Dans la Fiancée, vers
Le reste du mystère Au fond de l’antre est demeuré.
5. « La Sicilienne est mariée par paroles de présent, comme disent les vieux romans. » (Vozrarre, lettre au comte d’Argental du 24 octobre 1759.) Par opposition à épouser par paroles de futur (se fiancer) : anciens termes de jurisprudence. — « Paroles de présent, dit Littré, qui cite notre exemple, acte par lequel deux personnes, après s'être préalablement présentées à leur curé, déclaraient par devant notaire qu’elles se prenaient pour mari et femme (de présent signifie ici : les personnes étant présentes). » Ce terme vient plutôt, comme le remarque M. Moland, de ce que « les deux parties contraètantes stipulaient sur un fait présent et actuel (de præsenti), tandis que, dans les contrats de mariage ordinaïres, on ne stipule qu’en vertu d'un acte futur (de futuro), c’est-à-dire de la célébration du mariage. » Dans notre conte, c’est l'Amour qui sert de curé et de notaire (ci-dessous, vers 5x).
. 1v] CINQUIÈME PARTIE. 45
Nous y voyons pratiquer cet usage,
Demi-amour et demi-mariage,
Table d'attente‘, avant-goût de l'hymen?.
Amour n'y fit un trop long examen: $o Prêtre et parent tout ensemble, et notaire’,
En peu de jours il consomma l'affaire ;
L'esprit manceau n'eut point part à ce fait®. Voilà notre homme heureux et satisfait,
Passant les nuits avec son épousée. 55 Dire comment, ce seroit chose aisée:
Les doubles clefs, les brèches® à l’enclos”,
1. Proprement plaque de métal, ou pierre, sur lesquelles il n’y \ encore rien de gravé; bossage, réservé, sur les façades, aux nscriptions et aux sculptures,
a, Même il est mieux de cette facon-là ; Un tel hymen à des amours ressemble :
On est époux et galant tout ensemble.
(La Courtisane, vers 263-265 et note 7.)
Comparez la comédie de Clymène, vers 438-439 :
Vous vous marierez donc, ainsi qu’au temps jadis Oriane épousa Monseigneur Amadis ?
— C'est ce qu'on appelait autrefois des « mariages sous la cheminée ».
FA ... Prêtre, notaire, hymen, accord; ana te di À Choses qui d'ordinaire ôtent toute la grâce Au présent que l’on fait de soi.
(La Coupe, vers 110-112 et note 4.)
4. Il n’y eut aucune difficulté : ci-dessus, vers 23. 5. Tome V, p. 232 et note 1 :
Qui t'a, dit-il, donné telle épousée?
6. Et non « les bréchets » ou « le bréchet », faute qui se trouve dans les éditions d'Amsterdam, 1696 et 1705, et dans quelques autres, hi L'enclos : quelques vieilles murailles sans doute, coupées de
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CONTES. ! le 1v
Les menus dons qu’on: fit à la soubrette ‘,.
Rendoient l'époux jouissant en repos
D'une faveur douce autant que secrète. 60 Avint pourtant que notre belle un soir,
En se plaignant, dit à sa gouvernante,
Qui du secret n’étoit participante :
« Je me sens mal; n’y sauroit-on pourvoir? »
L'autre reprit : « Il vous faut un remède”; 65 Demain matin nous en dirons deux mots. »
Minuit venu, l'époux mal à propos,
Tout plein encor du feu qui le possède,
Vient de sa part * chercher soulagement *,
Car chacun sent ici-bas son tourment. 70 On ne l’avoit averti de la chose.
Il n’étoit pas sur les bords du sommeil
Qui suit souvent l’amoureux appareil ‘, Qu'incontinent l’Aurore aux doigts de rose
Bons dormitifs en or comme en argent Aux douagnas.
(Le Magnifique, vers 201.)
a. Mot plus noble que clystère ou lavement, et que l'Académie, sur le désir, dit-on, du Roi lui-même, inséra dans son Dictionnaire (1694), avec cette nouvelle acception. — « Monsieur, voici un petit remède, un petit remède, qu’il vous faut prendre, s'il vous plaît. » (More, Monsieur de Pourceaugnac, acte I, scène xt.) «On a fait refus de prendre le remède que j'avois prescrit..., un clystère que j'avois pris plaisir à composer moi-même. » (Ibidem, e Malade imaginaire, acte III, scène v.)