes confondues l’une dans l'autre se communiquent de ravissements et de transports, enfin ce qu’on voudrait toujours sentir et qu'on croît ne pouvoir jamais peindre, voilà ce que la Fontaine nous représente sous les pinceaux que l'Amour a mis dans ses mains, »

La Fontaine dit dans son Avertissement que, quand il conçut le dessein de cet ouvrage, il s'était toute sa vie exercé en ce genre de poésie que l’on nomme «héroïque », Voici.ce qu'écrivit à ce sujet Grosleyi au rédacteur du Mercure de France (1785, n° xxxvin, 17 septembre, p. 183) : « Aux Amours de Psyché la Fontaine a joint le

1, Pierre-Jean Grosley, associé de l’Académie des Inscriptions

ADONIS. a17 poème d’Adonis « composé, dit-il, depuis longtemps quand j'avois « plus d'imagination que je n’en ai aujourd’hui, » Il ajoute : « Je { m'étois toute ma vie exercé en ce genre de paésie que nous nom- « mons héroïque : c'est assurément le plus beau de tous, le plus « fleuri, le plus susceptible d'ornements, et de ces figures nobles et « härdies qui font une langue à part, une langue assez charmante « pour mériter qu'on l'appelle la langue des dieux, » Cet avis de deux pages n'est pas du libraire, qui auroit usé de son droit en mettantun propos ridicule dans la bouche de lauteur. La tourmure de la dernière phrase indique la Fontaine de la manière la moins équivoque : € J'ai cru (Zisez : Il m’a semblé) à propos, dit-il, « de ne le point séparer de Psyché. Je joins aux amours du Fils « celles de la Mère, et j'ose espérer que mon présent sera bien « reçu. Nous sommes en un siècle où on écoute assez favorable- « ment tout ce qui regarde cette famille, Pour moi qui lui dois les

€ plus doux moments que j'aie passés jusqu'ici... » Connoïssezvous, Monsieur, quelqu’une de ces compositions Liaes dont la Fontaine s’étoit occupé « toute sa vie » jusqu’en 1669?... Racine, dont le cabinet étoit le magasin où la Fontaine se pourvoyoit de

, Racine, un peu malin de sa nature, lui auroit-il ot are à Lire € héroïque » pour « érotique »P.,. »

Un M. de Saint-Georges, lieutenant des maréchaux de France, arrière-petit-fils de Pintrel, parent et ami de notre poète, réfuta, dans le même journal, cette accusation absurde d’ignorance (1785, n° xLvI, 19 novembre, p. 137), mais, au lieu d'expliquer et.de justifier le mot « héroïque », l’attribua à une faute d'impression : « Permettez-moi de vous dire qu’il est bien incroyable que l’on puisse supposer au grand la Fontaine assez d’ignorance pour confondre le genre héroïque avec le genre érotique. Pareil jugement pourroit faire soupconner moins que de la bonhomie, c’est-à-dire * une vrâie simplicité d’enfant, dans celui qui jugeroit ainsi, Que la Fontaine ait ignoré ce que c’est que poème érotique, cela n’est pas concevable ; mais qu’il n’ait pas seulement connu le genre héroïque, cela est de la plus grande absurdité.... Pourquoi, Monsieur, ne pas süpposer une faute d'impression si vraisemblable; plutôt que de ts 76 tant 2 te à la Fontaine, ne quoi que vous en pen-

et Belles-Lettres, né à Troyes le r8 novembré 1718, mort le 4 no= vembre 1785.

siez, n'étoit nullement ignorant, et une intention aussi malhonnête, aussi méchante à Racine, qui n’étoit assurément pas méchant... »

Comme le remarque Walckenaer, Grosley ne considérait que la date d'impression du poème d’Adonis, et croyait qu'il avait été composé après des fables et des contes : avec un peu plus d’attention il aurait vu par les premiers mots de l'Avertissement, qu’il cite lui-même, « que la Fontaine avait composé ce poème dans sa jeunesse, ou du moins longtemps avant l'époque à laquelle il le publia », et il se serait bien: gardé de hasarder une imputation aussi sidioslx Ajoutons : Comment at-il pu venir à l’idée de per« sonne d’accorder le mot érotique avec la phrase qui suit : « C'est (ce genre) assurément le plus beau de tous..., le plus susceptible d’ornements, et de ces figures nobles et hardies, etc. »? Cette petite pibrilei suffit à montrer combien on s’est longtempé Kisint sur le compte du soi-disant « bonhomme ».

Parmi les pièces de théâtre auxquelles ce poème, ou plutôt cette idylle, a donné naissance, nous citerons les Amours de Vénus et d'Adonis par Donneau de Visé, tragédie en cinq actes et en vers, précédée d’un prologue en vers libres, jouée le. 2 mars 1670 sur le théâtre du Marais, et qui tint la scène plus de trois mois. Dans le Mercure galant d'octobre 1685 (p. 353), l’auteur dit que sa pièce «eut un fort grand succès, quoique ses machines ne fussent accompagnées ni de danses ni de voix », Et Robinet, dans sa lettre du 8 mars 1670, six jours après la première représentation, célèbre par ces mauvais vers les charmes de la Champmeslé :

.. La pouponne de Champmeslé, Par qui l’on est tout stimulé, C'est-à-dire ému, représente D'une manière très galante, Et qui charme tant que rien plus, La belle déesse Vénus, Et dans ce rôle cette actrice Est une parfaite enchantrice. ta: 7 dit

Mais les frères Parfaict (tome XI, p. 11-13) jugent.très sévère ment la pièce de Visé : «Rien de plus foible..., que cette tragédie; elle est sans art et sans intérêt. La versification, passable en quelques endroits, est pour la plus grande partie remplie de platitudes, de discours bas, et indignes des personnages introduits sur

la scène, Tout (dans cet ouvrage) respire la volupté la plus molle et la plus efféminée, Vénus y est représentée telle qu’une Messaline; Adonis est un fat, et Mars un capitan-matamore, qui se laisse nasarder par un foible rival, et n’a pas honte d’avouer qu'il a besoïn que la jalouse Chriséis l’anime à se venger. Les conversations de ce dieu et de Vénus sont dignes d’un soldat qui fait des reproches à sa maîtresse, » e ‘

Citons aussi Vénus et Adonis, tragédie-opéra en cinq actes et un prologue, paroles de J.-B. Rousseau, musique de Desmarets, représentée le 17 mars 1697 à l'Opéra (Paris, 1697, in-4°).

Vénus et Adonis, premier acte du ballet intitulé les Amours des déesses, par Fuselier (Paris, 1729, in-4°).

L'Enlèvement d'Adonis, second acte du ballet intitulé les “Shine prises de l'amour, phices de Bernard, musique de un dise à l'Opéra le 31 mai 1757.

Vénus et Adonis, premier acte du ballet-opéra dar ke Fêtes de Paphos, par Collé, donné à Bellevue par la marquise de Pompadour en 1757 (Paris, 1758, in-4°).

Nous mentionnerons, parmi les peintres qui se sont à ne 4 ce mythe, de cette allégorie, Raphaël, Titien, le Primatice, Véroñèse, Rubens, Poussin, l’Albane, Carrache, Vin Dyck, le Guerchin, Nattier, Prudhon, Romanelli, Vaccaro, Diaz, etc.; parmi les sculpteurs, Canova, son élève Malknecht, et les auteurs inconnus dés statues antiques d'Adonis et des bas-reliefs qui se trouvent au palais du Louvre, à Paris, au Musée capitolin et au Vatican, à Rome.

A MONSEIGNEUR FOUCQUET!, MINISTRE D'ÉTAT, SURINTENDANT DES FINANCES, ET PROGUREUR GÉNÉRAL ‘ AU PARLEMENT DE PARIS.

MonseicNeuR,

Je n'ai pas assez de vanité pour espérer que ces fruits de ma solitude vous puissent plaire : les plus beaux vergers du Parnasse* en produisent peu qui méritent de vous être offerts. Votre esprit est doué de tant de lumières,

x. Voyez sur cette épître, ci-dessus, p. 215. . 2. Semblable expression chez Platon (Jon) : « Les poètes nous disent que c'est... dans les jardins et les vergers des Muses que,

et fait voir un goût si exquis et si délicat pour tous nos ouvrages, particulièrement pour le bel art de célébrer les hommes qui vous ressemblént avec le langage des dieux‘, que peu de personnes seroient capables de vous satisfaire. Je ne suis pas de ce petit nombre, et je me serois contenté, Monseigneur, de vous révérer au fond de mon âme, si le zèle que j'ai pour vous eût pu souffrir des bornes si étroites et garder un silence respectueux: Certes, votre mérite nous réduit tous à la nécessité d'un choix bien difficile; il est malaisé de s'en taire, et l'on ne sauroit en parler assez dignement. Car, quand je dirai que l'État ne se peut passer de vos soins*, et que les ministres de plus d’un règne n’ont point acquis une expérience si consommée que la vôtre; quand je dirai que vous estimez nos veilles, et que c’est une marque à laquelle on a toujours reconnu les grands hommes; quand je parlerai de votre générosité sans exemple*, de la grandeur de tous vos sentiments, de cette modestie qui nous charme; enfin, quand j'avouerai que votre esprit est infinimentélevé*, et qu'avec cela j'avoueraiencore

pareils aux abeilles, et volant çà et là comme elles, ils cueiïllent les vers qu’ils nous apportent; et ils disent vrai. »

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