La plupart de nos Dictionnaires expliquent giboyeur par
Fait mourir à ses yeux l'objet de ses amours";
Elle passe à gémir et les nuits et les jours”, 530 De moment en moment renouvelant sa plainte,
Sans que d'aucun remords la Parque soit atteinte.
Tout ce bruit, quoique juste, au vent est répandu; L'Enfer ne lui rend point le bien qu'elle a perdu*:
On ne le peut fléchir*; les cris dont il est cause : 555 Ne font point qu’à nos vœux il rende quelque chose. Vénus l’implore en vain par de tristes accents;
Son désespoir éclate en regrets impuissants ;
Ses cheveux sont épars, ses yeux noyés de larmes; Sous d'humides torrents ils resserrent leurs charmes, Comme on voit au printemps les beautés du soleil Cacher sous des vapeurs leur éclat sans pareil.
Après mille sanglots enfin elle s’écrie :
« Mon amour n’a donc pu te faire aimer la vie!
Tu me quittes, cruel! Au moins ouvre les yeux, 565 Montre-toi plus sensible à mes tristes adieux;
«celui qui chasse beaucoup »; l'Académie, dans ses quatre premières éditions, par « celui qui chasse avec l'arquebuse », 1. IL veult desormais ressembler A la loyale turterelle Qui seule se tient à part elle, Aprez qu’elle a perdu son pair.
(Cnanzes n'Orrkans, Quittance d'amour.) 2, Voyez la tourterelle, entendez-la gémir.
(Clymène, vers 51.)
— Nec gemere aeria cessabit turtur ab ulmo.
(Vimorzz, églogue x, vers 59.)
4. Et l'avare Achéron ne lâche point sa proie, (Racine, Phèdre, acte IL, scène vr, vers 626.) Comparez l’Hippolyte de Sénèque, vers 219-221 et 623-626
D. fre Re adiit regemque tremendum, Nesciaque humanis precibus mansuescere corda. (Virorre, Géorgiques, livre IV, vers 469-470.)
Vois de quelles douleurs ton amante est atteinte! Hélas! j'ai beau crier” : il est sourd à ma plainte. Une éternelle nuit° l'oblige à me quitter‘; Mespleurs ni mes soupirs ne peuvent l'arrêter. 590 Encor si je pouvois le suivre en ces lieux sombres®! Que ne m'est-il permis d'errer parmi les ombres! Destins, si vous vouliez le voir si tôt périr', Falloit-il m'obliger à ne jamais mourir’ ?
1, Las! auant que partir, parles encore à moi, Derobe du sommeil tes lumieres, et voi En,quelle passion tu m'as ici laissée, Qui meurs de cent trepas pour n’estre trepassée! (RowsarD, tome II, p. 198.) 2. Tome III, p. 219 et note 12.
3, Les filles du Destin Filent aux habitants (des enfers) une nuit sans matin. (Psyché, livre 11, tome ILE .-L., p. 157.)
%. Le cruel ne veut pas seulement m'écouter, : (Manuscrit de 1658.)
8. « Aux noirs et tristes lieux » (/a Matrone d'Éphèse, vers 65). — Dans les Filles de Mine, vers 1ar :
“Attends-moi, je te vais rejoindre aux rives sombres.
6: On lit, dans le manuscrit de 1658, au lieu de ce vers, les cinq qui suivent : 6 Mais l'Enfer à mes yeux se cache vainement, Je le trouve partout où n’est point mon amant, Destins qui me l’ôtez, que vos lois sont barbares! Avez-vous pu toucher à des trésors si rares ? Et puisque vous vouliez le voir si tôt périr...