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mens, eu (Ve partie, conte 111.)

Quædarñ'mulier dilexit juvenem, quem cum congrue convenire non posset nec auderetalloqui, hac calliditate usa est, Confitebatur monachoeuidam cui juvenis vicinus erat, ita : « Habes, pater bone, vicinum juvenem (nominando eum) qui frequenter oberrat ædes meas, meque cupide inspiciendo;, infamiam, ut timere licet, mihi affert, cui rogo suadeas ut istos suos gressus moderetur, » Per hoc enim sperabat monachum suis istis verbis juvenem primum incitaturum ad sui amorem. Monachus autem bene pollicitus est, atque rem egit cum juvene, Qui nihil sibi conscius, intellexit mulieris technas/ non tamen prosequitur rem. Mulier secundo cingulum aliaque ornamenta muliebra comparat, atque ad monachum accedit, conquerendo derebus sibi a juvené condonatis, atque ut illi res suas restituat rogat. Frater cum summa acerbitate et castigatione defert juveni res suas, ut credebat.Nec longe post, cum maritus mulieris peregre esset profectus, rursum convenit monachum, dicitque j'ivenem per arborem propinquam domui suæ pridie noctu in cubilesuum ascendisse, Undé monachus, magis exasperatus, dedit juveni modum quo tandem ad mulierem perveniret, seque ignarus gessit copulatorem illorum amoris.

nn (Friscunus, Facetiarum libritres, Argentorati, 1609, in-12, livre IT, fol. 125 v° - 126 r°.)

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(V* partie, conte vr.)

: T'ay cogneu une trez belle dame, laquelle, aprez la mort de son mary, vint à estre si esplorée et desesperée qu'elle s’arrachoit les cheueux, se tiroit la peau du visage, de la gorge, l'allongeoit tant qu'elle pouuoit; et, quand on luy remonstroit le tort qu’elle faisoit à son beau visage : « Ah Dieu! que me dictes vous? disoit elle; que voulez vous que.ie fasse de ce visage? pour qui le contregarderay ie, puisque mon mary n'est plus? » Au bout de huict mois aprez,

ce fut elle qui s’accommode de blanc et rouge d’Espagne, les cheueux de poudre : qui fut ung grand changement,

l'allegueray là dessus ung bel exemple, qui pourra servir à semblable, d’une belle et honneste dame d’Effeze, laquelle ayant perdu son mary, il fut impossible à ses parens et amys de lui trouuer aulcune consolation; si bien qu’accompagnant.son mary en ses funerailles, auecqu’une infinité de regretz, d’ennuys, de sanglotz, de crys, de plainctes et de larmes, aprez qu’il fut mis et colloqué dans le charnier où il deuoit reposer, elle, en despit de tout le monde, s’y iecta, iurant et protestant de n’en partir iamais, et que là elle se vouloit laisser à la faim, et là finir ses iours auprez du corps de son mary qu'elle ne vouloit abandonner jamais; et de faict fit ceste vie l’espace de deux ou trois iours. La fortune sur ce voulut qu’il fust executé ung homme de là, et pendu, pour quelque forfaict, dans la ville, et aprez fut porté hors la ville aux gibetz accoustumez, où falloit que telz corps penduz et executez fussent gardez quelques jours sogneusement par quelques soldatz ou sergentz, pour seruir d'exemple, à fin qu’ilz ne fussent de là enleuez. Ainsi donc qu'ung soldat, qui estoit à la garde de ce corps, et estoit en sentinelle et escoute, il ouyt là prez une voix fort deplorante, et s’en aprochant vit que c’estoit dans ce charnier, où, y estant descendu, y aperceut ceste dame belle comme le iour, toute esplorée et lamentante ; et, s’'aduançant à elle, se mit à l’interroger de la cause de sa desolation, qu’elle luy declara benignement; et se mettant à la consoler là dessus, n’y pouuant rien gaigner pour la premiere fois, y xetourna pour la deuxiesme et troisiesme; et fit si bien qu'il la gaigna, la remit peu à peu, luy fit essuyer ses larmes; et, entendant la raison, se laissa si bien aller qu'’il.en iouyt par deux fois, la tenant couchée sur le cercueil mesme du mary qui seruit de couche; et puis aprez se iurerent mariage : ce qu'ayant accomply trez heureusement, le soldat s'en retourna, par son congé, à la garde de son pendu; car il luy aloitde la vie. Mais tout ainsy qu’il auoitesté bien heureux en ceste belle entreprise et execution, le malheur fut tel pour luy, que, cependant qu'il s’y amusoit par trop, voicy venir les parens de ce paouure corps au vent, pour le despendre s’ilz n'y eussent trouué de garde; et, n’y en ayant point trouué, le despendirent aussi tost, et l'emportèrent de vitesse pour l’enterrer où ilz pourroient, à fin d’estre priuez d'ung tel deshonneur et spectacle ord et sale à leur parenté. Le soldat, voyant et trouuant à dire le corps, s'en vint courant desesperé à sa dame, luy annoncer son infortune, et comment il estoit perdu, d'autant que la loy de là portoit que, quiconque soldat s'endormoit en garde, et qui laissoit emporter le corps, deuoit estre mis en sa place et estre pendu,

et que pour ce il courroit ceste fortune, La dame, qui auparauant auoït esté consolée de luy, et auoit besoing de consolation pour elle, s’en trouua garnye à propos pour luy, et pour ce luy dit : «Ostez vous de peine, et venez moy seulement ayder pour oster mon mary de son tumbeau, et nous le mettrons et pendrons au lieu de l’aultre. Et par ainsy le prendra on pour l’aultre, » Tout ainsy qu'il fut dict, tout ainsy fut il faict : encor dit on que le pendu dedenant auoit eu une oreille coupée : elle en fit de mesme pour le representer miculx. La justice vint le lendemain, qui n'y trouua rien à dire; et par ainsy sanua son galant par ung acte et oprobre fortwvillain à son mary, celle, dis ie, qui l’auoit tant deploré-et regretté qu'on en eust jamais esperé si ignomineuse yssue, (Braxrôme, OEwvres complètes, tome IX, Paris, 1876, in-4°, p. 660-662.)

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