Maurienne, en Savoie
LES GRANDS ECRIVAINS FRANÇAIS
de Charlemagne, du. seigneur qui l'a nourri. Il ne peut s'empêcher d'en pleurer et d en soupirer. Mais il ne veut pas se mettre soi-même en oubli ; il conlesse ses péchés, il prie Dieu dé* lui Taire miséricorde : « Vrai père qui jamais ne mentis, qui ressuscitas saint Lazare d'entre les morts, et qui préservas Daniel des lions, guéris mon âme de tous périls, pour [es péchés que je commis pendant ma vie. » 11 otïrit a Dieu le gant de sa main droite \ et de sa main saint Gabriel l a pris1. Sui son liras, Roland a tenu sa tête inclinée : les mains jointes il est allé à sa tin. Dieu lui a envoyé son ange chérubin, et saint Michel du Péril de la mer. Avec eux, saint Gabriel est venu. Ils emportent l’âme du comte en Paradis. (vers 2259-2396)
Mort d’Aude.
ClvuîonKi,>iie, de retour à Aix-la-Cîiapellé, annonce à la sœur d Olivier* Aude, la mort de Roland, son fiancé. — On appréciera la sobriété puissante de cette scène.
L'empereur est revenu d'Espagne. Il se rend à Aix, le meilleur lieu de France. Il monte au palais et entre dans la salle. Aude, une belle dame, est venue à lui. Elle dit au roi « Où est Roland, le capitaine, qui me jura de me prendre pour épouse ? » Charles est oppressé par la douleur. Ses yeux pleurent, il tire sa barbe blanche. « Sœur, chère amie, c est d’un homme mort que tu me parles : mais, en échange, je t’endonnerai un plus considérable; c est Louis, je ne peux mieux te dire, il est mon fils et il possédera mon empire. » Aude répond « Ce discours me paraît étrange. Ne plaise à Dieu, ni à ses saints, ni à ses anges, qu après Roland je reste vivante! » Elle perd la couleur, elle tombeaux pieds de Charlemagne; pour
4. C’est le geslc du vaincu qui s Roland ne sc rend qu’à Dieu.
5. ( .'est ici seulement que l’on Bol and un eu de merveilleux et
se met à la discrétion du vainqueur;
voit apparaître dans la Chanson de d e' surnaturel.