III. — Les critiques
t. Le plus grand critiqué duxvin® siècle fut Voltaire, qui, dans les Préfaces de ses tragédies, dans son Temple du goût , dans son Commentaire sur Corneille, dans son Siècle de Louis XIV, et dans sa Correspondance, nous a laissé une foule de jugements littéraires. Son goût est étroit ; mais il représente bien celui de son temps.
2. La Harpe (1739-1803) eut des succès comme poêle tragique, mais est surtout célèbre par ses Cours professés au Lycée , sorte de salle de conférences, de 1786 à 1798. Ces Cours, il les a réunis plus tard sous le titre de Lycée 1799 (9 vol.). Il écrivit également une Correspondance littéraire, adressée au grand-duc Paul de Russie, et qui fut publiée de 1801 à 1807. — La Harpe est le premier qui ait envisagé la littérature dans l’ensemble de son développement historique. De plus, sur Corneille, Racine, Molière, Voltaire, il a laissé d’excellentes pages et des analyses, toujours utiles à lire ou à discuter.
3, Fréron (1719-1776) fonda, en 1754, une petite revue, V Année littéraire , qu'il continua jusqu’à sa mort. Il s’y montra l’ennemi des philosophes et surtout de Voltaire, qui, à son tour, ne l’épargna pas. Fréron a l’étofTe d’un vrai critique et la verve d'un journaliste. Quand il n'est pas égaré par ses préventions, i juge avec fermeté et. décision.