‹ Grands EcrivainsChapitre 96 sur 339 · CONTES. | Le. var · texte numérisé non relu

CONTES. | Le. var

Là, sous le nom du seigneur Roderic, Il se logea, meubla, comme un riche homme, Grosse maison, grand train‘, nombre de gens:

Anticipant tous les jours sur la somme 80 Qu'il ne devoit consumer qu’en dix ans.

On s’étonnoit d’une telle bombance :

Il tenoit table?, avoit de tous côtés Gens à ses frais, soit pour ses voluptés, Soit pour le faste et la magnificence. 85 L'un des plaisirs où plus il dépensa , Fut la louange : Apollon l'encensa, Car il est maître en l’art de flatterie®.

Diable n’eût onc*tant d'honneurs en sa vie.

Son cœur devint le but de tous les traits 90 Qu’Amour lancçoit : il n’étoit point de belle Qui n'employàt ce qu'elle avoit d’attraits’ la politique fausse et mercantile, des intrigants : voyez le Diable en enfer, vers 13 et note 5; et ci-dessous, les vers 164 et 202. — Dans la version de Tanneguy le Fèvre : « Il entra à Florence avec un

équipage très leste, ayant fait élection de cette ville plutôt que de toute autre, parce qu’elle lui sembloit plus propre pour le dessein

qu’il avoit de faire valoir son argent et de le mettre à intérêt (lisez:

d'exercer l'usure). » — Æd ordinato di sue masnade cavalli e compagni, entro onoratissimamente in Firenze; la qual cittainnanzi a tutte le altre elesse per suo domicilio, come quella che gli pareva pit aita a sopportare chi con arte usuraria esercitasse i suoi danari; e fattosi chia= mare Roderigo di Castiglia, prese una casa... — On sait quels manieurs d'argent étaient les Florentins, et particulièrement à Florence les Médicis, qui, tripotant sans vergogne, s'enrichissaient par tous les moyens. — Dans le Journal du Voyage de Montaigne (tome II, p- 61) : « La liberté de la police de Venise, et utilité de la trafique, la peuple d’estrangers. »

1, Tome V, p. 230 et note 5.

2. Même locution dans la fable x1x du livre VIII, vers 15, dans la Coupe enchantée, vers 403 et note 5.

3 Comparez tome Il, p. 310 et note 15.

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