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De colère : ira, mot qu'on trouve encore parfois dans nos

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56 CONTES. fe.

Rencontre un bât, se le met, et puis crie :

« Je suis bâté'! » Chacun au bruit accourt,

Les père et mère, et toute la mégnie’,

Jusqu'aux voisins. Il dit, pour faire court, 45 Le beau sujet d’une telle folie.

Il ne faut pas que le lecteur oublie Que les parents d’Aminte, bons bourgeois‘,

poètes modernes. Comparez Adonis, vers 472, le Poème de la cap, tivité de saint Malc, vers 257 et 461, les Filles de Mince, vers 657; Marot, tomes I, p. 9, 20, 76, IT, p. 42, 252, etc.; Molière, l'Amour médecin, acte II, scène var ; et les Lexiques de Malherbe et de Corneille.

1. Voyez le conte vurr de la IIT° partie, où la même figure, bäter, se rapporte, plus ironiquement encore, bien qu’indirectement, au mari trompé.

2. Ou mesnie, mesnée, mesgnie, meignie, maisnie, maisniee, maignie, maigniée, maignée, etc,, terme très général, qui, comme mesnil (manse, ferme, habitation de campagne), est resté dans une foule de noms d'hommes et de lieux : toute la maison, tous les gens qui habitent dans la maison, ou la fréquentent, la famille, les amis, les domestiques, les mesniers ou maisniers : toute la maisonnée, comme on dit familièrement; en italien masnada, en espagnol manada.

.. Et Ysengrin et sa mesgnie Qui moult est belle et alignie.

(Roman de Renart, vers 26321.)

& Il abandonna sa belle et bonne femme et sa belle maïgnie d’enfans, parens, amis. » (Les Cent Nouvelles nouvelles, p. 79.) « Tel maistre, tel valet : selon le seigneur, la mesnie est duite. » (Du Far, tome I, p. 66.)

Je cognoiïs toute la mesgnie De leans : quelle compagnie!

(Manor, tome IV, p. 33.) Ce bon pere, ce bon vieillard, Voyant trop griefuement chargée Sa maison de trop de maignée.…..

(Remy Becirav, la Reconnue, acte V, scène v.)

«.….. Il y mène souvent ses sœurs et leur maignie, » (TazcemanT pxs Réaux, tome V, p. 207.) 3. Tome IV, p. 260 et note 5, — 4. Tome V, p. 208 et note 2.

c. v] CINQUIÈME PARTIE. 57

Et qui n'avoient que cette fille unique, La nourrissoient, et tout son domestique", 50 Et son époux”, sans que, hors cette fois, Rien eût troublé la paix de leur famille.

La mère donc s’en va trouver sa fille ; Le père suit, laisse sa femme entrer, Dans le dessein* seulement d’écouter. 55 La porte étoit entr'ouverte : il s'approche ; Bref, il entend la noise“ et le reproche Que fit sa femme à leur fille, en ces mots :

« Vous avez tort, j'ai vu beaucoup de sots, Et plus encor de sottes, en ma vie; 60 Mais qu’on püût voir telle indiscrétion’, Qui l’auroit cru ? Car enfin, je vous prie, Qui vous forçoit ? quelle obligation 2 De révéler une chose semblable ?

Plus d’une fille a forligné‘; le diable 65 Est bien subtil’; bien malins sont les gens : Non pour cela que l’on soit excusable ; IL nous faudroit toutes dans des couvents

1. Toute sa maison. — « Ses équipages et son domestique, » (Samr-Smmox, tome III, p. 59.)

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